C’est pour leur dérober leurs défenses d’ivoire que sont généralement massacrés ces pachydermes. Mais hier soir, c’est plutôt pour lui dérober sa place en Coupe du monde de football que les Marocains ont battu la Côte d’Ivoire, ravalant leurs adversaires au rang d’éléphanteaux.
Ecrivant comme on tire à la carabine, le journal sportif français L’Equipe estime que, lors de cette « irrespirable « finale » » au stade Houphouët-Boigny d’Abidjan, « les Eléphants ont failli », les footballeurs marocains ayant « assommé les Ivoiriens », énonce-t-il.
C’est « de la tête et des épaules », confirme Le Parisien Dimanche, que le Maroc a « dominé » les Eléphants ivoiriens, qui « louperont » un mondial de football « pour la première fois depuis 2002 ». Comme dirait Hervé - non pas Renard, mais Villard -, « Russie, c’est fini »…
RDC : les transpirants de la mine
Mais heureusement, l’Afrique, elle, est à l’honneur dans la presse hebdomadaire. Avec le poids des mots et le choc des photos. On connaît est en effet le slogan de Paris-Match. Désormais, chaque premier jeudi du mois, cet hebdomadaire consacrera un supplément de 32 pages à l’Afrique qui gagne.
Pour les images, Paris-Match a même organisé un concours de photos reporters africains. Et pour les mots, il a invité cette semaine la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie Michaëlle Jean, qui trouve « intelligent et nécessaire » le choix de cet hebdomadaire en faveur de l’Afrique.
Les mots encore avec une descente « dans l’enfer des mines » en République démocratique du Congo. Une loi américaine de 2010 est censée y protéger le commerce des minerais dits « propres », parce qu’ils ne sont pas « issus de mines contrôlées par des bandes armées ».
Mais en brandissant le label minerai propre, un groupe minier nommé MMR « a obtenu le droit exclusif d’acheter l’intégralité de la production des plus grands sites miniers de la province du Katanga ». Et il l’achète à bas prix.
Alors, dans Paris-Match, les creuseurs se lamentent (les creuseurs, ce sont bien sûr ceux qui, souvent au péril de leur vie, transpirent pioche à la main dans des galeries souterraines qui menacent à tout moment de s’écrouler).
Mais c’est ainsi, explique encore l’hebdomadaire, ce groupe minier « barre l’accès aux "minerais de sang", mais en réalité empêche surtout les creuseurs de vendre leur production ailleurs à meilleur prix ». Exemple : en 2007, le kilo du très stratégique minerai appelé coltan était acheté 40 euros ; aujourd’hui, il ne vaut plus que 20.
Plus loin, dans une mine d’or, c’est tout comme, constate Paris-Match. Ici, « avant la découverte de l’or dans les années 1990, ça n’était qu’un petit village. Aujourd’hui, une ville y a poussé, avec ses bars, ses restaurants, sa station de radio, ses hôtels et ses maisons closes infestée de punaises », énonce ce magazine.
Alors, via le Rwanda ou l’Ouganda, la contrebande de minerais s’est développée. C’est donc le paradoxe de cette loi - non pas d’airain - mais de coltan, ou d’or, pour le plus grand profit des groupes miniers.
Aubameyang : buteur bling-bling
Mais ce magazine se consacre donc aussi à l’Afrique qui gagne. Et c’est là que l’on retrouve le choc des photos, avec un portrait tout en finesse du footballeur gabonais Pierre-Emerick Aubameyang, dit « Auba », Ballon d’or africain en 2015, buteur du Borussia Dortmund, à qui Paris-Match est allé rendre visite en Allemagne.
Casquette à l’envers, montre en or, baskets et blouson bling-bling, « Auba », sur les photos de Match, jongle avec un ballon, alors qu’il est perché sur le capot de sa Lamborghini Aventador, laquelle est garée à côté de sa Ferrari rouge à imprimé camouflage ! « Le jeune homme reste simple et proche de sa famille », souligne l’hebdomadaire. Sans rire.
Terrorisme : la menace sahélienne
En France, Emanuel Macron rendra demain hommage aux victimes des attentats du 13-Novembre. Et pour le président, ce sera bien sûr la première fois « et sans doute la seule », prévient Le Journal du Dimanche. Dans cet hebdomadaire, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb prévient que le niveau de la menace terroriste contre la France demeure « très élevé ». Et il confesse que le gouvernement a de « réelles inquiétudes » au sujet de la zone sahélienne.
Avant-hier soir, les membres d’un réseau de présumés apprentis terroristes ont été mis en examen « et écroués », rapporte Le JDD, qui reprend à son compte des informations du journal suisse Le Temps et publie la photo du « référent » de ce groupe, un Suisse, Croate de Bosnie d’origine.
France insoumise : le vrai-faux départ de Garrido
En politique, l'Insoumise Raquel Garrido tourne la page. Désormais chroniqueuse à la télévision, cette ex-porte-parole du mouvement La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon explique au Journal du Dimanche qu’elle ne veut pas que ses passages à l'antenne soit comptabilisés « en temps de parole France insoumise ». Raquel Garrido dit au JDD avoir décidé « d'arrêter la politique ».
Rugby : créance de sang
Victoire des All Blacks 38-18 contre les Bleus hier soir au Stade de France, près de Paris. Du rugby, mais de l’histoire aussi. Cette raclée au XV de France a été administrée par la Nouvelle-Zélande un 11 novembre. « L’anniversaire de l’armistice parle en effet autant au peuple kiwi qu’au français, rappelle L’Equipe magazine. Les Néo-Zélandais ont payé un lourd tribut à la Première Guerre mondiale. Plus de 100 000 jeunes se sont enrôlés sous le drapeau de l’ANZAC (le corps d’armée australiens et néo-zélandais), un nombre considérable équivalent au dixième de la population du pays à l’époque. Un Néo-Zélandais sur cinq n’est pas revenu de la Grande Guerre. Parmi eux se trouvait Dave Gallagher, capitaine de la première équipe des All Blacks, mort à la bataille de Passchendaele, en Belgique en 1917. C’est en son honneur qu’un trophée est remis aux vainqueurs de la série des test-matchs entre la France et la Nouvelle-Zélande depuis 2000 », explique encore L’Equipe magazine.
Ainsi, en 1917, l’équipe de France militaire de rugby « encaisse un sévère 40-0 face à son homologue néo-zélandaise au Vélodrome municipal de Vincennes. On remet ça le 27 octobre 1918, au Parc des princes, à Paris. Quinze jours ont beau séparer la rencontre de la signature de l’armistice, des canons de 75 encadrent la tribune d’honneur où prennent place Raymond Poincaré, président de la République, et Georges Clemenceau, président du Conseil. Les deux hommes assistent au haka du jour », raconte encore L’Equipe magazine. Résultat, 14-0 pour les All Blacks. En 15 jours, la France était en gros progrès…