« Le naufrage », lance en Une Courrier international au sujet du Brexit. Trois ans ou presque après le référendum britannique, le royaume est au bord de la « désunion », les familles se déchirent et les partis politiques s’effondrent.

« Apocalypse Brexit », rehausse Paris-Match, le « no deal » pointe le bout de son nez le 12 avril prochain, « plongeant ainsi la plus ancienne démocratie parlementaire de la planète dans une crise politique paroxystique ». Cet hebdomadaire relève une déclaration de la Première ministre britannique Theresa May, lorsqu’elle a malencontreusement déclaré que « les gens ont voté pour avoir mal ». En attendant, déplore Match, « c’est tout le pays qui souffre ». Ce magazine a ainsi relevé que « 4 Britanniques sur 10 se disent psychologiquement affectés par le Brexit ».

Justement. L’hebdomadaire L’Obs est allé cette semaine à la rencontre des « traumatisés du Brexit ». Et en effet, « depuis le référendum pour ou contre le maintien dans l’UE, de plus en plus de Britanniques ou Européens installés outre-Manche se retrouvent chez le psy, déstabilisés par une décision politique qui bouleverse leur vie, leur pays, leurs repères culturels. Plus la sortie de l’Union se rapproche, plus le Royaume-Uni se déchire et souffre. Il suffit de lire les titres des journaux à propos du Brexit pour s’en rendre compte. Il n’y est question que de « folie », de dépression nerveuse, de crise d’identité, d’automutilation, de suicide économique ou de schizophrénie », s’effare L’Obs.

Les plus touchés sont « les millennials et les jeunes qui n’ont pas pu voter mais vont devoir vivre avec les conséquences du Brexit, souligne ce journal (…) Ils disent avoir peur (de ne pas trouver d’emploi, notamment), parle d’absence d’espoir. Pour eux, les rites du passage à l’âge adulte (travailler, acheter un appartement) seront retardés ou plus difficiles si l’économie plonge ».

Mais le paradoxe est que les Brexiters « ne vont pas forcément mieux. Ils subissent aussi l’angoisse de l’incertitude de la trahison », complète L’Obs.

Sans omettre les « victimes collatérales d’un vote auquel ils n’ont pas pu participer, les 3 millions d’Européens vivant au Royaume-Uni sont les plus secoués ».

Les Champs d’or

En France, c’était hier l’acte XX des « gilets jaunes », qui ont manifesté… plutôt dans le calme. Comme le souligne Le Parisien Dimanche, les « gilets jaunes » étaient « toujours au rendez-vous du samedi ». Et dans l’ensemble, en effet, « les cortèges ont été calmes », souligne ce journal.

Ils ont manifesté, donc, mais pas sur les Champs Elysées à Paris. Lesquels, comme la semaine dernière, étaient interdits aux manifestants. Et il y a de quoi, au regard des enjeux commerciaux des Champs Elysées. Le magazine Capital remarque que les grandes marques n’ont « jamais autant frimés » sur cette avenue hors de prix, « ce nouvel aimant à riches clients russes, américains et moyen-orientaux ». Sur les « Champs », les transactions immobilières atteignirent des sommes « folles », les propriétaires d’immeubles « se frottent les mains », relève ce journal économique. « En plus d’être de redoutables machines à vendre, ces nouvelles cathédrales du shopping sont devenus le premier vecteur de communication des grandes marques. Une démonstration de puissance qui commence par la façade (…) À l’intérieur, même s’il s’agit de vendre des téléphones, des rouges à lèvres ou des baskets, les finitions sont celles du luxe : climatisation, joint de fenêtres non-apparents, parquets en point de Hongrie », complète Capital. De quoi exciter les convoitises dans les cortèges des « gilets jaunes », mais la police veille au grain…

Conte et mécomptes du vicomte

Scandale en perspective autour du dernier livre de Philippe de Villiers. La famille de Jean Monnet, père fondateur de l’Europe communautaire, envisage de porter plainte. Intitulé « J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » (Fayard), ce livre de cet ancien candidat à l’élection présidentielle insinue que Jean Monnet aurait été un agent à la solde de la CIA.

Selon Le Journal du Dimanche, la famille de Jean Monnet, l'un des pères fondateurs de l'Europe, a confié en fin de semaine à un avocat pénaliste le soin d'étudier les suites judiciaires à donner à la thèse de Philippe de Villiers. L'objectif est de savoir s'il est possible ou non de porter plainte à la fois sur le contenu du livre et sur certaines interviews que son auteur a accordées dans le cadre de sa promotion. « On essaie de porter atteinte à la mémoire de mon grand-père » son petit-fils dans le JDD.

Ave Cesare, intelligentsia te salutant !

Coup de tonnerre cette semaine chez les militants de gauche et d’ultragauche, l’activiste italien Cesare Battisti, devant les enquêteurs, est passé à table et a reconnu ses crimes de sang. Les confessions de Cesare Battisti secouent en effet toutes les consciences qui, depuis les années 70, clament son innocence. « Les aveux de Battisti place dans une situation délicate cette intelligentsia française qui a, sans réserve, apporté son soutien au terroriste devenue écrivain durant sa cavale de trente-sept ans », énonce Le Point.

« Battisti fut l’idole de l’extrême gauche des années 70, rappelle Le Figaro Magazine. Son appartenance aux Brigades rouges lui garantissait une aura romantique auprès des milieux germanopratins », autrement dit le quartier de Saint-Germain-des-Prés, à Paris. « Ces milieux de gauche l’ont protégé tant qu’ils ont pu, n’hésitant pas à accuser la justice italienne des pires maux (…) pour la gauche française, Battisti était innocent par essence (…) Battisti été dans le camp du bien, bûcheronne Le Fig Mag (…). La parole de Battisti ne pouvait être qu’authentique car il était du bon côté de la barrière ».