Une présidentielle inédite en Biélorussie

L'élection se tiendra demain, dimanche 9 août. Pour le journal Le Monde, il est clair que le président, Alexandre Loukachenko, devrait remporter le scrutin mais « la vigueur de l'opposition a montré ses failles » peut-on lire. Le Monde y voit « l'usure d'un régime autoritaire ». 

« Loukachenko défié par le réveil de l'opposition » titre ici Le Figaro, quand Libération affiche pour sa part « Les trois flammes de la démocratie » pour présenter celles qui font bouger les lignes.« Il y a d'abord, toujours au centre, nous dit Libération, Svetlana Tsikhanovskaïa, la candidate officielle ». « Jeune mère au foyer, ancienne traductrice et femme d’un blogueur très populaire dont la campagne présidentielle s’est achevée avec son arrestation, en mai ». « Elle a alors, poursuit Libération, mis leurs deux enfants à l’abri et repris le flambeau ».

A ses côtés, il y a également Veronika Tsapkala, que le quotidien présente comme une cadre chez Microsoft, dont le mari, longtemps proche du président s’est porté candidat, avant d’être contraint à l’exil. Et puis il y a enfin Maria Kolesnikova: « la plus libérale, proeuropéenne et féministe du trio » écrit Libération. Et la plus expérimentée aussi, car elle a dirigé la campagne d'un célèbre banquier emprisonné au mois de juin.

Un trio de femmes, face à un président au pouvoir depuis vingt-six ans.

Depuis 1994, le président a été élu à chaque fois « à l’issue de scrutins frauduleux avec des scores à la soviétique » explique Libération. Et ses récentes accusations selon lesquelles le grand frère russe serait intervenu pour déstabiliser cette présidentielle via la compagnie Wagner semblent ne tromper personne. Le Monde explique qu'entre Moscou et Minsk, il s'agit d'une « relation complexe d'intérêts mutuels », et que Vladimir Poutine souhaite le maintien au pouvoir d'Alexandre Loukachenko. Le président biélorusse, « soupconné de vouloir regonfler sa popularité en cherchant un ennemi pour se montrer en père de la nation ».

Dans les colonnes du Figaro, Anna Colin Lebedev, spécialiste des pays post-soviétiques, rappelle d'ailleurs que « souffler le chaud et le froid avec Moscou est une stratégie permanente pour Minsk ». Dans ce contexte, Le Monde estime qu'un seul doute réside autour de cette présidentielle : savoir si Alexandre Loukachenko s'octroiera « comme de coutume » 80% des suffrages ou s'il sera cette-fois « plus modeste ». En tout cas, prévient encore l'article, « à ceux qui oseraient remettre en cause son sixième triomphe et imagineraient un grand soir biélorusse, l'autocrate a déjà fait sentir l'odeur de la poudre ». Il a notamment évoqué l'exemple de la répréssion ouzbek qui avait fait des centaines de morts en 2005 rappelle Le Monde. Et depuis le début de cette campagne biélorusse, au printemps, « plus de 1300 personnes ont déjà été arrêtées ».

Les journaux français reviennent également sur la situation au Liban

En Une, Le Monde rappelle la visite jeudi d'Emmanuel Macron, le président français qui apelle les Libanais à forger un nouveau pacte politique ainsi qu'à lutter contre la corruption. Et Libération d'apporter la réponse. « Après les critiques, la réplique », écrit le quotidien. « Assaillis pour leur responsabilité dans la double explosion dévastatrice qui a fait au moins 153 morts mardi sur le port de Beyrouth, les principaux dirigeants libanais ont tenté hier de reprendre la main pour se défendre, jusqu'à brouiller les pistes .»  Libération voit un « président Michel Aoun soucieux de réaffirmer la souveraineté de son pays » : « Si les Libanais ne se gouvernent pas eux-mêmes, personne d'autre ne pourra le faire » a-t-il notamment déclaré dans une allocution officielle. Au cours d'une discussion informelle avec des journalistes, rapportée par Libération, Michel a même évoqué la possibilité d'une attaque extérieure et réclamé à Paris des images de satellites de la scène de l'explosion.

Autre actualité dans la presse française : « Salzbourg redonne de l'espoir à la culture ».

« Le festival de Salzbourg brave l'épidémie pour célébrer son centenaire » afficheLe Figaro en Une. « Rare rescapée de l'été, montée en deux mois seulement », il s'agit de la plus grande manifestation de musique classique et de théâtre au monde, rappelle le quotidien. Débutée le 1er août, elle se déroule en Autriche jusqu'à la fin du mois, mais avec « moins de spectacle, une jauge réduite, et des règles sanitaires strictes, la rigueur de son protocole pourrait servir d'exemple », écrit Le Figaro. Dans ses colonnes, le directeur du festival, Markus Hinterhäuser explique d'ailleurs que cette édition se veut surtout comme « un signal adressé au monde de la culture ».

En Football, « Bienvenue au sommet »

« Bienvenue au sommet », c'est la Une de L'Équipe ce matin.  « Lyon s'invite à la table des grands », titre de son côté Le Parisien Aujourd'hui En France. Les deux journaux parlent d'un « exploit », car l'Olympique Lyonnais est le premier club français à élimier la Juventus Turin en Ligue des Champions. Malgré sa défaite hier soir 2-1 sur la pelouse de la Juve, la victoire 1 à 0 à l'aller suffit à se qualifier. L'OL rejoint ainsi le PSG et participera au « Final 8 » de Lisbonne en affrontant Manchester city samedi prochain. L'Équipe qui résume bien la joie lyonnaise : « Il a fallu résister à beaucoup de choses, le crépuscule d'ogre de Ronaldo, un avenir européen bouché, cinq mois traversés d'un seul match de compétition avant de s'avancer vers le bonheur ».