C’est dans le journal Le Monde daté de ce dimanche que s’exprime le d’ordinaire très taiseux président congolais. Alors que les opérations électorales sont en cours, on soulignera d’emblée que Joseph Kabila, feignant d’en anticiper le résultat, évoque de possibles « violences post-électorales », lesquelles, dit-il, « ne sont pas à exclure » ; il affirme que la « menace » sécuritaire est « sous contrôle » ; il traite Moïse Katumbi de « Judas » ; il dénonce l’attitude de l’Union européenne, qu’il qualifie de « néocoloniale », avant d’affirmer que le pouvoir ne l’a « ni usé ni fatigué », déclare donc, crânement, le président congolais au journal Le Monde.

Passeports à rendre

En France, du nouveau ce matin dans l’affaire des passeports diplomatiques d’Alexandre Benalla. Etant rappelé que la justice française a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire sur, notamment, des soupçons d’« abus de confiance » et d’« usage sans droit d’un document justificatif d’une qualité professionnelle », l’ex-chargé de mission à l’Elysée déclare au Journal du Dimanche avoir utilisé ses passeports diplomatiques « par confort personnel ». Et Alexandre Benalla affirme à cet hebdomadaire compter les restituer au ministère des Affaires étrangères « dans les prochains jours ».

A L’Express cette semaine, le même avait aussi déclaré : « Je ne cale pas mon agenda sur celui d’Emmanuel Macron ». Avant de se récrier : « Faut qu’on me lâche ! Je ne suis pas l’ennemi public numéro un ».

L’impôt, c’est pas sourcier

Le 1er janvier, c’est dans deux jours. Avec une vraie révolution fiscale en France : le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Fini le décalage d’un an qui consistait à payer cet impôt l’année « n » sur le revenu de l’année « n – 1 ». Dès janvier 2019, il sera prélevé à la source. Opération techniquement complexe. Ce matin, dans Le Journal du Dimanche, le ministre des Comptes publics se dit « très confiant ». Via Le JDD, Gérald Darmanin, par ailleurs, dit aux dirigeants d’entreprises cotées en bourse ou dont l’Etat est actionnaire qu’ils doivent « impérativement être résidents fiscaux français ».

Aux Champs Elysées, à minuit ou à minuit et demi

Mais avant cela, demain soir, c’est le réveillon de la Saint-Sylvestre. Et à Paris, les Champs Elysées seront sous haute surveillance. Les « gilets jaunes » vont-ils une fois encore investir la plus belle avenue du monde ? Les Champs Elysées sont le théâtre de leur colère.

Cette semaine, « M », le magazine hebdomadaire du journal Le Monde, remarque que si, pour Emmanuel Macron, cette célèbre artère parisienne  a été « l’avenue de son sacre, (elle) deviendra bientôt le théâtre de sa disgrâce ».

« M » souligne qu’au départ, les petites phrases du président sur le caractère supposé des Français, « glissent sur les pavés des Champs Elysées, mais pas sur le bitume des nationales et des départementales, ces routes des triangles de détresse que déploie la France des vieux diesels, des petites retraites, cette France des cuves à fuel ».

« M » rappelle encore l’incident du 11 novembre, Donald Trump est de retour sur la place de l’Etoile avec sa tête « des mauvais jours ». Le président des Etats-Unis « sèche la remontée des Champs, comme Vladimir Poutine ».

Et six jours plus tard, les gilets jaunes commencent à envahir l’avenue. « Le samedi 17 novembre, ce ne sont que de petites grappes, du côté de la Concorde. Le 24, ils investissent la place de l’Etoile (…) Tout s’emmêle, mais un slogan, “ Macron démission ”, fédère les participants, et l’arrière-plan demeure le même : les Champs Elysées », pointe « M ». Après, tout s’accélère. « Début décembre, cette fois, ce sont des blindés de la gendarmerie qui encerclent la place de l’Etoile, du jamais vu depuis la guerre. Le samedi précédent, l’Arc de triomphe a en effet été vandalisé. De Tokyo à New York, la photo fait “ la Une ” des magazines de la planète, qui raconte même que Paris brûle », souligne cet hebdomadaire. Comme le résume « M », « le 15 mai 2017, l’avenue était le champ d’honneur d’un jeune président. Aujourd’hui, on photographie les stigmates d’un champ de bataille ».

Elucubrations d’élus au Brésil

Au Brésil, dans deux jours, le nouveau président Jair Bolsonaro va entrer en fonction. Avec, au Parlement brésilien, nombre d’élus à tout le moins étonnants. Et c’est un euphémisme. Le magazine L’Express les trouve, lui, « extravagants » certains de ces nouveaux élus brésiliens. Témoin Wilson Witzel, le nouveau gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro a suggéré de « déployer des snipers – voire des drones – pour abattre les criminels armés des favelas » !

Témoin Marcio Labre, autre député de ce même Etat qui veut « modifier la Constitution pour interdire les “ partis et mouvements communistes ” et instaurer le “ travail forcé ” pour les prisonniers », signale L’Express. Témoin encore «  l’ex-acteur porno et de téléréalité Alexandre Frota  », sans omettre «  le clown analphabète Tiririca  »  », élu lui aussi. Ah non, lui était déjà là avant Jair Bolsonaro.

Houellebecq, sibylle française

Evénement littéraire à la fin de la semaine en France, la sortie de « Sérotonine », le dernier roman de Michel Houellebecq. L’écrivain est à « la Une » de l’hebdomadaire Le Figaro Magazine. « Une fois encore, sa peine existentielle a permis à ce sismographe de sentir une situation prérévolutionnaire dans le pays, signale Le Fig Mag. De même que “ Plateforme ” en 2001 prévoyait les attentats islamistes (avant le 11 septembre) et que “ Soumission ” en 2015, paru le jour de l’extermination de Charlie Hebdo par des djihadistes, imaginait un parti islamique au pouvoir, “ Sérotonine ” sort un mois après le mouvement des “ gilets jaunes ” mais fut rédigé bien auparavant, et décrit assez précisément le ras-le-bol et le désespoir qui ont paralysé la France au mois de décembre », note encore, admiratif, Le Figaro Magazine. « Sérotonine » est publié par Flammarion. Bonne lecture et bonne année !