Photo noir et blanc en Une de Libération, « Gisèle Halimi, la lutte continue », titre le journal. « Militante anticolonialiste, signataire du «Manifeste des 343» pour l’avortement… L’avocate restera l’une des figures françaises majeures du féminisme »

Libération retrace le parcours de celle qui fut l'amie de Simone Veil et Simone de Beauvoir. Et notamment son fait d'armes : « le procès de Bobigny, en 1972. Elle défend alors Marie-Claire, une jeune fille de 16 ans, tombée enceinte après avoir été violée, et qui a demandé à sa mère de l'aider à avorter. "Militante tenace et tacticienne", nous dit Libération. L’avocate décide alors de transformer ce procès en celui de l’interdiction d’avorter. Elle fait défiler à la barre des prestigieux témoins du monde littéraire et scientifique qui condamnent la loi existante et, coup de maître, un professeur de médecine, père de six enfants et fervent catholique, qui affirme qu’il aurait aidé la jeune Marie-Claire si elle l’avait sollicité. Verdict : la jeune fille est relaxée, l’avorteuse condamnée à un an de prison avec sursis, la mère à une amende avec sursis.L'IVG, l'Interruption volontaire de grossesse sera légalisée deux ans plus tard ».

Le Monde rend aussi hommage à Gisèle Halimi...

Le Monde qui voit en elle une « Défenseuse passionnée de la cause des femmes, et pour laquelledeux mots s'imposent d'emblée : "battante", et "insoumise". Une battante qui, à l'âge de 16 ans, refuse un mariage arrangé ». Elle obtient ensuite de faire des études de droit en France, et revient à Tunis (où elle est née) pour s'inscrire au barreau en 1949.

« La rebelle qu’elle a toujours été devient militante, nous dit Le Monde. D’abord pour l’indépendance de son pays dont, tout en étant Française, elle n’a jamais abandonné la nationalité. Puis Quand commence la guerre d’Algérie, c’est une évidence pour Gisèle Halimi de militer aux côtés de Sartre et de ceux qui signeront, en septembre 1960, le Manifeste des 121" (pour le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie) ».

Pour le journal Le Parisien, c'est « la voix des femmes » qui s'est tue...

« Elle a vécu la vie qu'elle voulait, mené les combats qu'elle voulait et, en plus, elle les a gagnés.Les mots sont d'Emmanuelle Piet, la présidente du Collectif féministe contre le viol. Et Le Parisien poursuit : « Droit à l'avortement, abolition de la peine de mort, criminalisation du viol, dépénalisation de l'homosexualité… Gisèle Halimi était de toutes ces batailles. Malgré le cœur à gauche, et malgré des engagements ayant une dimension politique forte, Gisèle Halimi n'a toutefois jamais voulu faire de carrière politique, mis à part une brève expérience de la députation au début du septennat de François Mitterrand. Elle lui préférait le combat féministe militant », raconte Le Parisien. Combat qui n'est pas terminé, estime l'ancienne ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol. « À l'heure où disparaît Gisèle Halimi, le féminisme est sous le feu des critiques dit-elle... Les excès du féminisme ont pourtant été autant de victoires pour la cause des femmes ».

Nous ouvrons à présent Le Figaro...

Le Figaro qui n'a pas trouvé d'autre place, pour rendre hommage à Gisèle Halimi, que la Nécrologie du jour, quelques lignes en toute fin de journal... Le Figaro surtout préoccupé par le Covid-19... « Le virus profite de l'été pour se propager chez les jeunes en toute discrétion, nous dit-on... Aux États-Unis, au Canada, en Espagne ou en Belgique, le constat est le même. Et la France ne fait pas exception ». Le Figaro s'inquiète : « Les grands festivals ont été annulés et les discothèques restent fermées. Mais une question se pose: cela ne peut-il pas avoir pour effet pervers de voir se multiplier les rassemblements privés en famille ou entre amis, à la faveur des retrouvailles post-confinement ? Que faire ? se demande le journal, qui rappelle que le ministre de la Santé Olivier Véran n'exclut pas de fermer les bars dans certaines régions... Comme en Mayenne, où 18% des cas positifs ont moins de 20 ans ».

Enfin, dans Aujourd'hui en France, le mystère toujours entier autour de la disparition de Tiphaine Véron

il y a tout juste deux ans. Le 29 juillet 2018, Tiphaine Véron, 36 ans, est vue pour la dernière fois à Nikko, « une citée touristique et escarpée au nord de Tokyo », au Japon, où elle était en vacances. « Déjà deux ans, titre Aujourd'hui en France, qui raconte que la famille a « remué ciel et terre, des diplomates à l'Elysée en passant par la justice française et les enquêteurs japonais, pour tenter de la retrouver. Ses frères et soeurs ont multiplié les voyages au Japon. Son frère Damien témoigne : le drame c'est que nous ne savons rien. Nous n'avons même pas la preuve que les caméras ou le bornage du téléphone de Tiphaine ont été consultés. Aucune enquête criminelle n'a été ouverte au Japon, les avocats n'ont donc pas accès au dossier » explique-t-il... « Idem en France, des enquêteurs se sont simplement rendu l'an dernier à Nikko durant deux jours pour prendre des contacts. Seul réconfort : dans ses recherches, la famille est aidée par un retraité japonais de 64 ans qui s'est pris d'affection pour elle. Ils savent que quelqu'un cherche Tiphaine, dit-il, cela les soulage peut-être un peu ».