C’est l’enquête que nous propose Le Figaro ce jeudi 14 octobre 2021 : « après la Syrie, la Libye et la République centrafricaine, Moscou assume désormais sans complexe sa stratégie d’influence en Afrique. Prochain objectif : le Mali. (…) L’accord pour le déploiement de 500 à 1 000 mercenaires de la société paramilitaire russe Wagner au Mali serait actuellement en cours de négociations avec Bamako, croit savoir Le Figaro. Les pourparlers achopperaient encore néanmoins sur des questions financières, la charge étant lourde pour l’État malien, soutenu à bout de bras par l’aide occidentale. »
Le recrutement aurait démarré
Parallèlement, poursuit le journal, « une campagne de recrutement pour le Mali aurait débuté. Wagner serait notamment à la recherche d’interprètes de langue française, d’instructeurs paramédicaux, de chirurgiens, de médecins généralistes, de cuisiniers et de chauffeurs. Toutes les spécialités militaires sont demandées. Le salaire minimum mensuel serait de 150 000 roubles, soit environ 1 800 euros - un pécule souvent beaucoup plus élevé grâce aux primes. »

Pour autant, affirme encore Le Figaro, « si leur implantation à Bamako se confirment, les hommes de Wagner ne pourront toutefois pas se substituer aux forces françaises : ils n’en ont ni les moyens, ni probablement la volonté. À la différence de la Syrie, notamment, les mercenaires n’auront pas dans le vaste Sahel les capacités nécessaires, en termes de soutien logistique, de renseignement, d’appui aérien… Quel est alors l’objectif ? Les visées peuvent être multiples, pointe le journal. Certains évoquent, par exemple, la proximité du Mali avec la Guinée-Conakry, où la Russie a de sérieux intérêts économiques. »
« Eux ou nous ! »
Commentaire du Figaro : « la France a raison de dire que la présence de Wagner serait "incompatible" avec celle de nos soldats. Imagine-t-on ceux-ci subir un jour les ordres d’un Russe qui se dirait dépositaire de l’autorité de la junte ? Peut-on croire qu’un millier de Rambo viendraient plus facilement à bout de cette guerre du désert ? Une armée cherche la victoire, un groupe privé veut une rente. À raison de 10 millions d’euros par mois, il ne manquerait plus que Wagner soit indirectement payé par l’aide occidentale, qui porte le Mali à bout de bras. Le choix est posé, conclut Le Figaro : eux ou nous. »
Samuel Paty : un an après
À la Une également, les dernières révélations dans l’affaire de l’assassinat de Samuel Paty. Cela fera, après-demain, un an jour pour jour que ce professeur d’histoire-géographie a été décapité par un extrémiste islamiste.

« C’est un crime hors norme, s’exclame Le Monde. Hors norme par son horreur, par l’onde de choc politique, sociale et morale qu’il a suscitée dans la société française, mais aussi hors norme à cause de l’enquête en cours pour retracer le déroulé des faits et démêler l’écheveau des responsabilités. L’assassinat de Samuel Paty, 47 ans, le 16 octobre 2020, suivi d’une décapitation par Abdouallakh Anzorov, un réfugié tchétchène de 18 ans, près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) est d’une simplicité aussi brutale qu’apparente. Et pourtant, la reconstitution du chemin qui a conduit le jeune terroriste au professeur d’histoire-géographie est d’une grande complexité. A ce jour, seize personnes ont été mises en examen, la plupart pour "complicité d’assassinat terroriste" ou pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle". »
Le dernier maillon
« L’enquête a permis de reconstituer la chaîne criminelle ayant conduit le terroriste à cibler l’enseignant, pointe Le Parisien. Dernier maillon : une jeune radicalisée, mise en examen cet été, soupçonnée d’avoir informé le tueur et de l’avoir galvanisé. » Il s’agit d’une certaine Priscilla, convertie à l’islam, et habituée des réseaux sociaux, mariée à un homme en prison qui purge une peine de quinze ans pour association de malfaiteurs terroriste.

Un hommage à Samuel Paty aura lieu demain et après-demain. Une plaque sera dévoilée au ministère de l'Éducation nationale, avant une rencontre des proches de l’enseignant avec le chef de l'État et le premier ministre. Et « en face de la Sorbonne, un square prendra le nom de Samuel-Paty, relève Le Parisien. Au cœur du quartier Latin qui a dans ses gènes la soif d’apprendre, le goût de la contestation et l’amour de la liberté. »