Elle est « accusée de violences et de racisme », et elle est   en colère », lance « en Une » Le Figaro. Elle, c’est en effet la police, vilipendée lors de manifestations de rue, et tandis qu’une nouvelle fois, comme ils l’avaient fait la veille, des policiers aient encore symboliquement déposé leurs menottes hier lors de manifestations dans plusieurs villes de France.

Accusée de racisme, la police française ? C’est « le bouc émissaire idéal », s’indigne Le Figaro, elle n’a « qu’à bien se tenir, les pouvoirs publics l’ont à l’œil ». Pour ce quotidien conservateur, les forces de l’ordre sont « prises en étau » entre ceux qui « connaissent tout des ressorts victimaires », et une hiérarchie qui désormais ne voudra « pas de vagues ».

Résultat ? Pour Le Figaro, les « plus humbles » subiront désormais la « loi des gangs », bucheronne ce journal, en signalant que « dans certains quartiers, la consigne est claire : on n’intervient pas, on garde les yeux grands fermés ».

Le défi du communautarisme

Mais au-delà de la seule police, le racisme présumé attribué aux uns par les autres en France est un sujet sur lequel le président de la République demeure très attendu. Qu’en pense le chef de l’Etat ? Selon Le Parisien, la « crainte » du président, « si le travail de mémoire passe des livres d’histoire et des salles de classe à la rue, c’est que cela permette, encore plus, au communautarisme de s’installer dans notre pays ».

Le Parisien signale que, « devant quelques proches », Emmanuel Macron « actait récemment le fait qu’il y a, selon lui, un sujet en soi autour de la question des hommes et des femmes d’origine africaine dans notre pays ». Et, en privé - toujours selon Le Parisien – le président aurait dit que ce sujet, il fallait le « regarder en face », tout en estimant qu’il n’y avait pas « décolonisation heureuse ».

Selon, donc, des propos attribués par ce quotidien au président français, Emmanuel Macron aurait dit la nécessité de « se pencher sur notre rapport à l’Afrique, aux enfants de l’immigration africaine qui sont plus nombreux en France que dans d’autres pays européens ».

Le sujet des « mémoires » ? Emmanuel Macron le manie « comme on manipule de la nitroglycérine, explique Le Parisien. Très prudemment ». Quant à la jeunesse qui manifeste, elle « a besoin de causes pour s’exprimer. Comme on l’a vu avec l’environnement. Aujourd’hui, c’est normal qu’elle se focalise sur le sujet du racisme », estimerait donc Emmanuel Macron, étant rappelé que le président doit s’exprimer dimanche soir.

La tentation de la démission

Justement, afin de mieux rebondir, Emmanuel Macron serait-il tenté de démissionner pour mieux se représenter lors d’une élection présidentielle anticipée ? Ce serait du jamais vu… Après plusieurs jours d’atermoiements, cela a finalement été démenti hier par l’Elysée, mais Le Figaro Magazine, qui révèle cette « tentation de la démission » du chef de l’Etat, signale que « cette hypothèse ne semble pas totalement exclue par le président de la République ».

Selon ce journal, c’est lors d’une réunion du « premier cercle des donateurs de 2017 » à Londres, que les participants « ont eu la surprise de voir Emmanuel Macron débarquer au milieu de leur conversation, en visioconférence. S’il n’a pris la parole que cinq minutes, les propos qu’il a tenus ont clairement montré qu’il était prêt, selon son expression favorite, à « prendre son risque », assure Le Fig Mag.

Cet hebdomadaire rapporte le témoignage d’un participant à cette réunion, et selon qui « Emmanuel Macron a expliqué qu’il envisageait la possibilité de présenter sa démission pour provoquer, ' dans les semaines ou les mois à venir ' », une élection présidentielle anticipée. L’objectif du chef de l’État est clair: reprendre politiquement la main dans une période troublée, persuadé de prendre de court ses adversaires. Il l’a d’ailleurs confirmé à ses interlocuteurs, sollicités pour lui apporter des fonds: « Je suis sûr de gagner car il n’y a personne en face ».

Sans dire s’il avait pris sa décision, Emmanuel Macron a quand même osé évoquer ce scénario devant plusieurs personnes, sans mentionner les autres possibilités institutionnelles comme le changement de Premier ministre dont bruisse tout Paris.

L’Elysée, hier, a toutefois publié un démenti. « Le président de la République n’a jamais évoqué sa démission », a indiqué la présidence à l’AFP. Il « n’a jamais participé à une visioconférence avec des donateurs ».

Ployer le genou, face au racisme un jour, face à son club toujours...

Aux Etats-Unis, c’est une évidence depuis la mort de George Floyd, le mouvement Black Lives Matters a gagné le monde sportif, où de plus en plus de sportifs manifestent un genou à terre. Et c’est un retour spectaculaire du politique dans les stades.

C’est ce que souligne Libération, quotidien à la mémoire longue, puisque l’article que ce journal consacre à ce revival des consciences est notamment illustré par la photo des sprinters américains Tommy Smith et John Carlos, poing ganté et levé, tête baissée, sur le podium olympique de Mexico en 1968, c’était il y a plus d’un demi-siècle.

Depuis quelques temps, donc, il nous est donné d’assister au « retour du militantisme chez les athlètes, de nouveau engagés sur le terrain des luttes contre les inégalités raciales », souligne Libé. Journal dans lequel l’historien du sport Stanislas Frenkiel ne croit pourtant guère au réel retour des athlètes militants dans les années à venir. « Les sportifs qui peuvent se permettre de militer sont ceux qui dominent un rapport de force économique, politique, sportif. Kylian Mbappé, par exemple. Donc il y en aura, admet cet enseignant à l’université d’Artois. Mais globalement, ils restent avant tout des travailleurs, employés de clubs, certes privilégiés, et je ne vois pas pourquoi ils risqueraient leur image dans des causes sensibles », ajoute-t-il dans Libé.