Journée test pour les salariés en colère et pour les syndicats ce jeudi à l’occasion de la deuxième manifestation contre la loi travail.
« La première mobilisation contre les ordonnances Pénicaud, le 12 septembre, avait rencontré un relatif succès, pointe Libération. Celle de ce jeudi sera déterminante pour la poursuite du mouvement, soumis à un calendrier serré. Ainsi que pour les rapports de force syndicaux. »
Libération veut croire à une unité syndicale retrouvée : « les réactions de la base ont changé la donne, affirme le journal. Un début de coordination se fait jour et on parle maintenant d’une éventuelle action commune de toutes les organisations de travailleurs. Encore faut-il que cette prise de conscience se traduise par un mouvement populaire en progression, tempère Libération. A cette condition seulement, l’unité pourra in fine prévaloir. C’est dire que le monde syndical joue aujourd’hui sa crédibilité. Un recul de la mobilisation ouvrirait un boulevard aux réformes qui se pressent en rangs serrés sur l’agenda macronien. A l’inverse, en cas de succès, le gouvernement devra s’interroger sur sa méthode. Ainsi, conclut Libération, ce défilé très traditionnel risque d’engager l’avenir de manière inédite. »
De l’autre côté de l’échiquier politique, Le Figaro fustige « l’immobilisme », selon lui, de la CGT et de la France Insoumise. « Avant que le grand cirque commence, il n’est pas inutile de leur faire remarquer deux choses, s’exclame le quotidien de droite. D’abord, n’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon qui s’étrangle contre “un coup d’État social”, cette loi travail ne souffre d’aucune illégitimité politique. Présentée, détaillée, explicitée ouvertement durant toute la campagne présidentielle, elle a été largement votée après une intense concertation avec les syndicats. Ensuite, poursuit Le Figaro, quoi qu’en pense Philippe Martinez, ce texte ne conduit aucunement à la “démolition du Code du travail”. Il assouplit de manière équilibrée une réglementation devenue inapplicable, comme cela s’est produit chez nos voisins allemands, sans créer de drame. »
Et maintenant, les routiers…
En tout cas, attention, relève La Voix du Nord, les routiers vont rentrer dans la danse…
Si « aujourd’hui, l’absence d’unité syndicale et la dispersion du front du refus, entre les manifestations du jour et la marche de la “France insoumise” samedi à Paris, jouent en faveur du gouvernement, celui-ci a peut-être plus à craindre de la route que de la rue ! Hier, en effet, pointe le quotidien du Nord, les syndicats CGT et FO des routiers sont sortis du ministère des Transports en appelant à “une mobilisation massive” dès la nuit de dimanche à lundi. Et on sait que les gouvernements craignent plus les blocus routiers que les défilés dans les rues. »
En effet, renchérit La Charente Libre, « la parole présidentielle prend le risque d’attiser les braises d’un mouvement social qui n’en demande pas tant. Les routiers promettent une “mobilisation massive” lundi. Les syndicats, jusque-là en dehors du mouvement comme la CFDT ou la CFTC, dénoncent dans une tribune “les projets d’ordonnance qui déséquilibrent le texte au détriment des salariés”. La grogne est plus proche de s’étendre que de s’éteindre. »
Indépendance ou…. Autonomie ?
A la Une également, les troubles en Catalogne…
« Un engrenage inquiétant », s’inquiète Libération. « Il n’a pas fallu attendre le référendum illégal d’autodétermination du 1er octobre pour que la situation s’envenime gravement entre le pouvoir central et les autorités séparatistes de Catalogne. Au terme d’une opération policière sans précédent depuis la fin du franquisme, la justice espagnole a interpellé hier treize dirigeants indépendantistes, tous des membres du “Govern”, l’exécutif régional catalan. (…) Une stratégie de la main dure qui attise la colère des Catalans et divise la classe politique nationale. »
Interrogé par Libération, Jean-Pierre Massias, professeur de droit public à l’université de Pau et des pays de l’Adour, estime que « la stratégie de Madrid est politiquement destructrice et contre-productive : les mouvements indépendantistes, dit-il, se radicalisent, et les indépendantistes gagnent toutes les élections depuis la fin du franquisme… Cela montre bien que la transition espagnole n’a pas été complète, et que le cas de la Catalogne aurait dû être réglé lors de la chute du franquisme. Une des stratégies, estime Jean-Pierre Massias, peut être de donner plus d’autonomie au territoire, sans lui accorder l’indépendance. Une proposition de loi a été faite par le PS espagnol pour créer un système fédéral, et cela peut être une solution. Le référendum peut aussi se révéler une manière de négocier plus d’autonomie, plus de moyens, sans forcément aboutir à l’indépendance. »
Les Dernières Nouvelles d’Alsace ne disent pas autre chose : « le 1er octobre, les Catalans iront aux urnes chauffées à blanc, ils vont l’emporter largement et personne ne sait ce qui arrivera ensuite. Le chef de l’exécutif séparatiste Carles Puigdemont a poussé le gouvernement espagnol là où il voulait, dans une impasse. Et le Premier ministre Mariano Rajoy ne peut plus compter que sur les socialistes, qui ont trouvé un moyen de ressusciter en proposant une médiation, pour dénouer la situation. Et elle ne se dénouera qu’avec l’octroi d’une large autonomie. Il n’y a pas d’autre issue, estime le quotidien alsacien. Reste à savoir quel sera le prix à payer pour y arriver. »
Un choc de l’offre ?
Enfin, retour en France, avec la nouvelle politique du logement, dévoilée hier par le gouvernement… « “Construire plus, mieux et moins cher” est le nouveau mantra de l’exécutif », pointe Le Parisien. Parmi les nouvelles mesures : la baisse des APL, les aides personnalisées au logement qui devraient générer 1,4 milliard d’économies pour l’Etat mais rester indolores pour le locataire social, dont le loyer devrait baisser d’autant.
« Ces mesures sont de bon sens, estime La Croix. Mais seront-elles suffisantes ? Et à quel terme ? Car il y a urgence. »
A contrario, pour L’Alsace, « le “choc de l’offre” voulu par Emmanuel Macron, consistant à accroître le nombre de logements disponibles, est improbable avec les mesures annoncées hier. (…) En ponctionnant les organismes HLM, le gouvernement prend surtout le risque de déstabiliser un secteur de la construction qui retrouve quelques couleurs. Bref, conclut L’Alsace, le remède pourrait être pire que le mal. »