Au revoir Angela Merkel… Ce sera dimanche, à l’issue des élections législatives, la chancelière allemande tirera son chapeau. Mais Libération prend les devants ce matin, avec un dossier de 15 pages et ce grand titre : « Mutti, c’est fini ». « Mutti », « maman », l’affectueux surnom donné par les Allemands à leur chancelière. Et c’est vrai que leur histoire commune dure depuis maintenant 15 ans.

« Bien peu pensaient le 22 novembre 2005, rappelle Libération, que cette chancelière fraîchement élue pourrait un jour égaler les records de stabilité, et encore moins qu’elle pourrait battre tous les records de popularité politique. Les journaux allemands pariaient sur un naufrage rapide de sa coalition parlementaire, tandis qu’à Libé le service édition ne trouvait dans les dictionnaires que la définition de la chancelière comme "épouse du chancelier". Quinze ans plus tard, Merkel fait tellement partie du paysage allemand qu’on peine à imaginer le pays sans elle. »
L’Allemagne à la traîne sur des sujets importants
Alors, poursuit Libération, « on peut deviner que son successeur sera tenté de reprendre son approche de la gouvernance – éviter les changements, réagir aux crises après qu’elles éclatent, afficher une solidité à toute épreuve, ménager les grands industriels, pollueurs ou non. Mais il n’est pas certain que cette formule puisse fonctionner une fois de plus, estime le journal : les limites de l’exercice sont déjà évidentes. L’Allemagne n’a jamais été aussi riche et aucun grand pays industriel n’a connu un taux de croissance aussi élevé. Et pourtant, le pays est à la traîne sur tous les sujets importants de l’époque qui approche, pointe Libération, – le numérique, le climat, les transports publics, la transition énergétique. Si le prochain chancelier – ou la prochaine chancelière maintenant que ce mot existe bel et bien – réussit l’exploit de rattraper le retard qu’Angela Merkel a laissé croître, il pourrait bien la dépasser dans la course à la longévité. »
Patience…
Justement, pour ce qui est du successeur d’Angela Merkel, il faudra patienter un peu… Car, précise Libération, « Les Allemands élisent ce dimanche leurs députés » qui éliront à leur tour un chancelier après avoir formé une coalition, ce qui peut prendre du temps… Et pour l’instant, c’est le grand flou : 40% des électeurs sont encore indécis. « Selon les derniers sondages, relève Libération, le SPD bénéficie d’une légère avance (entre 25 et 27%) sur les conservateurs de la CDU-CSU (entre 20 et25%). Les écologistes, donnés vainqueurs au printemps, sont crédités de 15 à 17%. Les trois autres formations qui devraient entrer au Parlement sont les libéraux du FDP, l’AfD (l’extrême-droite) et la gauche radicale. »
Le pardon aux harkis
À la Une également, en France : le pardon d’Emmanuel Macron aux harkis. Hier, le chef de l’État a prononcé un discours historique sur la « dette » de la France à l’égard des anciens auxiliaires de l’armée française en Algérie.

Pour les Dernières Nouvelles d’Alsace, « les quelque 90 000 "supplétifs" de l’armée française rapatriés d’Algérie en 1962 et parqués dans des camps indignes avant d’être relégués aux marges de la société, jusqu’à aujourd’hui encore, méritaient ce geste qui n’est pas que symbolique. (…) Ces hommes ont servi de gré ou de force la France, elle leur était redevable et elle les a trahis. Elle avait envers eux et envers leurs enfants et petits-enfants qui font partie de la communauté nationale une dette d’honneur. Une dette de sang. Demander pardon, c’est l’assumer. »
Regarder l’Histoire en face
Le Figaro acquiesce : « Regarder l’Histoire en face, c’est la méthode qu’Emmanuel Macron entend suivre sur la guerre d’Algérie. Le "pardon" aux harkis est de ce point de vue un acte fort. Ce pas était d’autant plus nécessaire qu’il s’inscrit sur un chemin mémoriel balisé d’autres anniversaires - la répression de la manifestation des Algériens de Paris, le 17 octobre 1961, la signature des accords d’Évian, le 19 mars 1962 - à propos desquels la France sera sommée par certains de rendre des comptes. Pour la prétention macronienne de "réconcilier les mémoires", ce sera l’épreuve de vérité. »

Enfin, souligne La Croix, « toutes choses égales par ailleurs, espérons que cette reconnaissance des erreurs du passé éclaire les prises de décision concernant les dernières évacuations et les conditions d’accueil des interprètes et auxiliaires afghans de l’armée française, pour lesquelles le pays ne fut pas toujours exemplaire. Pour que demain, personne n’ait à leur demander pardon. »