C’est encore une histoire d’« en même temps » : le projet de loi de finances présenté ce lundi par le gouvernement vise à tenir les engagements d’Emmanuel Macron, sans trop malmener le pouvoir d’achat, tout en composant avec une croissance en berne.
« Emmanuel Macron joue gros en cette fin septembre, constate Le Figaro. Au plus bas dans les sondages, il compte beaucoup sur la présentation du projet de budget 2019, ce lundi. L’enjeu ? Installer l’idée qu’Emmanuel Macron est le président du pouvoir d’achat, non pas celui “des riches”, comme le disait à l’automne 2017 Jean-Luc Mélenchon en dénonçant la suppression de l’ISF. Pour l’emporter, l’exécutif doit effacer des mémoires la hausse de la CSG qui a frappé de plein fouet les retraités cette année, ainsi que celle de la fiscalité des carburants qui continuera à peser l’année prochaine sur les prix à la pompe. Pour cela, poursuit Le Figaro, un chiffre devrait être martelé ces prochains jours : les impôts et cotisations sociales baisseront de 6 milliards d’euros en 2019 pour les ménages. Afin de parvenir à ce montant, l’exécutif additionne les nouvelles mesures comprises dans le budget 2019. Soit la suppression d’un nouveau tiers de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages (3,8 milliards d’euros), l’exonération de cotisations salariales des heures supplémentaires (700 millions), le tout minoré par une nouvelle hausse des taxes sur les carburants (2 milliards) et sur le tabac (400 millions). L’opération débouche sur une baisse d’impôts de 2 milliards d’euros. »
« Monsieur Bricolage » ?
Un travail d’équilibriste qui inspire à Libération ce grand titre « Monsieur Bricolage », avec en arrière-plan, un Macron bien dubitatif…
En effet, commente Libération, « cherchant à renouer à la fois avec la croissance et la confiance, l’exercice doit résoudre la classique et subtile combinatoire d’une équation budgétaire qui veut d’un côté soutenir l’investissement, réduire la dépense publique pour en maîtriser le déficit, et doit “en même temps” respecter les engagements du candidat Macron. L’an I du quinquennat a largement coché la case “président des riches”, rappelle Libé,   flat tax, réforme de l’ISF, allégement de la fiscalité des entreprises. Les attentes se cristallisent aujourd’hui sur le pouvoir d’achat, auquel le thermomètre de l’opinion est le plus sensible. Alors même que d’autres mesures draconiennes restent à venir   la suppression d’un nombre important de postes de fonctionnaires par exemple  , le chef de l’Etat demande à ceux qui subissent le plus durement ce régime, retraités en tête, d’être patients. Hausse de la CSG, désindexation des pensions et prestations sociales… » Et Libération de conclure : « la promesse de voir ces efforts finalement compensés (la suppression de la taxe d’habitation et les heures sup défiscalisées y aideront) n’est pas sans risque. Celui qu’à l’heure des comptes, Jupiter en personne soit sonné. »
En effet, relève L’Union, « cette présentation du budget est celle de tous les dangers ! Tant la suspicion à l’endroit de la baisse de la pression fiscale sur les ménages est élevée. Les effets d’annonce ne suffisent plus parce que le piège des vases communicants est bien actif. Lorsque les impôts sont annoncés en baisse, mais que les taxes sur le carburant, le tabac, la fiscalité écologique sont à la hausse comme le prix du gaz et de l’électricité tandis que le rebond d’inflation écorne le pouvoir d’achat, les contribuables ont vite fait de constater que le compte n’y est pas. Ce que l’on rend d’une main, on le reprend en douceur de l’autre. »
Déjà les municipales de 2020 !
A la Une également, les municipales de 2020 en ligne de mire… C’est la Une du Parisien.
« La bataille est lancée ! On s’échauffe déjà », s’exclame Le Parisien. « Tous bords confondus, on fourbit les armes, entre élaboration des programmes et examen de la carte électorale. Les ténors sortent du bois, des noms de candidats putatifs circulent. » Pourquoi cette agitation à deux ans du scrutin ? Réponse du journal : « cette édition a ceci de particulier qu’elle se prépare dans un paysage politique atomisé par la présidentielle de 2017. Inédit pour un parti au pouvoir, La République en marche, encore en chantier, part de rien. Tout comme la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon qui doit aussi faire ses preuves dans la durée. Le Rassemblement national (ex-FN), devra, lui, surmonter ses problèmes financiers (et ses divisions) pour faire campagne et espérer garder ses villes. Quant aux anciens mastodontes, Les Républicains et le Parti socialiste, sévèrement ébranlés par le chamboule-tout de 2017, ils doivent défendre leurs bastions. Tout est à créer, pour les uns, conclut Le Parisien. À reconstruire ou à protéger, pour les autres. À ce jeu, la question des alliances est l’une des clés du scrutin. »
Ariane restera-t-elle au sommet ?
On revient enfin au Figaro qui fait sa Une sur le 100e tir d’Ariane…
« Ce n’est pas vraiment un anniversaire, mais cela y ressemble tout de même beaucoup. Demain mardi à 23 h 53 (heure de Paris), la 100e fusée Ariane 5 doit décoller depuis la base de Kourou, en Guyane. Elle emportera à cette occasion deux satellites de télécommunications en orbite géostationnaire, à 36 000 km de la Terre. C’est d’une certaine manière un vol qui ressemble à de la routine pour Ariane 5, avec une mission qui reflète bien la carrière du lanceur européen : sur les 205 satellites qu’il a placés en orbite depuis 1996, 168 l’ont été sur des orbites géostationnaires, avec 152 dédiés aux télécommunications et 141 lancés pour le compte d’entreprises privées. »
Commentaire du Figaro : « en vingt ans, l’Europe de l’espace s’est hissée au sommet mondial des lancements de satellites commerciaux ! Le restera-t-elle ?, s’interroge le journal. Elle en a les compétences et les moyens. Mais saura-t-elle se réorganiser pour continuer à jouer les premiers rôles ? C’est la grande inconnue. » Car une nouvelle forme de concurrence arrive. Elle nous vient des Etats-Unis, note Le Figaro. « La Nasa et le Pentagone stimulent le vivier des jeunes sociétés, comme SpaceX d’Elon Musk, à coups de subventions et de commandes publiques massives. » Alors, pour Le Figaro, l’Europe doit s’adapter : « il faut aujourd’hui faire “ce petit pas” qui permettra à l’Europe d’Ariane, de Copernicus, de Galileo… de se doter d’une “Space Tech” capable de rivaliser avec l’Amérique et l’Asie. Tant sur le plan économique, politique que scientifique, les perspectives de cette révolution sont infinies. L’Europe ne peut se permettre de passer à côté. »