L’affaire des sous-marins australiens, qui ouvre une crise transatlantique majeure, tombe également au plus mal pour Emmanuel Macron. 

Photo d’archives, le cliché ornant la Une du quotidien Le Parisien, sous un ciel menaçant, a été pris au large, depuis la proue d’un sous-marin naviguant en surface… avant la plongée. L’Amérique « torpille la France », formule ce quotidien. Bien sûr, derrière le verbe torpiller, on devine la « torpille », et devant elle, la cible, sous la plume du Parisien, n’est autre que le président français.

C’est un « coup dur pour Macron », lance en effet ce journal, auquel un conseiller d’Emmanuel Macron confie que si cette affaire de sous-marins finalement achetés par l’Australie au fournisseur étasunien et non-pas français est « vécu à l’Élysée comme une crise diplomatique de très haut niveau », la nouvelle tombe « d’autant plus mal pour le locataire de l’Élysée que ce vendredi, le chef de l’État s’apprête à célébrer les 40 ans du TGV, lors d’un événement organisé gare de Lyon à Paris. Sur le papier, c’était l’occasion de fêter la grandeur industrielle française, celle d’une époque "où l’on construisait dans la même année Ariane, le TGV et des centrales nucléaires" », explique un proche du président au Parisien.
L'annulation par l’Australie de ce contrat dit « du siècle » pourrait bien aussi avoir des conséquences sur l’emploi chez le constructeur français de ces submersibles
Cette affaire des sous-marins australiens, c’est un « naufrage », enchérit L’Humanité. Et sans attendre, le quotidien communiste prévient que le syndicat CGT du constructeur français Naval Group « appelle à manifester le 23 septembre devant le siège » parisien de Naval Group, le constructeur des sous-marins commandés par l’Australie et dont Canberra ne veut plus. 

Certes, admet le journal Les Échos, c’est un vrai « coup de massue » pour la filière navale française, mais pas que… C’est aussi, en effet, un « camouflet diplomatique » pour la France. Comme le déplore le quotidien économique français, les Européens ont longtemps vécu « avec cette illusion que les Etats-Unis, pays frère, ne nous voulaient que du bien et que Joe Biden nourrissait une affection toute particulière pour la terre de ses ancêtres ».

Mais la palme des titres fleurant bon l’air du large revient ce matin à Libération. Étant rappelé que la facture de ce fameux « contrat du siècle » devait s’élever à 56 milliards d’euros, Libération convoque le capitaine Haddock pour en colère lancer ce juron : « 56 milliards de mille sabords » ! Les connaisseurs des aventures de Tintin apprécieront.
Cette affaire des sous-marins australiens tombe comme un vrai avis de tempête sur les relations Paris-Washington
Le Figaro n’écrit pas autre chose, qui souligne en manchette et plus crûment encore la « crise diplomatique entre la France et les Etats-Unis ». Selon ce journal « le contrat du siècle » a fait place au « camouflet de l’année ». Et pour Le Figaro, pas de doute, « l’Australie devient une plateforme américaine, susceptible d’accueillir bientôt ses missiles à longue portée et ses bombardiers furtifs. Si nécessaire, il ne lui faudra pas longtemps pour devenir elle-même une puissance nucléaire… La France paie les pots cassés de ces tensions géopolitiques », regrette le quotidien.
Le Figaro revient longuement ce matin sur l’élimination par la force militaire française Barkhane, de « l’émir de Daech au Sahel »
C’est ainsi que Le Figaro présente Adnan Abou Walid al-Sahraoui, numéro un de l’État islamique au Grand Sahara, un « succès » pour l’armée française, et que ce journal qualifie d’« incontestable ». Toutefois, relève le journal, au ministère des Armées, on ne se fait « pas d’illusion ». Car si l’émir d’al-Qaida au Maghreb islamique Abdelmalek Droukdel a été éliminé en 2020 et le leader de l’Etat islamique au Grand Sahara en 2021, « la menace islamiste n’a pas disparu, admet ce journal. Elle s’étend même vers le golfe de Guinée, a rappelé Bernard Emié. Dans le nord du Mali, al-Qaida demeure une force d’autant plus menaçante qu’elle profite du retrait de l’EIGS, son rival. Le djihadisme prospère sur le terreau communautaire, sur la pauvreté et l’absence de l’État. Les succès militaires n’y changeront rien », regrette Le Figaro.