C’est ce que constate notamment Le Figaro : « Les Allemands lui en ont été reconnaissants jusqu’au bout de son quatrième mandat, en la portant au zénith. Malgré les crises à répétition auxquelles elle a été confrontée, le règne d’Angela Merkel s’est accompagné en Allemagne de seize ans de stabilité et de prévisibilité. Dimanche soir, l’ère Merkel s’est achevée dans l’incertitude. Les Allemands ont voté, mais à l’heure des résultats ils ne savaient toujours pas lequel des deux - entre le conservateur Armin Laschet et le social-démocrate Olaf Scholz - serait le prochain chancelier, ni quelle coalition dirigerait l’Allemagne. »
Des pivots courtisés
Finalement, remarquent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « c’est une forme d’hommage à Merkel, peut-être pas le dernier. Au moment de se séparer de Mutti, les Allemands ont choisi de ne lui préférer personne. Pas de leader pressenti pour être à coup sûr la future chancelière. Le cœur des électeurs, au bout de seize ans de sérénité, si ce n’est de bonheur, balance prudemment entre les prétendants. »

Alors, « commence pour l’Allemagne ce qui ressemble à un moment de vérité, pointe encore le quotidien alsacien : l’apprentissage en temps réel de ses fragilités, voire de ce qui pourrait s’apparenter à une instabilité politique. Ainsi en va-t-il dans la mécanique institutionnelle à l’allemande : les orientations du pays sont entre les mains de deux partis arrivés derrière les grands rivaux historiques. Les Verts et les Libéraux deviennent les pivots courtisés d’une coalition de gouvernement. Ils le savent et, chose impensable ailleurs, ils négocient entre eux pour déterminer qui, à leurs yeux, serait de bon ton à la tête de la fédération. »
Fracture générationnelle
En effet, s’exclame Libération : « les libéraux et les Verts faiseurs de chancelier ! (…) Au moins, une chose est pratiquement sûre dans ces folles élections allemandes : les écologistes et les libéraux du FDP participeront au gouvernement. Et au final, ce sont eux, les partenaires juniors, qui dicteront leurs conditions et choisiront le chancelier le plus apte, selon eux, à gouverner l’Allemagne de l’après-Merkel. Les candidats du SPD et de la CDU ayant réclamé – sans majorité – la chancellerie, la situation de quasi-égalité à la sortie des urnes offre aux "petits" partis le rôle de faiseurs de roi. »

Et c’est plutôt logique, pointe La Charente Libre : « l’effondrement de la CDU profite principalement aux Verts via un vote jeune dénonçant les retards allemands sur le climat, le numérique et les infrastructures. Au moment de se lancer dans les négociations gouvernementales les plus ouvertes de leur histoire, les dirigeants des deux grands partis qui ont survécu à la Guerre froide, la chute du mur de Berlin et la réunification, seraient bien avisés de se pencher sur cette fracture générationnelle qui questionne la légendaire stabilité politique allemande et leur propre survie. »
L’Europe devra patienter
En tout cas, « l’Europe attendra », soupire La Croix. « La patience des Européens va être mise à rude épreuve. Les partenaires de l’Allemagne, et en premier lieu la France, se rassureront en constatant que dimanche, les quatre formations susceptibles de participer au gouvernement ont en commun d’être favorables à la poursuite de l’intégration européenne. Reste qu’entre les incertitudes allemandes et les échéances françaises de l’an prochain, le couple moteur de l’Europe se trouvera probablement au point mort jusqu’au printemps prochain. »
Mélanie Vogel : nouvelle sénatrice des Français de l’étranger
Enfin, à lire dans Libération le portrait de Mélanie Vogel, élue dimanche pour représenter les Français de l’étranger au Sénat. 

« La nouvelle élue écologiste qui espère bousculer le Sénat », s’exclame Libération. « La toute nouvelle sénatrice, âgée de 36 ans, se définit comme "écologiste, féministe, antiraciste et lesbienne". Elle est en couple avec l’eurodéputée allemande Terry Reintke. Un positionnement loin d’être anodin, relève Libération, tant le Sénat est régulièrement dépeint comme une institution poussiéreuse. "Mon élection envoie un message fort aux personnes qui ne se sentent pas représentées au Sénat et qui ont l’impression que c’est inaccessible", raconte l’élue, originaire de Marseille. (…) Mélanie Vogel a passé une grande partie de sa vie à l’extérieur des frontières nationales, précise encore Libération. Une fois diplômée de Sciences-Po Toulouse, la jeune femme s’est envolée pour le Chili, pour travailler auprès d’Amnesty International. Elle a aussi vécu au Canada. Elle est actuellement à la direction du parti Vert européen. »