Tout d’abord un article de M, le Magazine du Monde revient sur « le sacrifice absurde des pompiers de Beyrouth ». Dix sapeur-pompiers qui « ont été pulvérisés par l’explosion » du 4 août 2020. Alors qu’ils étaient venus éteindre l’incendie de l’entrepôt abritant le stock de nitrate d’ammonium, ils ont été « envoyés à une mort certaine, sans même avoir été avertis du danger », explique le magazine du Monde. Il voit ici « un drame emblématique d’une profession laissée pour compte par les dirigeants politiques, à l’image de l’ensemble du pays ».

« Qui sont les assassins du Liban ? »

La Une de L’Obs se demande justement : « Qui sont les assassins du Liban ? » Et quand on ouvre le magazine, on peut lire un entretien avec Nadim Houry, chercheur, ancien enquêteur de l’ONU qui a également fondé le bureau de l’ONG Human Rights Watch au Liban. En bref, un beau CV. Et il n’est pas tendre avec la classe dirigeante : pour lui, la démission du gouvernement a été « une étape essentielle dans la refonte du pouvoir », mais elle est « loin d’être suffisante » pour répondre aux aspirations de la rue et d’une jeunesse qui « rêve d’un autre Liban. Aujourd’hui, dit Nadim Houry, le Liban est dirigé par 6 oligarques » parmi lesquels : Saad Hariri, Hassan Nasrallah, ou bien encore Michel Aoun. Une « mafia qui se partage le gâteau » et qui devrait faire place à un changement radical, estime le chercheur. « Un changement de système », déjà recommandé par le président français lors de son déplacement, rappelle-t-il.

La place de la France ce dossier libanais

« La France a-t-elle encore un rôle à jouer dans un Liban dévasté », s’interroge L'Express pour qui la « prompte venue » d’Emmanuel Macron a « sans doute accompagné le mouvement ayant conduit au départ de l’exécutif ». Un départ que la population réclamait depuis un moment, dans « un pays à genoux », face à « une économie lessivée ».

De son côté, le Journal du Dimanche revient sur le déplacement de la ministre des armées Florence Parly, jeudi et vendredi. Le JDD estime que la France « tente l’impossible » et affirme que l’opération humanitaire dépêchée par Paris « s’accompagne d’un jeu politique en coulisses pour éviter que le pays ne sombre dans le chaos ». Un peu plus bas, on peut aussi lire l’interview de Samy Gemayel, chef du parti d’opposition libanais Ketaïeb, qui nous dit, en somme, « Macron a raison de mettre la pression sur le cartel ». Un jeu politique, vous dit-on…

Marianne et ses plans de relance

Dans la presse hebdo également cette semaine, Marianne nous parle « plans de relance ». Marianne estime en Une que « la France part en miettes ». Les articles s’enchaînent et nous montrent « ces églises à faire vivre », 5000 bâtiments en « grande souffrance », dont « 500 en péril ». Marianne montre également ces « moulins qui vont pas fort », ces « routes, voies ferrées et ponts à l’abandon »… Le magazine préconise donc des grands travaux à l’échelle nationale. « Vite, un plan de relance », demande-t-il, rappelant au passage qu’ « en 2012, la France était classée au 5ème rang mondial des infrastructures par le World Economic Forum (WEF). Elle est désormais neuvième ».

Marianne se montre beaucoup plus sceptique, en revanche, sur le plan de relance européen mis sur la table pour répondre à la crise du Covid-19. « Qui va payer ? » se demande l’hebdo. Ŋuelŋue 390 milliards d’euros de subvention en trois ans, et 360 milliards de prêts supplémentaires si nécessaire. Marianne se souvient qu’Emmanuel Macron a promis :  « Le contribuable français ne mettra pas la main à la poche. » L’Europe devrait donc « financer elle-même son plan avec des impôts sur les Gafam, le carbone ou la spéculation », peut-on lire. Mais « problème » : tous ces dossiers sont minés ou bloqués, et là-dessus « les 27 États de l’Union ne se mettront jamais d’accord » estime Marianne qui conclut « In fine, le risque est grand que le plan de relance soit financé par une hausse des contributions directes des Etats ou, plus vraisemblablement, par une baisse des dépenses pour les politiques communes ». Comprenez : un financement par les contribuables ou une baisse des services que l’Europe pouvait leur rendre.

« L’exploit de Lyon »

Mais il y a toujours le football ! Et « l'exploit de Lyon » à lire ce matin dans le Journal du Dimanche. « Lyon rejoint Paris à la table des grands », se félicite le JDD. En quart de finale de Ligue des champions hier soir, « Lyon a sorti Manchester City avec panache (3-1) et affrontera le Bayern en demi-finale mercredi », écrit encore le journal. Et cocorico : «  ll y aura donc deux clubs français dans le dernier carré européen. Une première dans l'Histoire. » L'Histoire, écrite ici par le JDD avec un grand "H" bien sûr, c'est important !

Une rencontre insolite dans L’Obs

D'autres choses à lire dans les magazines cette semaine, dont une rencontre pour le moins insolite et surprenante. Il y a notamment « Jurassique Cash », dans M, le magazine du Monde. Un article sur la folie des enchères autour des squelettes de dinosaures, passion de riches collectionneurs privés. Intéressant. On peut aussi partir au Vatican avec Le Figaro Magazine, un reportage illustré où l’on apprend plein de choses sur les coulisses de la basilique Saint-Pierre de Rome et ses secrets de conservation.

Mais, il y a aussi cette rencontre particulière que nous offre L’Obs en effet. Avec un «  savant fou » italien, Sergio Canavero. Ce neurochirurgien, « ancien directeur du Groupe de Neuromodulation avancée de Turin », souhaite tous simplement « greffer une tête sur un corps humain ». Facile, il « dit que c’est possible et traite d’“ânes” ceux qui ne croient pas en lui », explique L’Obs. Il avait annoncé son projet lors d’une conférence en 2015, en cassant des spaghettis sur scène et en les recollant comme il ferait avec un humain. En 2017, Sergio Canavero « a même annoncé avoir réussi, avec une équipe chinoise, une transplantation de tête... à partir de deux cadavres humains. » Il s’est d’ailleurs installé en Chine, sur l’invitation d’un confrère pour poursuivre ses recherches « sulfureuses ». Et Inutile de l’appeler « Docteur Frankenstein », ironise L’Obs, parce qu’ « il convoque lui-même le personnage de Mary Shelley lors de ses présentations ». Un sympathique personnage.