« Tenter de fixer un cap malgré les incertitudes. L’exercice annuel de définition d’une trajectoire budgétaire vire cette année au casse-tête pour Bercy, s’exclame Le Monde, alors que la crise sanitaire liée au Covid-19 semble reprendre de la vigueur. Le projet de loi de finances pour l’année prochaine, qui comprendra le plan de relance de 100 milliards annoncé le 3 septembre, ce projet a été envoyé pour avis, hier, au Haut Conseil des finances publiques, avant une présentation du texte le 28 septembre en conseil des ministres. »

Alors, précise Le Monde, « le gouvernement prévoit une récession de 10 % en France pour cette année 2020. » Mais, « même si la relance économique reste entourée de nombreux aléas, l’exécutif mise sur un rebond de 8 % l’année prochain, grâce notamment au plan de relance. »

Reste qu’il faudra surveiller « les faillites comme le lait sur le feu », s’exclament pour leur part Les Echos. « Dans l’incertitude sanitaire et économique, les entreprises sont nombreuses à être menacées de faillite. C’est l’indicateur à suivre dans les mois à venir – et un défi pour les pouvoirs publics. »

Le Parisien parle, lui, d’« optimisme mesuré » : avec comme « objectif, l’effacement de l’impact économique de la crise en 2022. (…) D’ici là, il va falloir serrer les dents, pointe le journal. Alors que les plans sociaux s’annoncent déjà massifs. »

Bridgestone : une usine « sacrifiée »

Dernier exemple en date : l’usine Bridgestone de Béthune a annoncé mercredi 863 licenciements.

«  Sacrifiés », fulmine La Voix du Nord en première page. « Bridgestone lâche Béthune et près de 900 salariés. Le manufacturier japonais a annoncé la fermeture de sa seule usine française implantée depuis 1961. Le choc est terrible. »

« Béthune pourrait bien devenir un nouveau nom symbolique des difficultés industrielles de la France », commente Le Figaro. « Avec la crise sanitaire et économique liée au Covid-19, le gouvernement savait que des annonces pénibles allaient survenir. La litanie des fermetures de sites et des plans sociaux va d’ailleurs sans doute se poursuivre. L’annonce de Bridgestone tombe mal pour l’exécutif qui souhaitait mettre en avant le renouveau industriel de la France. Immédiatement, Élisabeth Borne, la ministre du Travail, Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée chargée de l'Industrie, et Xavier Bertrand, le président du conseil régional des Hauts-de-France, ont publié un communiqué commun soulignant leur "désaccord total face à cette annonce". À l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a même dénoncé "une trahison de la confiance" placée dans Bridgestone, qui doit "assumer ses responsabilités plutôt que de chercher des prétextes". »

« Au compte-gouttes, hier, les salariés quittaient l’usine, visages fermés, relate Libération. "On est écœurés, dégoûtés. C’est un sacré coup de massue. Vingt ans d’usine pour être remercié comme ça", grince Nicolas, 40 ans : jeté comme une merde, un chiffon. »

Tests Covid : la facture est salée !

À la Une également, le très cher dépistage du Covid…

Le Parisien a fait les calculs… « Avec 1,19 million de tests réalisés dans la semaine du 7 septembre, la France, devenue troisième pays testeur au monde, a dépensé 88 millions d’euros pour détecter les cas contaminés. Depuis le début de la pandémie, plus de douze millions de contrôles ont été réalisés, portant la facture globale à près de 917 millions d’euros. Facture prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie. À ce rythme, 30 millions de tests auront été réalisés à la fin de l’année et plus de 2,2 milliards d’euros dépensés. (…) Le problème, là, souligne Le Parisien, c’est que c’est open bar : la dépense n’est pas optimisée, c’est de la gabegie, il faut prioriser les tests. (…) Face au volume exceptionnel de tests Covid pratiqués aujourd’hui, et à la facture qui va donc en découler pour l’Assurance maladie, le gouvernement réfléchirait, croit savoir Le Parisien, à réduire le montant remboursé aux laboratoires. Une rumeur que n’a pas confirmée le ministère de la Santé. »

Enfin à lire dans Libération, ce reportage sur l’université de Bamako au Mali.

« À Bamako, la fac miroir d’un pays qui craque », titre Libération. « La hausse du taux de scolarisation et la flambée démographique ont fait exploser, au tournant des années 2000, le nombre des inscriptions dans l’enseignement supérieur. L’université de Bamako, parent pauvre d’un État déjà pauvre, n’a pas supporté le choc, constate l’envoyé spécial du journal. Aujourd’hui, les vieilles facultés de la colline de Badalabougou, décrépies et gangrenées par la corruption, sont saturées. Près de 85 000 étudiants – soit dix fois plus qu’il y a vingt ans. »

Résultat, pointe Libération, « les étudiants n’ont cours que trois jours par semaine, par rotation. Même comme cela, l’espace manque. Il faut donc étirer le temps scolaire : au Mali, un semestre dure souvent un an, et non six mois comme ailleurs dans le monde. »

Commentaire d’un étudiant : « "On se débat comme des mouches dans cette université mais pour faire quoi ? Les diplômes maliens ne nous donnent pas de travail, on le sait. On va sortir d’ici et on ira tous boire le thé sous un manguier ? C’est pour ça, conclut-il, que certains abandonnent pour émigrer". »