C’est le principal titre du Figaro, à trois semaines des fameux midterms, les élections de mi-mandat, l’opposition démocrate part favorite. Des élections qui font figure de « référendum » sur Donald Trump estime le journal. Figure emblématique de ces barons républicains mis en difficulté par le contexte national : Barbara Comstock, représentante au Congrès de la 10e circonscription de Virginie et menacée par sa rivale démocrate Jennifer Wexton. Barbara Comstock « est un cas d’école », écrit Le Figaro. Avant l’élection présidentielle, elle avait suggéré de remplacer Donald Trump par Mike Pence, avant de rentrer dans le rang et de voter presque systématiquement en conformité avec la ligne présidentielle. Aujourd’hui elle accuse entre 7 et 12 points de retard sur sa rivale démocrate dans les intentions de vote.
Libération s’intéresse à un autre front qui pourrait là aussi s’avérer déterminant pour le contrôle des deux Chambres : au Texas. En photo les fameuses casquettes rouges Make America Great Again vissées sur la tête des supporters de Ted Cruz. « Tough as Texas » peut-on lire sur les pancartes, « aussi dur que le Texas », mais le sénateur républicain, ancien rival de Donald Trump lors des primaires est en difficulté face à un entrepreneur charismatique Beto O’Rourke. A tel point que Donald Trump est attendu dans la soirée pour un meeting de soutien au cours duquel il devrait à nouveau tenter de recentrer le débat sur l’immigration. Un soutien à double tranchant, écrit Libé, qui pourrait pousser les nombreux abstentionnistes démocrates et les indécis à finalement se déplacer le 6 novembre. Car aux Etats-Unis s’amuse Le Figaro, c’est comme si l’élection présidentielle avait lieu tous les deux ans...
D’autant que sur le plan économique la situation n’est pas aussi reluisante que le laisse entendre le président américain...
Donald Trump aime à se vanter que l’économie américaine ne s’est jamais aussi bien portée que depuis qu’il s’est installé à la Maison Blanche. Et pourtant peut-on lire dans Les Echos, les salariés américains se serrent la ceinture. « Dans une Amérique au plein emploi, écrit le journal économique, les salariés voient leur pouvoir d’achat à peine progresser ». « Les engrenages du passé, où la baisse du chômage déclenchait une accélération des salaires ne tournent plus ». « Le marché, même, ne marche plus ». Et ça ce n’est pas une phrase qu’on lit souvent dans Les Echos. Les chiffres d’apparence mirifiques du chômage cachent aussi une réalité moins dorée : en pleine crise des opiacés, des médicaments surprescrits et surconsommés : 1 million d’Américains ne seraient tout simplement plus en état de travailler. S’y ajoute l’ubérisation du marché du travail qui empêche les salariés de s’organiser et puis il y a ce phénomène vieux comme le capitalisme et de plus en plus documenté, constatent Les Echos, phénomène déjà ainsi résumé par Adam Smith au XVIIIe siècle : « Les employeurs sont en tout temps et partout dans une sorte de ligue tacite pour ne pas élever les salaires. »
Autre sujet à la Une : le système Mélenchon
C’est la Une de Libération avec une photo qui date de la campagne présidentielle où l’on voit le patron de la France Insoumise l’air préoccupé descendre du podium avec à sa droite apparaissant à peine dans le cadre sa chargée de communication Sophia Chikirou. La conseillère de l’ombre aujourd’hui sous le feu des projecteurs. La justice s’intéresse, écrit Libé, « aux marges suspectes réalisées par Médiascope, la société de communication de Sophia Chikirou qui a facturé près de 1 million 200 000 euros de prestations à la campagne ». D’autant que Mediapart révélait vendredi que Jean-Luc Mélenchon et sa communicante entretiennent de longue date une relation extra-professionnelle. « Celle-ci pourrait relever de la seule vie privée des deux intéressés, écrit le journal d’investigation, mais prend désormais à la lueur des investigations judiciaires, une dimension d’intérêt général ». « En parallèle, écrit Libé, la tension est montée à son maximum entre Mélenchon et les médias. »
Tribun averti, le leader de la France Insoumise avait prévenu lors d’un discours : « il est le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas ». Les journalistes de Radio France dont la cellule d’investigation a publié en fin de semaine le détail des prestations de Médiascop sont ainsi qualifiés « d’abrutis », dans une vidéo Jean-Luc Mélenchon parle de Médiapart comme d’une « infecte officine aux mains de la police et des juges ». C’est ce que le quotidien libéral l’Opinion qualifie de « politique de la colère ». « Faire du bruit, aussi fort que possible, pour masquer le silence sur le fond : déchaîner, partout, la fureur en prenant “les gens” à témoin d’un pseudo-acharnement de l’Etat. Redoutable stratégie de la terre brûlée. » D’autant, poursuit l’éditorialiste que d’autres sont tentés par la même stratégie, comme Laurent Wauquiez. « Tous devraient pourtant le savoir, jouer avec la colère d’un peuple c’est risquer de le voir courir à sa perte. »
Il est question de colère aussi dans l’interview que le ministre de l’éducation nationale a accordé au Parisien Aujourd’hui en France...
« Nous allons rétablir l’ordre. » Le ton est pour le moins martial. En cause une vidéo qui a beaucoup choqué où l’on voit un élève de 15 ans braquer l’une de ses professeures avec une arme heureusement factice. Ça s’est passé à Créteil dans le Val-de-Marne. Le jeune homme assure avoir agi sous le coup « de la rigolade » explique Le Figaro. Les juges et les policiers n’ont pas été sensibles à son sens de l’humour et il a été mis en examen pour violences aggravées. Dans Le Parisien Jean-Michel Blanquer assure avoir été choqué et scandalisé par cette vidéo. « Avoir des faits de violence dans les établissements scolaires n’est pas nouveau, explique-t-il. Mais aujourd’hui les réseaux sociaux amplifient la tentation d’imiter les choses vues à la télévision ou sur Internet. » Il assure que désormais les chefs d’établissement seront incités à mettre en place des conseils de discipline dès que nécessaire et que leur nombre ne sera pas ou plus le reflet de la qualité de l’établissement. Pas sûr que cela suffise à rassurer les dernières nouvelles d’Alsace.
Dans un éditorial intitulé « l’école en joue », le quotidien de l’est de la France s’inquiète de ce décalage entre « cet acte délinquant » et « une institution à laquelle sont consacrées tant de ressources budgétaires et dont on attend en retour une promesse d’avenir pour la collectivité ». Et pour une fois l’argent ne pourra pas être le nerf de la guerre, certes, « il peut servir à rénover les murs, acheter du matériel, ouvrir des filières ». Mais le plus crucial argumente l’éditorialiste, « le plus crucial des investissements reste l’humain. Ce n’est pas avec des profs manquants ou désavoués ou isolés que la culture de l’agression sera tenue hors des classes. »