« En Syrie, l’indignation et l’impuissance », soupire Le Monde, après le bombardement de Douma, dimanche dernier, qui a causé la mort d’une centaine d’habitants de cette banlieue rebelle de Damas. « Il s’agit, relève le quotidien du soir, de l’une des attaques les plus meurtrières depuis le début du soulèvement anti-Assad en 2011. En visite à Damas au moment des frappes, le patron des affaires humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, s’est dit “orrifié par l’absence totale de respect de la vie des civils dans ce conflit” Lundi soir, dans une rare manifestation d’unité sur le dossier syrien, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont adopté une déclaration de soutien à Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’ONU, qui cherche une solution politique à la crise. »
Alors quel est le plan de l’envoyé spécial de l’ONU ? Et bien, cette initiative, précise Le Monde, « consiste à réunir hommes politiques et acteurs de la société civile syriens dans quatre groupes de travail thématiques : la protection des civils, la lutte contre le terrorisme, les questions politiques et constitutionnelles et la reconstruction. Ces sessions, prévues pour démarrer en septembre, sont censées mettre en face à face des émissaires de l’opposition et du régime, mais rien ne garantit pour l’instant leur présence. »
On est donc encore très loin d’un règlement du conflit syrien. « L’impasse syrienne », soupire La Croix. La Croix qui relève que « même si la Russie a appuyé la récente motion du Conseil de sécurité, Moscou ne semble pas pour autant disposé à lâcher Bachar al Assad. Or, on ne voit pas comment un pouvoir de transition pourrait se mettre en place à Damas sans un effacement du dictateur. […] L’impasse demeure. Pendant ce temps, le conflit qui a fait plus de 240 000 morts depuis 2011 continue à faire couler le sang, et des milliers de Syriens s’enfuient jour après jour de leur pays. »
 
Du coup, pointe La Charente Libre, « faute de pouvoir agir sur les causes du drame syrien, l’Europe est condamnée à en gérer les conséquences. Poste avancé de la communauté européenne à 20 km des côtes turques, l’île grecque de Kos a accueilli la semaine dernière plus de 20 000 réfugiés. Plus de 50 000 d’entre eux ont débarqué en juillet, davantage que pour la seule année 2014. L’Allemagne prévoit d’accueillir cette année plus de 600 000 demandeurs d’asile, parmi lesquels de très nombreuses familles syriennes. »
 
Et La Charente Libre de citer cette petite phrase de la chancelière allemande Angela Merkel : « cela va nous occuper bien plus que la Grèce ou la stabilité de l’euro. »
 
Qui pour remplacer Rebsamen ?
 
A la Une également, la démission annoncée du ministre du Travail… « Hollande et Valls s’en seraient bien passés, s’exclame Libération. Ce mercredi, à l’issue du Conseil des ministres, François Rebsamen doit remettre sa démission. Après plus d’un an passé au ministère du Travail, il est redevenu maire de Dijon le 10 août, quelques semaines après la mort de son successeur, Alain Millot. A première vue, lui trouver un remplaçant rue de Grenelle ne devrait pas poser de problème. Mais, souligne le journal, entre la crise agricole, des résultats économiques décevants et une aile gauche prête à reprendre sa guérilla parlementaire, le choix du successeur de “Rebs” prend des allures de casse-tête. »
 
L’Opinion ironise avec cet édito en forme de petite annonce : « cherche candidat pour mission sensible au ministère du Travail. Profil souhaité : proche du chef de l’Etat, bon communicant, négociateur estimé des partenaires sociaux et, si possible, mais non impératif, expert des questions de chômage. Formation exigée : politique. Aptitude requise : contorsionnisme éprouvé afin de tenir le cap social-libéral sans braquer l’aile gauche de la majorité ; appétence pour la manipulation des statistiques appréciée. »
 
Pour Le Républicain Lorrain, « le remplacement de Rebsamen est un souci de plus pour le chef de l’Etat, mais pas pour les Français qui ont compris depuis belle lurette que la question de l’emploi n’est plus du ressort du locataire de la rue de Grenelle. Tout juste verrons-nous dans le choix du successeur de Rebsamen une indication sur la stratégie du Président qui jouera d’ici à l’été 2016 sa dernière carte. »
 
En effet, souligne La Nouvelle République, « la personnalité du remplaçant ne manquera pas d’être scrutée, analysée, commentée, critiquée. Un proche de Martine Aubry, pour la remercier d’avoir finalement rallié la motion Cambadélis au congrès socialiste pictavien, et d’être si peu critique depuis ? Un député “frondeur” ou apparenté pour tenter de rassurer la gauche du PS, orpheline depuis le débarquement de Montebourg et Hamon ? Un socialiste écolo-compatible ? Trouver si vite le “bon” ministre du Travail, conclut La Nouvelle République, c’est probablement ces jours-ci, pour Manuel Valls et François Hollande, un job à plein temps. »
 
La civilisation du supermarché ?
 
« Paris sera ouvert la nuit ! » : c’est le grand titre du Parisien. En effet, précise le journal, « la loi Macron devrait rapidement permettre à des centaines de magasins de la capitale d’ouvrir jusqu’à minuit, et le dimanche. […] Bercy veut avancer très vite sur ce dossier. Le texte pourrait entrer en vigueur dès la rentrée. » Et c’est une « petite bombe, s’exclame Le Parisien. Et pour cause. Bercy avait jusqu’ici évoqué la création de quatre nouvelles ZTI, zones touristiques internationales, dans la capitale. Il y en aura finalement douze auxquelles il faudra aussi ajouter les six grandes gares parisiennes. Aux côtés des secteurs touristiques incontournables de l’axe Champs-Elysées - Bastille, on retrouve dans la liste des ZTI plus inattendues comme le nouveau centre commercial Beaugrenelle, dans le XVe arrondissement, ou la dalle des Olympiades, au fin fond du XIIIe. »
 
Commentaire du Parisien : « c’est un serpent de mer qui va peut-être sortir de la Seine. Depuis des années, le dossier de l’ouverture dominicale des magasins agite les élus parisiens. Idem pour la problématique de l’accès nocturne aux boutiques, qui oppose régulièrement syndicats et dirigeants des grandes enseignes devant les tribunaux. Finalement, c’est donc un décret de la loi Macron qui pourrait mettre tout le monde d’accord dès la rentrée. »
 
Tout le monde d’accord… Non !, s’exclame pour sa part L’Humanité qui voit dans ce décret une « entourloupe pour étendre le travail le dimanche. » Cette extension, « encore impensable il y a dix ans, donne, estime le quotidien communiste, un avant-goût de la “civilisation du supermarché” et de son lot de régressions sociales que nous concoctent les néolibéraux. »