À l’heure où le Covid-19 sévit toujours et où la menace d’une deuxième vague n’est pas à écarter, Vladimir Poutine a surpris le monde entier hier en annonçant que la Russie avait mis au point un vaccin.

Une annonce tonitruante qui a stupéfié spécialistes et commentateurs, mais qui revêt en fait un caractère plus politique que scientifique. C’est ce que pointe Libération : « Poutine, sauveur du monde ? Pour l’heure, le président russe est bien le seul à être persuadé que ses laboratoires ont mis au point le vaccin miracle contre le Covid. Et le scepticisme de la communauté scientifique, d’ailleurs, ne le gêne pas plus que cela : pourquoi s’embarrasser de l’avis des experts quand on peut prendre la planète entière de vitesse ? Car, pour Poutine, l’essentiel, estime Libération, est d’être le premier à planter son drapeau sur ce territoire encore vierge qu’est le vaccin anti-Covid. Le premier à l’annoncer, le reste suivra. On voit bien que l’on sort là du pur domaine de la science. »

Spoutnik V

Le Figaro renchérit : c’est « un coup d’éclat. Le traitement (russe) baptisé Spoutnik V (comme vaccin) rappelle les plus belles heures de la science soviétique lors de la guerre froide. Mais si les bips-bips du premier satellite de l’histoire avaient donné des cauchemars à Washington, incapable de reproduire l’exploit pendant de longs mois, l’analogie avec la recherche contre le Covid-19 s’arrête là. (…) Poutine aurait dû se souvenir que si Spoutnik avait offert à Moscou une première victoire dans la conquête de l’espace, les Soviétiques ont perdu la course, et n’ont jamais réussi à mettre le pied sur la Lune. »

Compétition féroce

En fait, complète La Charente Libre, « critiqué pour son effacement face au Covid en Russie, Vladimir Poutine surjoue la vieille ficelle nationaliste. Objectif : flatter son opinion publique et aussi répondre par la provocation aux Occidentaux qui accusaient encore dernièrement ses espions de pillage informatique des recherches des laboratoires concurrents. Son coup d’éclat illustre éloquemment la compétition féroce mêlant grands groupes pharmaceutiques multinationaux, labos de pointe, fondations et États à coups de milliards de dollars, pour la recherche et le développement jusqu’aux achats en préemption des futurs vaccins potentiels. Face à cette ruée désordonnée vers le vaccin poule aux œufs d’or, l’OMS veut lui consacrer un statut de "bien commun mondial", accessible à tous. Nous en sommes clairement loin. »

La France embourbée au Sahel

À la Une également, les suites du massacre de Kouré au Niger. « Pour la France, ancien colonisateur et pays d’émigration, le cauchemar du djihadisme africain est loin d’être terminé », pointe Le Monde. En effet, précise le quotidien du soir, « la présence de djihadistes aux abords de Niamey, loin de leurs bases au Mali ou plus au nord du Niger, semble confirmer l’extension de leur implantation et leur montée en puissance. Elle pourrait aussi s’expliquer paradoxalement par les succès de Barkhane au Mali, qui obligent les groupes terroristes à se disséminer. Mais, s’interroge Le Monde, si l’intensification des opérations militaires produit ce type d’effet pervers, quelle alternative à la force armée est-elle crédible ? Nécessaire, une solution politique fondée sur le développement suppose des années de transition. Quant au retrait pur et simple, on en devine la conséquence rapide : l’instauration d’un émirat islamique dans l’immense Sahel, dont les populations habituées à un islam tolérant seraient les premières victimes, les femmes en particulier, et dont les effets seraient ravageurs, non seulement pour l’Afrique mais aussi pour l’Europe, par le biais de l’immigration. » Bref, la France est empêtrée durablement dans le bourbier sahélien…

Pour sa part, l’ONG Acted annonce qu’elle continue ses activités au Niger, en dépit de l’assassinat de ses collaborateurs. Commentaire de La Dépêche : « Jadis préservés des combats des conflits dont elles secourent les victimes civiles, les ONG se retrouvent désormais prises pour cibles, accusées d’appliquer la politique étrangère de leur pays, quand ce n’est pas de néo-colonialisme. Face à ces drames, l’envie des ONG de partir pour protéger les leurs serait bien légitime. Mais comme Acted l’a annoncé hier, rester pour aider les populations en souffrance qui n’ont plus rien, c’est faire acte de résistance et être à la hauteur. À la hauteur de l’idée qu’on se fait d’un monde plus solidaire, plus fraternel. À la hauteur de l’engagement de six jeunes gens morts loin de chez eux. »

Le PSG joue son va-tout…

Un match capital ce soir pour le PSG. Les parisiens affrontent les Italiens de l’Atalanta Bergame en quart de finale de la Ligue des champions. « Aller simple pour l’histoire », s’exclame L’Équipe en première page. « Le jour même de ses 50 ans, le PSG joue sa place en demi-finales, qu’il n’a plus disputées depuis 1995. Favori mais privé de Di Maria et Verrati, il livre un duel sans filets face aux Italiens, outsiders du tournoi ».

Alors, « PSG, la bonne année ? », s’interroge Le Parisien. « Jamais le club parisien n’a semblé aussi proche du titre suprême. (…) Trois matches à élimination directe, pas de public, pas d’ambiance, juste du foot et trophée obsédant. Quoi qu’il arrive, cette Ligue des champions 2020 restera comme la plus étrange de l’histoire. Elle ne peut donc pas échapper au club le plus déconcertant d’Europe. »