Le Figaro avait senti le vent tourner, qui annonce dès ce matin 8 mai, la victoire des tories. Les estimations sorties des urnes donnaient hier soir le parti de David Cameron largement en tête. Le Labour en revanche serait loin derrière, victime de la poussée des petits partis.
« Un royaume désuni par la montée des nationalismes », ironise d’ailleurs Le Figaro. Ses envoyés spéciaux sont allés enquêter du côté d’une petite ville d’Angleterre Witney, fief du parti conservateur, tenté par les extrémistes de droite du parti Ukip, le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni.
 
« Dans cette arrière-cour de l’establishment londonien, lit-on, la complainte contre les “foutus Ecossais” fait rage peut-on lire. On se lâche apparemment, sur les “Bloody Scots”, comme on les appelle, ces Ecossais accusés de toucher trop de subventions, notamment en matière de santé ».
 
Selon l’historien constitutionnaliste Vernon Bogdanor, du King’s College London toujours dans Le Figaro, « le débat ne porte plus sur le capitalisme ou le socialisme mais sur ce qui les définit : qu’est-ce qu’être Britannique ? Est-ce compatible avec le fait d’être Anglais ou Ecossais ? Et avec l’appartenance à l’Union européenne ? »
 
Royaume désuni ?
 
« Royaume-Uni, tourment général ? », s’interroge Libération qui s’inquiète du désamour des Britanniques pour les élites politiques. « La campagne électorale a parfaitement illustré le détachement entre les citoyens et les politiques », peut-on lire.
 
Alors quelques titres de la presse anglaise confirment : « David Cameron, règne sur un royaume divisé », selon le quotidien de centre gauche The Independent.
 
Le quotidien conservateur The Daily Telegraph se félicite pour sa part de la victoire de David Cameron et constate surtout la gifle vécue par les travaillistes en Ecosse qui y auraient fait les pires résultats de leur histoire, au profit du parti nationaliste écossais (SNP).
 
Le 8 mai 1945 pour rappeler le danger des nationalismes
 
Les élections en Grande Bretagne ont un écho particulier dans la presse en ce jour anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
 
« Ils se sont battus pour la liberté », titre Le Parisien... Rappelons que sans les Anglais, il n’y aurait pas eu de débarquement en Normandie et peut-être de Libération tout court.
 
Selon Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles, directeur de recherche au CNRS, « le travail sur la mémoire n’a jamais été complètement fait. On ne l’a pas complété par un travail d’éducation citoyenne », dit-il dans Le Parisien. Il ne suffit pas de montrer des horreurs pour aller au-delà du plus jamais ça ! Alain Chouraqui est auteur d’un livre terriblement d’actualité qui s’intitule Pour résister à l’engrenage des extrémismes, des racismes et de l’antisémitisme. On aurait envie d’ajouter et des « nationalismes ».
 
« Le 8 mai 1945 nous oblige à l’égard des combattants de la liberté à une vigilance constante et à nous battre, nous aussi, pour un monde meilleur », écrit pour sa part, Jean Levallois dans l’éditorial de La Presse de la Manche.