La pandémie de coronavirus aura été à ces élections ce que le fer rougi au feu est au cuir de l’animal qui se débat : elle aura marqué à jamais l’intrigue électorale qui va se dénouer ce soir en France.

« C’est l’éléphant du second tour, formule Marianne. Tout le monde le voit, mais personne n’en parle. Jamais pourtant les maires, élus préférés des Français, n’auront été choisis dans de telles circonstances », remarque cet hebdomadaire.

« Ce soir, une page sera tournée, prévient Le Parisien Dimanche, et les têtes seront déjà à 2022 ». Comme parfois les trains au passage à niveau « cette élection pas comme les autres en cache une autre… », souligne ce journal.

Dans les kiosques, la semaine a été marquée par des affaires de justice avec, entre autres, les révélations sur les écoutes ordonnées par le Parquet national financier dans l’affaire Nicolas Sarkozy, alias Paul Bismuth :

Il a soulevé une vague d’indignation dans les prétoires, l’hebdomadaire Le Point, quand il a révélé dans cette « nouvelle affaire des écoutes », que des avocats avaient été « espionnés » par le Parquet national financier, et que leurs téléphones avaient été « géolocalisés » pour tenter – en vain – de débusquer une « taupe » au sein de cette juridiction. « Comment des magistrats, pour se payer Sarkozy, ont piétiné l’État de droit ? », formule Le Point.

Dans Le Journal du Dimanche, ce dimanche matin, Éric Ciotti qualifie cette affaire de « Watergate à la française », et ce député Les Républicains annonce son intention de déposer dès lundi une « proposition de loi pour supprimer le PNF » qui n’est, selon lui, que le « parquet des affaires politiques ». Pour Éric Ciotti, « ce qu'ont subi François Fillon et Nicolas Sarkozy n'est pas conforme à l'idée (qu’il se fait) d'une justice équitable » et, selon lui, le « destin politique » de la France en a été « modifié ».

François Fillon, justement. Devant une Commission d’enquête parlementaire, la désormais ancienne procureure du Parquet national financier Éliane Houlette a confessé les « pressions » de sa hiérarchie dans l’instruction de l’affaire Fillon durant la campagne électorale de 2017.

Un scandale qui indigne le très à droite hebdomadaire Valeurs Actuelles. « La présidentielle a été, selon toute vraisemblance, prise en otage », fulmine ce magazine, alors que demain lundi, est attendu le verdict du procès Fillon.

Étant rappelé que le Parquet national financier a notamment requis contre les époux Fillon une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont deux ferme pour François Fillon, et trois ans avec sursis pour son épouse Pénélope, Valeurs Actuelles signale que les enfants Fillon sentent leur mère « morte de trouille ».

Dans cet hebdomadaire, Maître Antonin Lévy, avocat de François Fillon demande la « réouverture des débats ».

Mais l’intérêt de Valeurs Actuelles pour cette affaire est d’autant plus vif que le directeur adjoint de sa rédaction Tugdual Denis vient d’écrire un livre intitulé La Vérité sur le mystère Fillon (Plon), et dans lequel il rapporte un souvenir de François Fillon qui remonte à la campagne électorale de 2017 : « Quand je découvre (…) que le Parquet national financier ouvre une enquête, c’est là que je réalise le blast, confesse-t-il. Je me souviens notamment de mon retour (de Bordeaux) en avion. Si j’avais pu ouvrir la porte pendant le vol, je me serais jeté dans le vide. »

Musique avec une première historique, la sortie d’un album signé par un prix Nobel de littérature ! Intitulé Rough and Rowdy Ways, c’est le dernier disque du chanteur américain Bob Dylan.

Du jamais vu, en effet. Et le magazine Les Inrockuptibles encense ce premier « grand disque » publié par le prix Nobel de littérature 2016, dans lequel Dylan « repense les plaies de l’Amérique de manière magistrale ».

« Du massacre des Amérindiens (…), au complexe militaro-industriel (…) ; de la menace nucléaire (…) à l’impossibilité de dépasser les plaies béantes de l’esclavage et ses conséquences sur le déchirement perpétuel d’une nation (…), l’œuvre du kid de Duluth n’est pas seulement traversée par l’histoire des États-Unis, elle est l’histoire populaire des États-Unis, explique Les Inroks. Avec ses mythes, sa violence et toute sa roublardise. Mais, (…) le vrai roublard, c’est lui  », énonce ce journal. Bob Dylan roublard ? On se pince. C’est pourtant l’avis des Inrockuptibles.

La littérature, restons-y, avec la fusion de deux magazines pour tenter de faire face à la crise :

Il s’appelait auparavant Le Magazine Littéraire. Depuis trois ans, il était devenu Le Nouveau Magazine Littéraire. Mais son lifting n’y aura rien changé. En kiosque depuis trois jours, ce fleuron de la presse française et un autre magazine, Lire, ne font désormais plus qu’un. Il y a un mois, le second a racheté le premier. Le résultat s’appelle désormais Lire Magazine littéraire. Lequel veut croire que « l'union fait la force ».

Justement. Pour galvaniser ses équipes et rassurer ses lecteurs, Lire Magazine littéraire ne manque pas de rendre hommage, via un dossier qui lui est consacré, à l’écrivain français Alexandre Dumas, pour se réclamer de la formule rituelle des Trois mousquetaires : « Un pour tous, tous pour un », alors que la profession, vivement secouée par deux mois de confinement, s’apprête à traverser une incontournable crise à venir. Le monde d’après, nous dit-on… Longue vie à Lire Magazine littéraire. Et vive la lecture !..