Il s’appelle Jérôme Rodrigues, il est présenté par Le Parisien Dimanche comme « un leader des gilets jaunes » et, selon ce journal, il a été « grièvement blessé à l’œil » hier, lors d’une charge des forces de l’ordre, place de la Bastille à Paris, incident qu’une autre figure de ce mouvement, Éric Drouet, a qualifié de « très grave ».

Violences relevées également dans plusieurs autres villes de France, hier, pour le onzième samedi consécutif de  manifestations des « gilets jaunes », marqué par des incidents « en hausse », souligne Le Journal du Dimanche. Et même ce dimanche, des « gilets jaunes » envisagent de poursuivre leur mobilisation. Ainsi à Lyon, métropole du centre-sud-est de la France, « une grande chaîne humaine » est prévue ce dimanche matin par plusieurs groupes de « gilets jaunes », signale le journal local Le Progrès, dans les colonnes duquel un ouvrier protestataire déclare : « s’il faut continuer jusqu’à Noël, on le fera ! ».

Que tout change pour que rien ne change

Pendant ce temps, le président Macron, lui, est plus que jamais confronté aux attentes des Français. Mais il « ne changera pas », lance en Une l’hebdomadaire L’Express. C’est également l’avis de deux Français sur trois, et c’est ce que révèle un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche. Selon cette enquête, la crise des « gilets jaunes » n'a pas changé la façon qu’a le président d'exercer son mandat.

Or 85% des sondés souhaitent que le chef de l’Etat change « son attention aux préoccupations des Français », huit personnes interrogées sur dix « sa manière de s'exprimer lorsqu'il est au contact des Français » ainsi que « sa politique économique et sociale » et sept sur dix « sa façon d'incarner la fonction présidentielle ».

Toujours plus

En pleine crise des « gilets jaunes », la publication lundi dernier du rapport de l’ONG Oxfam est venue apporter de l’eau au moulin des contestataires de la mondialisation. Oxfam remarque que les vingt-six personnes les plus riches du monde détiennent autant d’argent que la moitié de l’humanité. Pour l’hebdomadaire Politis, pas de doute, « le spectacle du monde est plus que jamais explosif ». Dans ce contexte, le grand débat voulu par Emmanuel Macron rappelle à ce journal les « Cent fleurs » de Mao Zedong. « Cette fois, les plus critiques ne seront pas fusillés mais, à coup sûr, trahis et frustrés », prédit Politis.

L’Afrique est mieux partie

L’Afrique est à l’honneur cette semaine, même si la presse ne se satisfait guère de l’alternance survenue en République démocratique du Congo, même si l’Afrique tend à être « plus démocratique », souligne L’Obs. « Ce qui vient de se passer en RDC (…) montre de ce point de vue qu’on est encore loin du compte », regrette cet hebdomadaire. Il n’empêche, avec leur caractère pluriel, les élections congolaises comme d’autres sur le continent africain, sont « le reflet d’une transformation de l’Afrique, estime L’Obs, (…) la modernisation politique du continent est en marche ».

Le fiasco judiciaire de la CPI

La presse réagit aussi à l’acquittement prononcé par la Cour pénale internationale en faveur de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Et la CPI en prend pour son grade. Ironisant en Une sur « la balance bancale de la Cour pénale », Le Canard Enchaîné s’en donne à cœur joie en soulignant à sa manière que la CPI s’est « illustrée, durant le procès de l’ex président ivoirien, par l’étalage de sa compétence. Les droits de l’homme et la justice vont encore en sortir grandis », fustige l’irrévérencieux palmipède hebdomadaire de la presse française.

Laurent Gbagbo est également en Une de Courrier international. Tout sourire, le désormais acquitté de la CPI apparaît sous la forme d’une caricature signée Glez pour Le Journal du jeudi, au Burkina Faso, le montrant vêtu d’un maillot d’athlète ayant réussi à venir à bout d’un marathon, judiciaire en l’occurrence.

Cet hebdomadaire publie la chronique qu’un chercheur nord-irlandais a mise en ligne sur la plate-forme participative britannique The Conversation. Luke Moffett, c’est le nom de ce chercheur, estime que l’acquittement prononcé en faveur de Laurent Gbagbo est un « rude coup pour l’image de la CPI, pire encore que quand la chambre d’appel du tribunal, en juin 2018, a décidé d’acquitter le vice-président de la République démocratique du Congo, Jean-Pierre Bemba, au bout de six ans de procédure ». Selon lui, ces deux décisions de justice sont révélatrices d’un « problème plus grave dans le fonctionnement de l’accusation de la CPI, dans sa façon d’enquêter et de rassembler des preuves ». Et sur le fil de The Conversation, ce chercheur conclu que « la libération potentielle de Gbagbo et Blé Goudé témoigne de la difficulté qu’il y a à assurer la justice après un conflit, alors que ce sont les victimes qui, au bout du compte, continuent d’en payer le prix », rapporte encore Courrier international.

Gbagbo, l’innocent sous les verrous

« Libération potentielle » de Laurent Gbagbo ? Malgré son acquittement par la CPI, l’ex-président ivoirien est  toujours en détention ! S’inspirant de la fameuse formule du général de Gaulle à la Libération de la capitale de la France, lorsqu’il disait : « Paris outragé, Paris martyrisé… mais Paris libéré », l’hebdomadaire Marianne formule malicieusement : « Gbagbo jugé, Gbagbo acquitté… mais Gbagbo toujours pas libéré ». Voulant savoir ce que ce qui se passe « dans la tête de Gbagbo '' francophile ' contrarié », ce magazine a interrogé notre confrère François Matteï, avec qui Laurent Gbagbo a écrit son livre Pour la vérité et la justice, qui ressort en ce moment aux Editions Max Milo, mais aussi Bernard Houdin, conseiller spécial de Laurent Gbagbo, auteur, lui, d’un autre livre intitulé Gbagbo. Un homme, un destin, chez le même éditeur. Tous deux évoque, qui un Gbagbo « francophile maladif. Et aujourd’hui francophile malheureux », qui un homme qui n’a « pas de vanité », qui a « enduré plus de sept années de prison sans broncher », pour conclure que « cela, les Ivoiriens le savent ».