Les Français en général et l’exécutif en particulier se demandent si la journée va être perturbée par de nouvelles initiatives des « gilets jaunes ». Car nombre de membres de ce mouvement de Français en colère appellent à nouveau samedi de manifestations, et notamment dans les parages du très symbolique château de Versailles, là même d’où les révolutionnaires de 1789 avait chassé le roi de France. Pour éviter tout débordement, le château de Versailles a été fermé au public aujourd’hui

Comme le souligne le journal La Charente Libre, l'acte VI ce mouvement des « gilets jaunes » doit se jouer aujourd'hui « entre symboles, comme Versailles, et veillées aux ronds-points, caricatures et convivialité ».

Et pourtant, le président de la République « ne réside pas à Versailles, souligne le quotidien La Presse de La Manche, mais au palais de l'Élysée, à Paris, là où est aussi le peuple. À cette nuance près qu'une part des revendications est le reproche fait au pouvoir d'être trop parisien, et insuffisamment au contact du peuple en province ». Alors ?.. Alors la « référence » à Versailles permet sans doute de « donner du relief aux accents épiques de Jean-Luc Mélenchon, explique La Presse de La Manche, même si les « Gilets jaunes » n'ont pas, jusqu'à présent, manifesté « le désir d'installer Monsieur Mélenchon à l'Élysée ».

Les « gilets jaunes » aux giratoires

Versailles et ses symboles, donc, pour certains « gilets jaunes », mais pas que. Et c’est bien-là le problème. « L'incertitude demeure sur les projets et actions que certains groupes pourraient mener, à Versailles ou ailleurs, confirme Le Courrier Picard. Des « énervés » continuent à faire planer la menace d'opérations imprévues, quand des « constructifs » appellent à manifester pacifiquement en faisant ses courses, ou que d'autres préfèrent une « trêve des confiseurs » ».

Or en France, les ronds-points ne manquent pas, qui sont autant de points de rassemblement pour ce mouvement. Comme le remarque le journal Ouest France, depuis six semaines, avec le mouvement des Gilets jaunes, « on a pris la pleine mesure de cette grande confusion. Comme si l'univers morcelé des réseaux sociaux était descendu dans le monde réel. (…)  On se parle aux ronds-points. Pour beaucoup, c'est un progrès en humanité, contre la solitude. Pour d'autres, c'est l'occasion de violer la loi (…)  impunément. Signe de régression, estime Ouest-France. Car le risque du moment, (…) c'est de généraliser la crise de confiance. Même entre Gilets jaunes, cette confiance est introuvable, dès qu'une personne se pose en représentant ».

Alors, que veulent-ils, s’agace le journal La Montagne, « à quoi et à qui (…) peut servir de couler le navire sur lequel nous nous trouvons tous ? Que les bonnes volontés se fassent désormais entendre plus fort autour de la table ! », enjoint ce quotidien du centre de la France.

L’ardoise des « gilets jaunes »

Sans omettre le coût des mesures sociales prises par le gouvernement pour répondre aux exigences des « gilets jaunes ». Mesures qui vont peser sur la dette de la France. Laquelle, déjà, explose. La dette publique de la France « frôle » désormais le seuil « symbolique » des 100 % de son produit intérieur brut, pointe Le Parisien. « Pourcentage qui classe notre pays parmi les cancres de la classe européenne », formule ce quotidien.

Ce dont s’émeut, en cette période de fêtes, le journal Le Figaro : « Jouez hautbois, résonnez musettes, et sortez les mouchoirs (…) Depuis des lustres, les gouvernements successifs jurent que la dette est sous contrôle, promettent sans ciller une baisse prochaine... En vérité, elle a bondi de 1 000 milliards d'euros au cours de la dernière décennie ! Et après l'annonce de mesures en faveur du pouvoir d'achat destinées à éteindre la colère des « gilets jaunes », son montant va croître encore plus vite », s’alarme ce quotidien conservateur. « En choisissant de verser de l'argent à crédit pour éteindre l'incendie social, le gouvernement ne fait qu'aggraver la situation », prévient Le Figaro. « Ne rêvons pas !, lance-t-il, fataliste. Le mécontentement reviendra d'une façon ou d'une autre».

La Marine prend le large

Ce qui, du reste, semble se traduire dans les sondages. Dernier en date, ce sondage Odoxa pour France Info, qui indique que le Rassemblement national, « le parti de Marine Le Pen », arriverait « largement » en tête des intentions de vote aux prochaines élections européennes, avec 24 %, soit trois points de plus qu’en septembre. La République en marche recueillerait 19 % des intentions de vote, soit 2,5 points de moins qu’il y a trois mois. Vient ensuite La France insoumise, avec 11,5%. Selon ce sondage, si une liste conduite par des « Gilets jaunes » se présentait à ces élections européennes, elle recueillerait 8 % des votes. Comme le résume France Info, « le RN en tête des intentions de vote, mais serait pénalisé par une liste « gilets jaunes » ».https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/elections-europeennes-le-rn-en-tete-des-intentions-de-vote-mais-sera...

Petit papa Noël en treillis

Des préoccupations qu’Emmanuel Macron va laisser à six mille kilomètres derrière lui, en allant à la rencontre des soldats français au Tchad. Le président « va réveillonner dès ce soir au côté du millier de Français déployés à N’Djamena », note Le Parisien, un voyage de « portée symbolique », souligne-t-il. « Deux semaines après l’attentat de Strasbourg, ce déplacement auprès des soldats (français) prend évidemment tout son sens », explique Le Parisien.

Pas un mot dans la presse sur le menu du réveillon. Mais ce qui est sûr est que ce traditionnel repas de Noël sera préparé « par le chef des cuisines de l’Elysée, Guillaume Gomez », signalent en chœur Le Parisien comme Le Figaro. On va se régaler ! Bon ap’ et bon réveillon !