Hommage, émotion, recueillement mais aussi colère après l’assassinat de Samuel Paty vendredi. « Après la liberté de dessiner, c’est donc la liberté d’enseigner que le terrorisme islamiste entend réprimer en France, soupire Libération. (…) Il adorait ça, enseigner, "M. Paty", comme ses élèves l’appelaient. "C’était un prof qui donnait l’envie d’apprendre", confie l’un d’eux. "Même ceux qui n’aimaient pas l’école étaient attentifs avec lui", ajoute un autre. Voilà pourquoi il a été exécuté froidement, en pleine rue et en plein jour : improbable martyr de sa mission républicaine, Samuel Paty avait montré pendant son cours sur la liberté d’expression une caricature de Mahomet à des élèves de quatrième, instant qui allait rapidement être relaté et déformé par un parent d’élève soutenu par un prédicateur islamiste et ses réseaux, jusqu’à ce qu’il arrive aux oreilles du fanatique de service. »

Alors, pointe Libération, « le meilleur hommage au talent pédagogique de Samuel Paty pourrait être une multiplication de son cours par milliers au premier jour de la prochaine rentrée scolaire, une leçon sur la liberté de dessiner dans toutes les écoles de France, expliquant ces fameuses caricatures de Mahomet aux 12 millions d’élèves à qui l’on veut interdire un enseignement trop laïque, et des enseignants trop libres. »

Protéger les profs !

« Face aux attaques qui viennent de toutes parts, il faut des actes forts, concrets, estiment Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Les enseignants, ces "hussards de la République", ont besoin d’être défendus au quotidien. L’école doit redevenir le sanctuaire qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Tous ces professeurs, ces instituteurs et ces institutrices qui iront la peur au ventre en classe à la rentrée, eux qui sont régulièrement et dans l’indifférence générale défiés par des élèves et menacés par des "grands frères" et des parents irascibles sont les porteurs de valeurs sur lesquelles on ne peut pas transiger. Sanctuariser l’école, poursuit le quotidien alsacien, c’est aussi sanctuariser la fonction et la personne de l’enseignant. C’est poursuivre en justice immédiatement et systématiquement tous ceux qui s’avisent de la menacer. C’est s’attaquer à la "culture de la meute", celle qui sévit sur internet et désigne à la vindicte des hommes et des femmes parce qu’ils enseignent les libertés fondamentales qui font de nous le peuple que nous sommes. Ils ne peuvent plus être des cibles. Il faut les rendre intouchables, concluent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, au sens le plus exact et intransigeant du terme. La tolérance zéro doit être la règle. »

Combattre l’islamisme !

« Et maintenant ? Et demain ?, s’interroge Le Figaro. Après les larmes et les hommages, après les grands discours et les rassemblements, après les hashtags et les bougies, que va-t-il se passer ? Allons-nous, face à la menace islamiste, revenir comme si de rien n’était à ces tractations sans gloire, ces compromissions obliques, ces concessions sournoises et ces fermetés équivoques qui nous tiennent lieu de politique depuis si longtemps ? »

Alors, « pour combattre les islamistes avec quelque chance de l’emporter, il faudra parler moins et agir plus, affirme Le Figaro. Fermer sans tergiverser toutes les mosquées où est enseignée la détestation de la France. Expulser immédiatement les imams étrangers prêcheurs de haine. Dissoudre toutes les organisations qui, sous couvert de lutter contre l’"islamophobie", font le lit de l’islam le plus radical. Il faudra aussi cesser de tourner autour du pot des fichés S : expulser les radicalisés étrangers. (…) Il faudra enfin, pointe encore Le Figaro, se décider à aborder sans se voiler la face la question de l’immigration sans contrôle et de ses conséquences pour le pays. (…) Si la France continue d’accueillir chaque année sur son sol près d’un demi-million d’étrangers, dont la grande majorité, de confession musulmane, estime que la charia est supérieure à tout, il est peu probable que l’islamisme recule… »

Renforcer la laïcité!

Enfin, relève La Charente Libre, « au-delà des expulsions express déjà annoncées par Gérald Darmanin, des décisions pratiques pour protéger les professeurs et leurs enseignements, c’est bien le devenir de la laïcité à la française, pilier de notre démocratie, auquel il faut se confronter. Des élus de droite veulent graver dans le marbre de la Constitution que "nul peut prévaloir de son origine ou de sa religion pour s’abstraire de la règle commune". Le projet d’Emmanuel Macron "contre les séparatismes" va évoluer vers une loi "renforçant la laïcité" présentée début décembre au Parlement. Ce débat est vital, conclut La Charente Libre, pour surmonter les peurs, les outrances, les censures et les amalgames générés par un terrorisme islamique loin d’avoir désarmé. »