Vent de colère sur les États-Unis, après la mort de George Floyd. « Dans la chaleur de la nuit », celle, tout d’abord, de Minneapolis, Minnesota, centre-nord des États-Unis. C’est de-là que tout est parti. « La mort de George Floyd enflamme l’Amérique », lance en Une Libération. Quatrième nuit consécutive de violences urbaines, et l’intensité des heurts « augmente chaque jour », constate Libé sur place, depuis qu’un policier, au cours d’une interpellation sur la voie publique lundi dernier, a étouffé George Floyd, qu’il avait immobilisé à terre, un genou appuyé, de longues minutes durant, sur le cou de cet homme noir que la police soupçonnait d’avoir voulu écouler un faux billet de 20 dollars et qui, suffocant, suppliait, en vain, qu’on le laisse ne serait-ce que reprendre sa respiration. Lorsqu’à l’issue de cette asphyxiante posture d’immobilisation, le policier a relâché sa fatale étreinte, George Floyd avait perdu connaissance d’abord, perdu la vie ensuite.

Depuis, c’est en effet la colère à Minneapolis, et Libération la relate. Il y a deux nuits, « un groupe a forcé des barrières, brisé les vitres et incendié un commissariat de Minneapolis, évacué peu avant (…) Les portes d’un supermarché, dans le nord-est de la ville, ont été forcées jeudi. Ballet de voitures et coffres qui claquent, sur le large parking du centre commercial. Les bris de verre crissent sous les roues des chariots, remplis par des jeunes qui pillent le commerce sans se presser », pointe Libé. Lequel journal signale aussi des mouvements de révolte violente non loin de-là, à Saint-Paul, mais à New York, Phoenix (Arizona), Los Angeles (Californie), Columbus (Ohio) ou Denver (Colorado). Car comme le coronavirus, « les heurts sont contagieux, dans un pays à vif après des années de violences policières contre les Afro-Américains, restées largement impunies », explique Libération.

Sur Twitter, le président américain Donald Trump a vivement réagi contre les pillards ; à Saint-Paul et Minneapolis, « l’état d’urgence a été décrété et quatre policiers ont été mis à pied », relève Le Figaro. Lequel journal rapporte lui aussi que « les manifestations se sont propagées à travers d’autres villes des États-Unis ». Outre New York, déjà citée, Le Figaro ajoute à la liste Denver, Albuquerque et Portland, mais aussi Los Angeles et Memphis. « Dans la chaleur de la nuit », c’était un roman, il y a cinquante-cinq ans, puis un film. Aux USA, c’était hier. Encore. Et toujours.

La guerre des terrasses

Le déconfinement en France, et les Français qui s’apprêtent à goûter avec délice cet air de liberté retrouvée flottant sur le pays en cette fin de semaine de la Pentecôte. Air qui promet d’embaumer lors de la réouverture aujourd’hui de parcs et jardins en France, en attendant celle, mardi, des terrasses de cafés et restaurants qui en disposent, une première depuis deux mois et demi. Selon le Groupement national d’indépendants, cité par le quotidien Le Parisien, en fait de terrasse, « près de 15 000 bars, cafés et restaurants de la capitale en ont une, mais 6 000 à 8 000 n’en ont pas. Dans les autres départements de la région, un petit tiers seulement disposerait d’un espace extérieur ». Pas de terrasse, pas de réouverture. Et dans Le Parisien, une « consultante » en création de restaurants, bars et autres bistrots s’interroge, angoissée : « Que vont devenir ces petits bistrots sans extérieur ? Il en va de leur survie », dit-elle au Parisien, un quotidien qui donne ainsi à ses lecteurs les nouvelles du front de ce qu’il appelle « la guerre des terrasses ».

La Pentecôte des Français

Terrasses, donc, mais aussi, en effet, parcs et jardins qui peuvent être rouverts à partir d’aujourd’hui en France. Ils peuvent l’être par les mairies, mais avec précaution, dans les zones où ils étaient restés fermés, notamment à Paris. De quoi satisfaire nombre de Français au début d'un weekend qui s'annonce estival sur une grande partie du pays.

Dans la presse, cette surprenante enquête sur le déconfinement en France. Les Français en sont certes satisfaits, on s’en serait douté, mais le caractère à tout le moins étonnant du sondage Odoxa que publie Le Figaro est à découvrir non seulement dans l’ampleur de cette satisfaction mais aussi dans le vrai satisfecit que les Français accordent indirectement au gouvernement et au Premier ministre Édouard Philippe en particulier dans leur gestion dudit déconfinement.

Selon ce sondage, donc, « 55% des Français trouvent que le plan de déconfinement est bien adapté. C'est 15 points de plus qu'il y a un mois », souligne Le Figaro. Lequel quotidien signale également que « 7 Français sur 10 estiment que le chef du gouvernement a été clair (72%) lors de sa conférence de presse. Les deux tiers jugent qu'il a été à la hauteur de la situation (66%) et qu'il a montré qu'il savait où il allait (64%). Six Français sur 10 l'ont trouvé convaincant (62%) et pensent qu'il a dit la vérité aux Français (60%) - un exploit quand on se souvient de la crise de confiance du début de l'épidémie », remarque Le Figaro, qui n’en revient pas. « C'est un retournement spectaculaire de l'opinion publique (…), les Français applaudissent désormais le plan de déconfinement présenté par l'exécutif ». Après les infirmières, on applaudit donc le plan. Ainsi va la Pentecôte de la France.