C’est le grand titre de La Dépêche : « Passé le temps de l’explication puis de la discussion, voici venu celui de la sanction. À partir de mercredi [15 septembre] , les salariés des établissements recevant du public, en particulier, le personnel soignant, devront être en règle de leur couverture vaccinale pour pouvoir travailler. »

Alors, oui, estime La Dépêche, c’est une mesure couperet, mais elle est nécessaire : « Si l’obligation vaccinale peut se discuter pour certains métiers de bureau ou techniques, il n’est pas tolérable que des soignants, dont la mission est de porter assistance à des malades, soient vecteurs, à leur insu, d’un virus potentiellement mortel. […] S’il est admis par tous les soignants qu’il faille se laver les mains, porter un masque ou stériliser des instruments chirurgicaux, pourquoi dès lors s’affranchir d’un vaccin qui protège les autres ? Ce n’est pas une question de civisme, c’est de la conscience professionnelle. »

La Marseillaise, pour sa part, se place sur un plan plus politique : « Pour surmonter la défiance, un changement de politique profond est urgent. Il est nécessaire de faire des vaccins un bien commun de l’humanité et d’obtenir en France une politique massive de redressement de l’hôpital public. Impossible d’y parvenir sans affronter les logiques de marché. C’est là le combat du moment. »
Combien en moins ?
En tout cas, la question reste posée : « Combien seront-ils ? Combien iront jusqu’au bout en refusant de se mettre en règle, sous peine d’être suspendus ? », s’interroge Le Monde. « Une chose est sûre : à la tête des hôpitaux, un discours de fermeté domine à l’approche de la date butoir, dans la droite ligne des dernières prises de position du gouvernement. Tout récalcitrant sera suspendu sans salaire, et ce dès [ce mercredi] 15 septembre. "Il n’y aura ni report ni exception, les suspensions pourront être immédiates", assure-t-on à la Fédération hospitalière de France, où l’on évoque des "centaines" de suspensions potentielles. […] Dans les rangs syndicaux, le discours est nettement alarmiste, pointe encore Le Monde. "Même s’il reste une infime partie de réfractaires, sans eux, nous n’arriverons plus à faire fonctionner l’hôpital", affirme Christophe Prudhomme, de la CGT Santé, opposée à l’obligation vaccinale. "Le risque, poursuit-il, est bien qu’on diminue l’offre de soins". »
Hausses de salaire : le débat est relancé
À la Une également, la question de la vie chère et le débat sur les augmentations de salaires.

L’inflation repart en France, même si elle est moindre que chez nos voisins. Cette hausse des prix touche notamment les carburants. « L’importante flambée des prix à la pompe », s’alarme Le Parisien en première page. « Le litre de sans-plomb flirte désormais avec la barre symbolique des 2 euros. Une hausse qui impacte le budget des automobilistes et qui s’ajoute à la forte augmentation des factures de gaz et d’électricité. »

Pour Le Parisien, « il est encore trop tôt pour diagnostiquer une forte érosion du pouvoir d’achat. Mais de nombreux économistes s’inquiètent d’une possible accélération dans les mois qui viennent. Dans cette hypothèse, la pression à la hausse des salaires et des prestations sociales deviendra très forte. »

Le débat sur les hausses de salaires a été, qui plus est, relancé dimanche 12 septembre, par la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui souhaite doubler les salaires des professeurs sur la durée du prochain quinquennat.

Le Figaro s’étrangle : c’est une « promesse intenable. Même les syndicats les plus vindicatifs n’osaient y songer. » Et quant à une généralisation des hausses de salaires, « les chefs d’entreprise n’ont hélas pas les pouvoirs surnaturels de la maire de Paris », ironise le journal.

Il n’empêche, rétorque Libération : « La question du salaire des profs est un débat de société primordial, tandis que le système éducatif français, considéré il n’y a pas si longtemps comme l’un des meilleurs au monde, décroche dans tous les classements d’évaluation par rapport à des pays qui ont investi massivement au tournant du siècle dans la valorisation des enseignants. Anne Hidalgo n’en espérait sans doute pas tant, mais le débat est ouvert. »