« Macron veut en finir avec le déni », titre Le Figaro qui annonce « un changement de cap ». « Pour lui, après la crise des "gilets jaunes", qui a ébranlé le pouvoir, il y a urgence à renouer avec les classes populaires. Et pour cela, il faut entendre leur exaspération sur ce thème hautement sensible. »

Le Figaro rappelle les propos les plus commentés d'Emmanuel Macron : « La question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas. Les bourgeois n'ont pas de problème avec l'immigration. Les classes populaires vivent avec. La gauche n'a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies. Les classes populaires ont donc migré vers l'extrême droite. » Pour Le Figaro, le président a « dessillé les yeux de sa majorité et posé les mots justes sur un tabou français ».

Un avis que ne partage pas du tout l'Humanité pour qui « Macron flatte le pire » et « prend le relais de Marine Le Pen ». L'Humanité suspecte le président de vouloir « faire dévier le débat alors que la rentrée sociale s'annonce difficile pour lui, avec la réforme des retraites ».

Pour Mediapart, « Macron sombre dans les mêmes travers que Sarkozy. Depuis quelques semaines, pour ne pas dire depuis plusieurs mois, le chef de l’État active tous les leviers qui lui tombent sous la main pour démontrer qu’il n’abandonne pas les questions régaliennes à ce qu’il considère être sa seule opposition : l’extrême droite. »

Mediapart rappelle les propos tenus par Nicolas Sarkozy en 2016, qui parlait alors « des bobos, de cette élite qui ne prend jamais le métro, qui n'a jamais mis les pieds dans une exploitation agricole au bord du gouffre ». « Si la terminologie est sensiblement différente, estime Mediapart, le propos reste le même : il s'agit dans un cas comme dans l'autre de parler à cette "France de la vie réelle", et non pas aux seuls "bourgeois de centre-ville qui sont à l'abri". »

La Croix se demande si la France est trop accueillante

Question posée alors qu'Emmanuel Macron a insisté sur « les demandes d'asile à la hausse ». La Croix note que « la France n'accorde sa protection qu'à 36 % des demandeurs. Ce qui signifie, que, grosso modo, six sur dix sont déboutés et viennent alimenter les rangs des sans-papiers ».

Mais pour l'association Forum Réfugiés Cosi, « les autres voies d'immigration régulières ayant été beaucoup fermées, comme l'immigration de travail, beaucoup de gens fuient leur pays sans être persécutés au sens de la Convention de Genève. Beaucoup sont déboutés, c'est un fait, mais cela ne veut pas dire que le droit d'asile est détourné. »

Le procès des « décrocheurs »

Deux militants écologistes étaient poursuivis pour avoir décroché un portrait d'Emmanuel Macron, dans une mairie, « pour dénoncer l'inaction climatique au sommet de l'état. Or, la justice vient de leur donner raison ». « Quand le climat fait loi », titre Libération. « Le tribunal correctionnel de Lyon a estimé que le délit, en l'occurrence "le vol en réunion", reposait sur un "motif légitime", et en l'espèce agit contre le dérèglement climatique ». Un fait désormais « constant » et affectant « gravement l'avenir de l'humanité ».

Une décision qui ne réjouit pas vraiment l'éditorialiste de Libération Laurent Joffrin, qui y voit certes une « prise de conscience de la société envers l'urgence climatique, » mais regrette le « décrochage », car dit-il, « le portrait d'Emmanuel Macron n'est pas seulement celui d'un homme politique, il représente le président de la République, c'est-à-dire bien autre chose que lui-même. Si bien que décrocher Macron, c'est aussi décrocher la République. La cause est juste mais l'action n'est pas le meilleur exemple de civisme que l'on puisse trouver, serait-il vert. »

Un petit avertissement aux lecteurs de la presse

En découvrant la Une de certains journaux ce mercredi matin, vous aurez peut-être l'impression que votre journal fait ses gros titres sur un smartphone, photo à l'appui. C'est le cas du Figaro et des Échos sur une demi-page, alors que Libération entretient encore plus la confusion en consacrant toute sa Une à ce téléphone dont nous tairons la marque puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'une publicité qui s'étale sous nos yeux. N'hésitez pas à tourner la page.