C’est le nouveau surnom que bon nombre de journaux donnent ce matin à Nicolas Sarkozy après sa désormais fameuse petite phrase sur nos ancêtres les Gaulois : « Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois ! » Petite phrase lâchée lors d’un meeting à Franconville avant-hier soir.
Si l’ancien président avait voulu ainsi créer le buzz, il ne s’y serait pas pris autrement… En effet, avalanche de réactions et de commentaires ce matin dans la presse. Une presse pour le moins agacée.
« Comment un homme aussi intelligent que Nicolas Sarkozy peut-il s’abandonner à ce genre de propos totalement stupide, inutile et pervers ?, s’interroge La Dépêche du Midi. Faut-il qu’une campagne électorale transforme un responsable politique apparemment cultivé et qui fut tout de même autrefois président de notre République en une sorte de médiocre bonimenteur, prêt à tout, dans le seul but d’engranger des suffrages ? »
« Par Toutatis, s’exclame L’Est Républicain, comment la classe politique et médiatique peut-elle à ce point se laisser entraîner ? Marine Le Pen ne fait même plus campagne. Sarkozix laboure, sème et sature l’opinion d’un engrais nauséabond. On est dans une caricature totale. Tout émigré devrait être gaulois, comme si les ancêtres celtes parmi tant d’autres qui ont fait la France n’avaient pas mêlé leur destin ne serait-ce qu’aux Francs venus de… Francfort ! »
En effet, précise L’Union, « en fait de Gaulois, notre territoire était peuplé de Bituriges, de Pictons, de Rèmes, Helvètes et autres Pétrocores. Mais de Gaulois, point. Tous les Français le savaient… sauf Sarkozy. »
Discrimination…
Au-delà de l’erreur historique, pointe Libération, « la saillie est surtout accablante parce qu’elle veut imposer à tous les Français d’origine étrangère le modèle de l’assimilation, idée révolue qui entend annihiler chez les citoyens français toute espèce de personnalité particulière. Imposée naguère par un certain nationalisme, de droite et de gauche, l’assimilation est aujourd’hui un mirage, qui voudrait que les minorités se coupent totalement de leur culture d’origine. On ne l’exige, relève Libération, ni des Portugais d’origine, ni des Arméniens, ni des Catalans, ni des Corses, ni des Bretons, ni des Chinois, ni des Alsaciens, ni de personne… sauf des Français de culture musulmane. Sous des dehors républicains, cette injonction, dès qu’on gratte un peu, apparaît pour ce qu’elle est, s’exclame encore Libé : une discrimination dirigée contre une minorité particulière, qui tend à exclure de la communauté nationale des millions de personnes qui en sont partie intégrante et qui veulent le rester. Une discrimination totalement contraire à la véritable identité française, qui est celle du mélange. »
En fait, renchérit Le Midi Libre, « Nicolas Sarkozy confond volontairement les valeurs d’un peuple et ses racines. La culture d’un pays et ses origines. Une façon de se prendre pour le peuple élu. Et surtout de bannir des livres d’école les migrants qui, depuis les Arvernes et les Éduens, ont construit la Nation française. Des Gaulois mais aussi des Romains, des Vandales, des Francs, des Arméniens, des Espagnols, des Juifs polonais ou encore des Arabes. Une intégration que semble ignorer notre Astérix de Neuilly-sur-Seine. »
Tactique politique…
Enfin, un peu seul contre tous, Le Figaro prend la défense de l’irréductible Sarkozix…
« En fait, décrypte Le Figaro, Sarkozy fait du… Simone de Beauvoir. 'On ne naît pas femme, on le devient', disait l’auteur du Deuxième Sexe. On ne naît pas gaulois, on le devient, pourrait-on dire en faisant l’exégèse de la phrase de l’ancien président. Car devenir gaulois signifie que ce qui constitue l’identité française d’un individu n’est pas sa capacité à présenter un arbre généalogique, mais sa volonté d’endosser toute une histoire que l’on appelle le 'récit national'. Mais, reconnaît Le Figaro, Nicolas Sarkozy pense d’abord et avant tout à la primaire. Il sait qu’il va susciter aussi des réactions chez ses concurrents. 'On n’est pas tous pareils. Il faut respecter notre diversité', a répondu Alain Juppé. C’est tout ce qu’attendait son rival. Comme sur la 'suspension' du regroupement familial, qualifiée d’'inhumaine' par le maire de Bordeaux, l’ex-président des Républicains veut mettre en évidence un clivage, pointe le quotidien d’opposition, cette fois-ci entre 'assimilation' et 'intégration', en étant persuadé que les électeurs de droite choisiront celui qui, à tort ou à raison, apparaîtra comme étant le plus intransigeant face aux communautarismes. »
Les abattoirs en accusation
A la Une également, le débat sur la souffrance animale dans les abattoirs… « Après la révélation de plusieurs scandales de maltraitance animale, une commission d’enquête a établi 65 préconisations, relève Le Monde, dont la vidéosurveillance dans les abattoirs. Les parlementaires recommandent aussi une présence accrue des services vétérinaires et des sanctions plus lourdes pour les actes de cruauté envers les animaux. »
En effet, précise Le Monde, « à quatre reprises en huit mois, l’association de protection animale L214 a révélé des cas de maltraitance dans des abattoirs français. Ces vidéos, tournées en caméra cachée, ont ébranlé l’opinion. A juste titre. Il ne s’agit pas ici de débattre du bien-fondé de la consommation de viande, de son impact sur les animaux, l’environnement ou la santé – thèmes cruciaux déjà largement discutés. Il s’agit de faire respecter la loi. »
La Montagne renchérit : « le moins que l’on puisse exiger aujourd’hui de l’abattage, c’est qu’il fasse tomber les murs opaques pour adopter déontologie et transparence, sous peine d’un vrai recul de la consommation de viande. »
Il est vrai qu’entre ces affaires de souffrance animale et la pollution, « la bidoche a du plomb dans l’aile », s’exclame Libération. D’autant que des substituts existent… « La viande sans viande ! (…) Froment, soja, pois… Il s’agit en fait de viande végétarienne, composée de végétal compressé, parfois mélangé à du blanc d’œuf. C’est fou, mais on s’y trompe, s’exclame Libé, qui a goûté. Visuellement et gustativement. On arrive à reproduire la texture, mais aussi le goût. »
Commentaire du journal : « il est parfaitement possible de mettre des steaks ou des gigots dans notre assiette sans immoler préalablement une vache ou un mouton. La technique, qui a souvent mauvaise réputation, vient soudain au secours de la nature. A long terme, les conséquences de ce mouvement irrésistible sont vertigineuses, pointe encore Libération : bouleversement des filières de production, reconversion des éleveurs, invention d’une nouvelle gastronomie, transformation de la condition animale. Sans doute les conservateurs de tous poils crieront-ils comme des cochons qu’on égorge. Chacun son tour… Cela s’appelle le progrès. »
Adieu Brangelina !
Enfin, la nouvelle fait la Une des pages people : Brad Pitt et Angelina Jolie vont divorcer… « Adieu Brangelina ! », s’exclame Le Parisien. On l’a appris par l’AFP hier à 16 h 38, relève le journal et « trois heures plus tard, 2 millions de tweets avaient déjà évoqué le drame, tandis que les sites du monde entier en faisaient leur Une. Le choc est à la hauteur de la place du couple star de Hollywood sur la planète people. (…) Le couple Brangelina, comme la presse les avait vite surnommés, n’était pas seulement fait de deux des acteurs les plus puissants du cinéma américain. Ils en étaient devenus les icônes les plus glamour. Pourquoi, après douze ans d’idylle sur tapis rouge, les souverains ont-ils décidé d’abdiquer ? D’après le site américain TMZ, qui a révélé la nouvelle, l’actrice de 41 ans évoque des 'différences irréconciliables'. »