La nouvelle étant tombée dans la soirée, c'est sur les sites internet des journaux qu’il faut aller lire. « Elle était la dernière otage française encore détenue », rappelle Le Figaro.

« Sophie Pétronin, 75 ans, a été libérée après presque quatre années de détention au Mali », poursuit l'article avant de relayer les tweets de la présidence malienne ayant annoncé la nouvelle, et ceux d'Emmanuel Macron, sa réaction. « Le président de la République a fait part de son "immense soulagement" à cette nouvelle et a remercié les autorités maliennes, tout en précisant que "le combat contre le terrorisme au Sahel se poursuit". Plus tard dans la nuit, nous apprends encore Le Figaro, après avoir parlé à l'ancienne otage au téléphone, il a annoncé qu'il accueillerait Sophie Petronin "à son retour en France ce vendredi". »

Le Monde souvent bien informé sur le Mali

Un dossier également couvert par Le Monde. « Pour les nouvelles autorités maliennes, nées il y a à peine deux mois d’un coup d’Etat en douceur, [cette libération] est un succès d’affichage sans pareil », nous dit le quotidien. Car Sophie Pétronin a été libérée en même temps que Soumaïla Cissé, l’une des principales personnalités politiques du pays, ainsi que deux Italiens, Nicola Chiacchio et le père Pier Luigi Maccalli. 

Le Monde revient également sur les coulisses des négociations avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la principale alliance djihadiste au Sahel liée à Al-Qaida.

Des négociations entamées sous la coupe de l'ancienne présidence, celle d'Ibrahim Boubacar Keita. Une cellule de crise avait été formée après l'enlèvement de Soumaila Cissé en mars dernier. C'est par ce canal que la libération de Sophie Pétronin aurait été négociée par la même occasion, détaille Le Monde.

Des «cadres du jihad» libérés dans l’échange

Le journal donne également des détails sur la contrepartie. Cette libération est intervenue après la libération de prisonniers, on le sait. Une large majorité sont « des combattants islamistes ou présentés comme tel », « des petits poissons », selon une source du quotidien. Mais il y a aussi dans l'échange des cadres du jihad.

Le Monde livre ici une série de noms, notamment celui du Mauritanien « Fawaz Ould Ahmed, alias "Ibrahim 10", un lieutenant de Mokhtar Belmokhtar arrêté en 2016, impliqué dans les attentats contre le restaurant La Terrasse à Bamako et l’Hôtel Byblos à Sévaré en 2015 […] ou bien encore Mimi Ould Baba, arrêté en janvier 2017 au Mali et considéré comme le logisticien des attentats de Ouagadougou au Burkina en janvier 2016 puis de Grand-Bassam en Côte d'Ivoire, en mars de la même année ». À cela s'ajoute, selon un négociateur cité dans l'article, des règles qui ne changent pas, à savoir des sorties de prison, oui, mais également « le versement d'une rançon ». Toutes les sources du Monde évoquent une rançon mais pas de montant.

« La frustration » de certains policiers et habitants

Le papier se fait aussi l'écho de « la frustration » des policiers qui avaient contribué à l'arrestation des prisonniers. Tout comme la frustration d'un malien du nord du pays. Il s'interroge : « Après avoir échappé à une première tentative d’enlèvement en 2012, Sophie Pétronin s’est-elle rendu compte qu’elle n’avait pas autant d’amis qu’elle le pensait à Gao ? […] Est-ce que les gens se rendent compte qu’une fois encore, avec l’argent des rançons, les djihadistes vont pouvoir s’offrir des armes et des jeunes recrues ? »

« Une amertume, conclut Le Monde, que ce malien n'est pas le seul à exprimer dans une région où les groupes djihadistes, après avoir été largement défaits, ne cessent d’élargir leur rayon d’action. »

« Arménie, la Guerre en héritage »

De son côté, Libération livre un dossier et un reportage auprès des arméniens du Haut Karabakh. Opposés à l'Azerbaïdjan, ils parlent « d'un sacrifice terrible mais indispensable ». Car, peut-on lire, « le conflit qui a repris fin septembre dans le Haut-Karabakh avec l'Azerbaidjan, [une guerre de trente ans], continue de multiplier les morts, sans entamer la détermination côté arménien, où la fatalité de cette guerre et cette idée de sacrifice sont ancrées dans la conscience collective ». Oui, poursuit l'édito, « les guerres sont rarement gratuites, elles sont pour la plupart le résultat de haines ancestrales, de conflits territoriaux ou religieux, de batailles d’egos ou d’enjeux de pouvoir. Quand il s’agit de l’Arménie, c’est un peu tout cela et plus encore », estime Libé. Il y a « le souvenir du génocide perpétré il y a près de cent ans par les Turcs, ancré dans chaque Arménien, où qu'il vive ». Voilà pourquoi Erevan « se jette à corps perdu dans cette guerre contre Bakou, pour garder sous sa tutelle (non reconnue par la communauté internationale) cette enclave du Haut-Karabakh en Azerbaïdjan, pays frère de la Turquie ». Et si l'Azerbaidjan justement, « défend son droit territorial », l'Arménie elle « défend son identité ». « C'est insoluble », conclut Libération.

Demi-finales de Roland-Garros

Des terrains plus légers tout de même pour finir. Dans L'Equipe, les terrains de tennis de Roland Garros bien sûr. « Une statue à déboulonner », affiche le quotidien sportif en Une. Celle de l'espagnol Rafael Nadal, « maitre des lieux », « l'éternel conquistador » à deux matches de décrocher à 13e titre ici à Roland Garros. L'Equipe nous présente sa demi-finale à suivre aujourd'hui contre l'argentin Diego Schwartzman qui l'avait battu à Rome il y a 3 semaines. La seule fois où l'argentin a battu Rafael Nadal en 10 rencontres. Celui surtout qui cherche à déboulonner sa statue, c'est évidemment Novak Djokovic qui sera opposé dans l'autre demi au grec Tsitsipas. Et si l'édito de L'Equipe estime que ce Roland Garros automnal, repoussé en raison du covid ne faisait pas rêver, il reconnait tout de même que ces phases finales sont « alléchantes ». C'est déjà ça...