L'expression est reprise à la fois par Le Figaro et par Libération ce matin... Et elle s'applique à la rentrée scolaire, censée débuter pour certains élèves, dans une semaine.

Depuis ces derniers jours, « les directeurs et directrices d’école font des maths, constate Libération. Comment faire tenir 15 enfants dans des salles de classe de 50 m², sans qu’ils croisent d’autres élèves dans le couloir ? Quelle longueur de trottoir est nécessaire pour contenir une file de parents, espacés chacun d’un mètre, qui poireauteront pour déposer leurs bambins ? Et 280 enfants qui doivent aller se laver les mains une dizaine de fois par jour, quand on a 5 ou 6 lavabos dans l’école… Combien d’heures cela prendra-t-il ? La reprise de la classe mardi 12 mai, promise par le président de la République, est un casse-tête insoluble, affirme Libération, pour les équipes enseignantes, pour les mairies qui ont la responsabilité du bâti scolaire et du temps périscolaires… et pour les parents, qui se retrouvent à devoir choisir. Le gouvernement a beau répéter comme un gimmick que l’école va rouvrir - 'une question d’honneur', a dit Blanquer -, elle ne reprendra qu’à raison de quelques heures par semaine, pointe encore le journal. Et encore, pas partout. Surtout, elle ne ressemblera pas du tout à l’école que les élèves connaissent. Les règles sanitaires, imposées dans un protocole publié dimanche, ont fini de rendre l’équation impossible. »

Une question « d'honneur » ?

La Dépêche du Midi revient sur cette expression utilisée par Jean-Michel Blanquer : la réouverture des écoles, « une question d’honneur » : « les maires, qui se retrouvent aujourd’hui très concrètement démunis devant l’impossibilité de réaménager leurs classes ou de disposer des personnels nécessaires pour respecter les mesures de déconfinement auraient sans doute préféré que l’on parle de la seule question qui vaille, celle de la sécurité sanitaire… La petite phrase du ministre s’inscrit, estime La Dépêche, dans la longue série de couacs de communication entamée avec la pénurie de masques et qui expliquent sans doute pourquoi l’exécutif, au contraire de ses homologues européens, est sévèrement jugé par les Français : 62 % d’entre eux ne sont ainsi pas satisfaits de la gestion du dossier du coronavirus. »

Le Figaro est tout autant circonspect : « pour résoudre l’impossible équation à laquelle il est confronté, le gouvernement fait mine de prêter à l’école des pouvoirs extraordinaires dont les parents, eux, la savent parfaitement dépourvue… Et c’est légitimement qu’ils s’inquiètent, avec les maires, de ce drôle de 'discernement' auquel les invite aujourd’hui le gouvernement quand il n’y parvient pas lui-même. Fables que tout cela !, s'exclame Le Figaro. La vérité est que, s’il faut sortir du confinement, nul ne maîtrise aujourd’hui exactement le risque sanitaire engendré par l’ouverture des établissements, mais que chacun mesure, s’il le veut bien, l’affaissement que représente, dans la scolarité de centaines de milliers d’enfants, une éclipse durable de l’institution. »

Ruée sur les masques !

À la Une également, les masques désormais distribués depuis hier en grandes surfaces...

« On peut enfin en acheter », s'exclame Le Midi Libre.

« Des masques rares et convoités », relève Le Courrier Picard.

En effet, développe La Provence, « la course au Graal a pris une nouvelle forme hier matin. Après avoir vu les soignants en bénéficier, parfois au compte-gouttes, les collectivités en commander avant de se les faire réquisitionner par l’État, les maires en dénicher par petits paquets et les pharmaciens en délivrer comme on distille un alcool fort, les Français ont cherché leurs masques dans les supermarchés. Ruée garantie dès les premières heures de la matinée pour ceux qui n’avaient pas opté pour le système D, masque maison ou couturière du quartier. Avec plus ou moins de chance. »

Moins que plus, d'ailleurs, les rayons ont vite été vidés... « Il faudra donc retenter sa chance aujourd’hui, pointe encore La Provence. Mais dans une France fourbue de courir après des masques trop peu visibles et où, selon une note du ministère de l’Économie, les besoins hebdomadaires s’élèvent à 375 millions d’unités, les polémiques se succèdent sans fin. »

Polémique notamment sur le prix de ces masques, note le journal... « Avec un masque chirurgical à 60 centimes d’euro, si on compte qu’il en faut trois par jour pour faire les choses correctement : pour quatre personnes, ça fait 7,20 euros par jour, donc on est à plus de 200 euros par mois. »

Sauvés par le lama ?

Enfin, question posée par Le Parisien : « Et si le lama nous protégeait du coronavirus ? Le plus célèbre postillonneur de l’espèce animale pourrait-il être notre sauveur  ? La très sérieuse revue scientifique américaine Cell s’apprête à publier une étude de chercheurs américains et belges qui nous inviterait à penser que le lama est bien une piste prometteuse pour venir à bout de la pandémie. Cet affable camélidé, originaire d’Amérique du Sud, serait capable, selon les auteurs de l’étude, de produire un type d’anticorps jusqu’alors inconnu, parvenant à jouer le rôle de bouclier. Les chercheurs affirment même avoir isolé ces anticorps, pointe encore Le Parisien, ce qui ouvre la voie à des recherches en laboratoires plus poussées, voire à un essai sur l’homme. »

Bref, ce qui est arrivé par un animal, le pangolin ou la chauve-souris, pourrait donc être stoppé par un autre animal, le lama ? On voudrait bien y croire...