100 milliards pour la relance. Le Premier ministre Jean Castex a détaillé ce jeudi le plan pour sortir la France de la crise. Les actifs financiers de la SNCF seront bientôt mis en vente. À en croire la Une du quotidien économique Les Echos, la SNCF a été « choyée par l’État ».

Choyée ? Etant rappelé que la SNCF est la compagnie nationale des chemins de fer en France, le ministre délégué aux Transports dit au journalLe Parisien que la SNCF devra envisager de céder des filiales pour retrouver sa trajectoire financière. « Nous étudions avec la SNCF les actifs financiers qui pourraient être cédés », annonce Jean-Baptiste Djebbari dans Le Parisien. La SNCF n'a pas commenté les propos du ministre des Transports.

La SNCF, donc, mais pas que. L’exécutif promet 1,5 point de croissance en plus d’ici à fin 2021. Une importante dotation du plan de relance sera destinée à contenir la montée du chômage. Les syndicats de salariés dénoncent le manque de contreparties aux aides accordées aux entreprises. Voilà, en résumé, l’essentiel retenu par la presse ce matin.

Le vert est dans le plan

Avec un accent sur le volet « vert » de ce plan de relance. La transition écologique « se taille une belle part de 30 milliards », souligne Libération. Une part du gâteau qui « paraît belle », admet Libé, tout en dénonçant ce « en même temps de l’écologie », ONG et écologistes pointant des « incohérences » et des « secteurs oubliés », signale ce quotidien.

« L’écologie permet de créer massivement des emplois », rétorque dans Les Echos la ministre de l’Écologie Barbara Pompili.

Reste la question du financement de ce plan. Or Jean Castex a répété qu’il n’y aurait pas de hausses d’impôts pour financer ces 100 mil­liards d’euros. Pour le journal L’Opinion, il s’agit-là de « la mesure la plus perti­nente du plan de relance » et cette mesure « est sans doute celle qui en a été écartée », souligne ce quotidien. Mais attention, prévient L’Opinion, « le plus dur sera de tenir cette pro­messe sur la durée ».

Pour étayer sa déprimante prédiction, L’Opinion se réfère à une étude du spécialiste de l’assurance-cré­dit Euler-Hermes, selon laquelle « le plan de relance va ajou­ter 2,4 points de pourcentage à la croissance fran­çaise en 2021 et 2022, alors que le gouvernement en attend 4 points supplémentaires ». Euler Hermes estime en effet que ce plan « va détériorer notre déficit commercial de 12 milliards d’euros en 2021 et 2022, contre une dégradation de 3 mil­liards d’euros en Allemagne » – autrement dit les importations vont s’envoler – et ce plan « réjouira donc nos deux principaux partenaires commerciaux, l’Alle­magne et la Chine », pointe L’Opinion.

La République au défi du séparatisme

4 septembre 1870 – 4 septembre 2020, la République a 150 ans. Un anniversaire célébré au Panthéon par le président. Et pour marquer l'avènement de la IIIe République, proclamée par Léon Gambetta, Emmanuel Macron se rend ce vendredi matin dans ce monument dédié « aux grands hommes » à qui la Partie voue une reconnaissance éternelle. Il y prononcera un discours pour appeler le pays au « patriotisme républicain » alors que le président doit faire face au « défi sécuritaire et séparatiste », souligne Le Figaro, en signalant justement que le « séparatisme » évoqué par Emmanuel Macron lui-même fera, de sa part, l’objet d’une nouvelle intervention courant septembre avant la présentation d’un projet de loi sur le sujet en conseil des ministres.

Confirmant que ce projet de loi sera d’abord présenté par Emmanuel Macron, Le Parisien précise que le chef de l’État en présentera les grandes lignes lors d’un déplacement le 15 septembre sur « une terre impactée par le séparatisme, marquée par des départs vers des zones de conflits et où un travail de reconquête républicaine a enregistré des résultats ».

Ce texte, donc, prévoira une « mesure choc » : l’obligation pour les associations subventionnées de signer une « charte des valeurs républicaines ». Comme le décrypte Le Parisien, « en clair : en cas de dérive communautaire, l’État coupera les vivres ! ».

Mais Emmanuel Macron a aussi en tête son programme de commémorations de l’an prochain. Toujours selon Le Parisien, « l’Élysée a coché la date du 9 octobre 2021 pour célébrer les 40 ans de l'abolition de la peine de mort. Une date chère à la gauche et aux fans de François Mitterrand », formule Le Parisien, en se demandant, faussement candide, s’il ne s’agira pas d’un « clin d’œil à la gauche, à un an de la présidentielle ».