« Et ça continue, encore et encore, soupire Le Parisien. Pour le huitième mois consécutif, le chômage a augmenté en avril et un nouveau record a été enregistré. Ce mois là, 26.200 personnes supplémentaires sans aucune activité se sont inscrites à Pôle Emploi, soit une augmentation de 0,7%. Au total, 3,53 millions de personnes sont sans emploi en France. Sur un an, la hausse est de 5,1%. »
« Le bilan, jusqu’ici, est invendable, reconnaît Libération. Avec 641.000 chômeurs supplémentaires depuis son arrivée à l’Elysée, Hollande enregistre une progression qui se rapproche de celle qu’a connue Sarkozy sur l’ensemble de son quinquennat (+ 742.000). Et qui tranche avec les baisses opérées sous Chirac (- 365.000) et surtout sous Jospin (- 672.000), alors Premier ministre de cohabitation. (…) Faire baisser le chômage relève avant tout de la capacité de l’exécutif à générer de la croissance, relève encore Libération. Mais aussi, parfois, à amplifier ses effets sur l’emploi (les 35 heures sous Jospin), ou au contraire à les freiner (heures sup défiscalisées de Sarkozy). Hollande, lui, semble compter sur la seule croissance, et pour la stimuler, sur un seul levier : la compétitivité des entreprises. Choix jusqu’ici peu suivi d’effets. »
Le Figaro dénonce l’immobilisme de François Hollande : « ni le fameux alignement des planètes - une baisse simultanée (et provisoire) des taux d’intérêt, de l’euro et du prix du pétrole - ni le frémissement de la conjoncture n’ont produit le moindre effet en France, contrairement à ce que l’on constate chez nos voisins. La principale raison de cette exception française tient en un mot : l’immobilisme, donc, affirme Le Figaro. Entre les annonces tonitruantes de réformes et la réalité des faits, il existe un gouffre qui ne trompe personne, surtout pas les entreprises. Elles ont, en ce moment même, une nouvelle occasion de le vérifier, déplore le quotidien d’opposition : à peine entamée, la grande concertation du gouvernement pour doper l’emploi dans les PME se traduit déjà par un 'niet' ferme et définitif à toute modification du contrat de travail. Or, pointe Le Figaro, pour tous les experts, notre CDI constitue le premier verrou à la création d’emplois. Embaucher et licencier demeurera donc un épouvantail pour les chefs d’entreprises -notamment les petits patrons -, qui s’abstiendront de tout engagement sur la durée. Le CDD tant décrié a de beaux jours devant lui ! »
En tout cas, sur le plan politique, remarque Sud Ouest, « François Hollande se retrouve dans une situation paradoxale et inconfortable. Il avait expliqué, il y a un an, que 'si le chômage ne baissait pas d’ici à 2017', il n’aurait 'aucune raison d’être candidat'. Et le voici qui repart déjà en campagne, deux ans avant l’échéance, alors que le chômage continue d’augmenter ! Cela ne va pas aider à donner du crédit à la parole présidentielle. »
Et Le Midi libre de livrer son pronostic : « quel que soit l’adversaire, la gauche ne gagnera pas en 2017 avec un bilan économique aussi catastrophique. Après autant d’efforts et de sacrifices, les Français ne se satisferont plus de belles promesses. Pour François Hollande, le temps presse. S’il ne veut pas pointer à Pôle emploi dans deux ans, il doit impérativement gagner cette course contre la montre. »
La lutte contre Daech va durer…
A la Une également cette question : « comment neutraliser Daech ? » Question posée par La Croix. « Des représentants de vingt-quatre pays ou organisations se réunissent ce mardi à Paris pour faire le point de la lutte contre les djihadistes de Daech. Officiellement, leur objectif commun reste de les 'détruire'. En réalité, pointe la Croix, chacun choisit le ou les partenaires les plus compatibles avec ses intérêts dans une guerre d’usure appelée à durer. »
En effet, analyse le journal, « en Irak, Daech, qui hisse le drapeau noir d’un islam sunnite extrémiste, affronte, au sud, les chiites – enrôlés dans l’armée régulière ou dans des milices –, au nord, les Kurdes. En Syrie, les factions sont encore plus nombreuses et se battent aussi bien contre Daech que contre le régime Assad. Avec un tel fractionnement, les pays de la région et les nations occidentales, aux intérêts parfois divergents, ne peuvent pas apporter un soutien efficace. Ils manquent en outre d’interlocuteurs sur lesquels s’appuyer. En Irak, le gouvernement est contrôlé par des chiites pro-iraniens et n’exerce son pouvoir que sur un gros tiers du territoire. En Syrie, la situation est pire puisque la plupart des pays occidentaux ne reconnaissent plus le pouvoir en lambeaux incarné par Bachar Al Assad. Dans les deux pays, l’État s’est effiloché et parfois même effondré. »
Et La Croix de livrer ce sombre pronostic : « Daech va donc rester pendant sans doute plusieurs années une force redoutable au cœur du Moyen-Orient, se nourrissant de la haine interconfessionnelle propagée par des religieux souvent bien en cour dans les monarchies de la péninsule arabique. »
Analyse similaire pour Libération, la lutte contre Daech est partie pour durer… Car le soi-disant Etat islamique a mis au point une stratégie payante : « tout en imposant sa dictature obscurantiste, il a l’habileté de remplir, à sa manière, certaines fonctions d’Etat, pointe Libération. Les populations des zones conquises, qui souvent n’ont connu d’autre régime que la dictature, accueillent avec un soulagement - mélangé - la fin des combats et voient leur vie quotidienne - pour l’instant - améliorée par le rétablissement de certains services publics. Plus important : les habitants de confession sunnite voient aussi dans l’Etat islamique un rempart dangereux, mais un rempart tout de même, contre les exactions des milices de sensibilité adverse. »
Et « il se trouve, poursuit Libération, que les tueurs de Daech sont aussi des stratèges qui poursuivent un plan longuement médité, mis en œuvre avec une rationalité inhumaine. »
Et le journal de conclure : « outre qu’elle prendra du temps - certains disent une génération -, la lutte contre l’islamisme armé suppose un subtil alliage de force militaire et de tactique politique. »
Pas une mais sept pastilles écolos !
Enfin, retour en France, avec le retour de la pastille écolo… On se souvient de la pastille verte à apposer sur les pare-brises des véhicules les moins polluants, c’était en 1998… Et bien ça n’est pas une mais sept pastilles qui devraient bientôt faire leur apparition, en principe en septembre. De la voiture la moins polluante à la plus polluante… Annonce faite par la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, dans Le Parisien.
Commentaire du journal : « du véhicule électrique au diesel, ces nouveaux macarons permettront, ou non, de circuler dans les grandes villes décidées à lutter contre les pics de microparticules. A trois mois de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris, la France s’offre ainsi un beau symbole de son implication sur le dossier. Reste à ce dispositif à démontrer son utilité et sa pérennité. »