Emmanuel Macron et le nouveau Premier ministre Jean Castex composent le nouveau gouvernement français, en vue d’une annonce rapide : « Je veux agir vite », dit Jean Castex à la Une du Journal du Dimanche. Le nouveau Premier ministre affirme à cet hebdomadaire vouloir mettre les « bouchées doubles » avec le président pour composer le nouveau gouvernement, qu’il espère « finaliser demain », signale Le JDD.

Dans ce journal, Jean Castex dit aussi vouloir s'attaquer rapidement aux dossiers sensibles, comme celui des retraites qu'il entend régler « à court terme », avec, « a minima, un nouvel agenda social ». Quant au Ségur de la Santé, suspendu en fin de semaine faute d'accord avec les syndicats avant le remaniement, il a dit vouloir le conclure « la semaine prochaine ».

Jean Castex déclare aussi ne pas croire au « consensus mou. Le temps est à l'action », martèle-t-il dans Le Journal du Dimanche.

Dans Le JDD, Jean Castex a tenu à souligner que le chef de l'État ne voulait pas faire de lui « un subordonné voué aux tâches secondaires » et que sa personnalité « n'est pas soluble dans le terme de "collaborateur" ».

C’est également dans cet hebdomadaire que s’exprime Yannick Jadot. Le chef de file européen d'EELV y déplore que « le président recommence à pointer du doigt les Français avec la même rengaine du travailler plus et de la préférence pour le chômage ».

Justement. Dans la nomination de Jean Castex à Matignon, La Tribune discerne surtout un « changement de style et de méthode ». Autrement dit, on change la méthode, pas le cap…

La France, champ de tirs des armes saoudiennes

Sur un campus de formation dans l’est de la France, des militaires saoudiens doivent s’entraîner en simulateur et en tirs réels sur des blindés du type de ceux par la suite engagés dans le meurtrier conflit du Yémen. C’est La Chronique, le magazine d’Amnesty International, qui révèle cette affaire d’implantation d’une entreprise d’armement « chargée de former des militaires engagés dans un conflit armé ».

Ce campus est situé à Commercy, dans le département de la Meuse, localité connue pour ses madeleines. C’est là que l’entreprise belge John Cockerill a installé ce centre, avec le soutien financier de la France. Des militaires saoudiens y sont attendus en vue d’être formés au tir et au pilotage sur des blindés équipés de tourelles-canons, des blindés vendus par le Canada à l’Arabie saoudite.

Mais c’est la France qui assure la formation à ces armes sur son sol, en violation de ses engagements internationaux, souligne La Chronique, qui assure qu’en « toute impunité (…), la France fournit des armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, pays engagés dans le conflit au Yémen. Conflit qualifié de la pire catastrophe humanitaire au monde par l’ONU. »

Ce magazine signale qu’il existe aujourd’hui « des preuves que des véhicules blindés légers équipés de tourelles-canons Cockerill de 90 mm sont utilisées dans la guerre au Yémen. Soit le même type d’armes, dans une version plus ancienne, que celles sur lesquelles les forces saoudiennes doivent venir se former à Commercy. »

La reconversion de Gérard Longuet

Et c’est sous la houlette de Gérard Longuet, en 2011, que l’implantation de ce centre a été lancée. Ami du PDG de John Cockerill, le ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy a mis ce patron belge en contact avec le général français Ract-Madoux, à cette époque chef d’état-major de l’armée de terre, qui a ouvert à cette entreprise le champ de tirs militaires proche de Commercy censé être utilisé par les Saoudiens, raconte La Chronique. Lequel magazine signale que, deux ans plus tard, Gérard Longuet entrera au conseil d’administration de John Cockerill, avec, à la clé, 25 000 euros de jetons de présence par an à partir de 2013.

Interrogé par La Chronique, Gérard Longuet s’agace. « Quand la France vend des Rafale en Inde, ce n’est pas pour le défilé du 14 juillet local, c’est pour transformer les gens en charbon de bois », déclare Gérard Longuet ! En charbon de bois ? « Houille », plutôt, « ouille-ouille-ouille », même !

Élu de Commercy, Jean-Philippe Vautrin a été président la communauté de communes locales. « La formation militaire, moi ça ne me regarde pas, dit-il à La Chronique. Que ce soit des Saoudiens, des Chinois, on a vendu, y a un marché, c’est bien. Quand on vend des armes à des pays, ce n’est pas pour faire mumuse », ajoute-t-il. Avant de signaler que « dès le début, dès 2014, les décideurs proches du dossier (…) avaient demandé de ne pas parler de Saoudiens, mais de clients » !

Seulement voilà, rappelle cette revue d’Amnesty international, « aucun pays et aucune entreprise n’a le droit, en vertu des traités internationaux, de fournir des armes et des formations à une puissance qui retourne celles-ci contre des civils. Or, c’est précisément ce qui se passe actuellement au Yémen ». Bienvenue à Commercy, ses madeleines, ses étudiants étrangers, son campus de formation pour tourelles-canons...