Alors que les réseaux sociaux affichaient des bandeaux noirs pour le black out tuesday, plus de 20 000 personnes se sont rassemblées devant le tribunal de grande instance de Paris. En mémoire de George Floyd, note Libération, mais surtout pour celle d'Adama Traoré, ce jeune homme mort dans des circonstances très troubles alors qu'il avait été arrêté par des gendarmes en 2016.

Le collectif Vérité pour Adama « a décidé de profiter de l'émotion internationale pour rassembler et se faire entendre », explique Le Parisien. La sœur d'Adama Traoré, Assa, figure charismatique du collectif, explique au journal « George Floyd a pris le poids de policiers sur le corps, mon frère aussi. Le poids de trois gendarmes, plus de 250 kg. Tous les deux ont eu les mêmes mots avant de mourir : ' Je n'arrive pas à respirer ' ».

La jeune femme est en colère parce que la manifestation a été interdite au dernier moment : « La France est le seul pays où le rassemblement n'a pas été autorisé », s'insurge-t-elle dans les colonnes de Libération.

Libération qui donne la parole à des manifestants

Comme Isaac pour qui « la mort d'Adama Traoré n'a pas été filmée mais celle de George Floyd oui. Ça a eu un impact sur les jeunes générations »

Le Parisien note d'ailleurs que la « moyenne d'âge (tourne) autour de 25 ans avec autant de filles, si ce n'est plus, que de garçons ». Des jeunes femmes comme Adèle, interrogée par Libération, pour qui « il est temps d’élever notre voix. Ce n’est pas normal qu’il y ait des personnes tuées à cause de la police (…) il est temps que l'on se réveille ».

Le Figaro de son côté, se focalise sur les incidents qui ont émaillé la fin du rassemblement « certaines personnes étant venues en découdre avec les forces de l'ordre » note le journal, qui reconnaît toutefois que « la foule est impressionnante ».

Et cette mobilisation ne s'est cantonnée à Paris, « des rassemblements ont eu lieu à Lille, Lyon et Marseille », toujours selon Le Figaro

« Une mobilisation spectaculaire contre le racisme et les violences policières » titre La Voix du Nord. Les manifestants demandent « Justice pour Adama » mais aussi pour Selom et Matisse, deux jeunes Lillois morts heurtés par un train alors qu'ils étaient poursuivis par la police. Comme à Paris et un peu partout sur la planète, les personnes rassemblées mettent un genou à terre, poursuit le quotidien régional.

Du côté de Marseille, c'est à Zineb Redouane que rendent hommage les personnes mobilisées, notent La Provence et La Marseillaise. Zineb Redouane, c'est cette femme âgée tuée par une grenade lacrymogène lors d'une manifestation des Gilets Jaunes dans la cite phocéenne.

À Lyon, Le Progrès donne la parole à Meryem pour qui « ça fait trop longtemps que ça dure. C'est un ras-le-bol. Je le ressens depuis que je suis petite parce qu'on est dans une société où on n'est pas respecté plus que cela. On a besoin que ça s'arrête et de faire entendre nos voix »

Mediapart consacre de son côté un article à un autre cas de violences policières

Des faits dénoncés par le Défenseur des droits, Jacques Toubon. Pendant des années, des jeunes gens d'un quartier parisien ont subi des « contrôles d'identité répétés et abusifs ainsi que des violences » de la part de policiers qui avaient décidé qu'ils étaient « indésirables ».

« Une discrimination systématique » et un « harcèlement discriminatoire » selon Jacques Toubon, ancien ministre de la Justice et Défenseur des droits. Les contrôles s'accompagnaient de « propos racistes », explique Mediapart, ainsi que de coups. Des pratiques encouragées, selon le Défenseur des droits, par la hiérarchie des policiers, dont 3 ont été condamnés à de la prison avec sursis. La responsabilité de l'État est donc engagée, estime le rapport. « Une décision fondamentale et historique » selon l'avocat des jeunes gens interrogé par le site d'information, « c'est la première fois qu'une instance étatique reconnaît un système discriminatoire (en France) et cela au sein de la police ».

L'autre grand titre de la presse ce matin, ce sont les dernières manœuvres pour nouer des alliances en vue du second tour des élections municipales

Le Figaro livre « les clés de la bataille ville par ville » avec une double page avec infographie présentant les cités où l'incertitude règne. Le quotidien complète cet article par un portrait du maire de Lyon Gérard Collomb, ancien socialiste, puis ministre d'Emmanuel Macron, qui a finalement décidé de s'allier avec Les Républicains pour ce second tour. « Une ultime manœuvre politique », lance Le Figaro, Gérard Collomb, se retrouvant à faire liste commune avec « des élus ayant porté plainte contre lui il y a quelques mois ».

Libération s'intéresse « aux gauches qui se retrouvent en fusion ». Dans la dernière ligne droite avant le dépôt des listes hier, plusieurs accords ont été trouvés. Et « les gauches espèrent conserver leurs fiefs » comme Paris où la maire Anne Hidalgo fait équipe avec l'écologiste David Belliard.

« Elles rêvent surtout d'arracher des villes à la droite » poursuit Libération, listant Lyon justement, Bordeaux, Marseille ou encore Toulouse. Mais les ambitions sont également fortes à droite où, rappelle Le Figaro, « Les Républicains espèrent profiter de la dynamique du 1er tour. »

Quant au parti présidentiel La République en Marche, Le Monde se fait lapidaire pour décrire la situation : « il faut perdre et passer à autre chose ».