« Une belle journée pour la France ! », c’est le grand titre du Parisien. Le Parisien qui, fidèle à son habitude, met l’accent sur les bonnes nouvelles… En effet, « hier on apprenait qu’Airbus avait décroché le contrat du siècle : une commande de 42 milliards d’euros signée avec Indigo, un fonds d’investissement américain, qui aura donc préféré le groupe aéronautique européen à l’américain Boeing. »
Autre bonne nouvelle, pointe encore Le Parisien : « la France accueillera la Coupe du monde de rugby en 2023. Une victoire remportée sur l’Irlande et l’Afrique du Sud. (…) En septembre, rappelle le journal, Paris était officiellement désigné pour célébrer les Jeux olympiques d’été de 2024. De quoi nourrir quelque espoir pour l’Exposition universelle de 2025, un projet pour lequel la France s’est aussi portée candidate et présentée officiellement hier. »
Alors, s’interroge Le Parisien, est-ce « le retour de la France qui gagne ? » Est-ce « l’effet Macron ? »
Le Parisien est allé poser la question à plusieurs personnalités. « “La confiance est de retour”, croit déceler Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, et qui scrute l’image de la France auprès de nos voisins. Pour cet ancien sénateur les Républicains, pas de doute : “il y a un effet Macron. Depuis des années, la nation se fissurait en silence. L’élection d’un président jeune et moderne redonne du moral et muscle le mental”. » Alors, « Emmanuel Macron, grand inspirateur de ce retour en grâce de la France ? », s’interroge encore Le Parisien. « “Macron a beaucoup de chance, il est arrivé à un bon moment et récolte ce que ses prédécesseurs ont semé”, suggère Daniel Fasquelle, député les Républicains du Pas-de-Calais et ex-maire du Touquet. “On est loin d’avoir gagné, tempère Gilles Le Gendre, député LREM de Paris. Nous avons bénéficié de conjonctions fortuites, mais il nous reste à donner une dimension psychologique à cette embellie en refondant la confiance entre les Français et le personnel politique”. »
En tout cas, « en juillet dernier, rappelle Le Parisien, l’Observatoire du bien-être en France notait +un choc d’optimisme+ : 48 % des Français envisageaient l’avenir positivement, contre 20 % seulement l’année précédente. A l’origine de ce redémarrage : la meilleure santé économique, confirmée, début octobre, par l’Insee, qui a relevé sa prévision de croissance en France à 1,8 % pour 2017. L’Hexagone n’a pas connu un tel carburant depuis six ans. »
Changement de stratégie pour La France insoumise
A la Une également, nouvelle journée de mobilisation syndicale ce jeudi contre la réforme du marché du travail…
Pour Le Figaro, « les manifestations à l’appel de nombreux syndicats ne devraient pas attirer les foules. (…) En septembre, les syndicats avaient déjà eu du mal à mobiliser leurs troupes contre les ordonnances sur la réforme du marché du travail. Alors forcément, pointe le quotidien de droite, plus d’un mois après leur entrée en vigueur et alors que le projet de loi de ratification devrait être adopté le 4 décembre, c’est encore plus dur. »
Commentaire du Figaro : « la modernisation sans drame du Code du travail, que l’on présentait comme “la mère de toutes les batailles”, tord le cou à une idée tenace voulant que la France soit irréformable. Que le poids des corporatismes, l’agitation des syndicats, les calculs politiciens condamnent le pays à la paralysie. Preuve est désormais faite que, pour peu que l’on s’y prenne correctement, il n’en est rien. Voilà qui est encourageant pour la suite, conclut Le Figaro : pourquoi ce qui a été possible sur la réglementation du travail ne le serait-il pas pour la réforme de l’État et la baisse des dépenses publiques ? »
Pour Libération, l’échec des manifestations marque l’échec de l’extrême gauche, à savoir La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, qui n’a pas réussi à rallier les salariés contre la réforme du Code du travail.
La France Insoumise, qui du coup, change de stratégie, pointe Libé. « Refroidi par le peu de succès des manifs syndicales de la rentrée, le leader de La France insoumise fait du pied à la jeunesse, espérant qu’elle donne un second souffle à la contestation. Premier test ce jeudi, avec la mobilisation contre la sélection à la fac. »
La fin de l’ère Mugabe ?
On reste avec Libération, qui nous propose deux pleines pages sur la situation au Zimbabwe. « Un “vrai-faux coup d’Etat” et la fin de l’ère Mugabe ? », s’interroge le journal. « En ménageant officiellement le couple présidentiel, les généraux zimbabwéens trahissent la volonté de ne pas remettre en cause l’héritage du pays et l’homme qui en reste le symbole, tout en précipitant des changements devenus inéluctables, relève Libération. “En réalité, l’avenir immédiat dépendra en partie de la réaction de Mugabe : va-t-il accepter l’idée d’une succession, ou même d’une simple transition jusqu’aux élections prévues en 2018 ?” s’interroge Liesl Louw-Vaudran, analyste à l’Institut pour les études sur la sécurité, basé à Pretoria en Afrique du Sud. Reste que la reprise en main par les militaires est avant tout une révolution de palais qui n’annonce pas forcément un changement de régime, estime Libération. Le chef des armées, le général Chiwenga, qui a orchestré ce coup, avait d’ailleurs participé activement au processus de réforme agraire qui a mené à l’expulsion des fermiers blancs. Il figure également sur la liste des personnalités zimbabwéennes qui ne peuvent pas se rendre en Europe ou aux Etats-Unis. Mercredi soir, les rues de Harare étaient étonnamment calmes, pointe l’envoyée spéciale du journal. Des gens dînaient aux terrasses des fast-foods, tandis qu’une poignée de militaires étaient postés à quelques carrefours. Des rumeurs commençaient toutefois à annoncer l’exfiltration imminente de Grace Mugabe vers un pays de la région. »
En tout cas, relève Le Monde, « pour la première fois, un mouvement de libération au pouvoir en Afrique australe vient de connaître une transformation par la force. La région va-t-elle admettre ce coup de force ? C’est pour tenter de cimenter leur action et éviter les contrecoups des voisins du Zimbabwe que les militaires tiennent tant à assurer qu’il ne s’agit pas d’un coup d’Etat, et que le président Mugabe reste au pouvoir. Mais, dans les capitales de la région, chacun a compris le message. »