« L’Afrique du Sud impose sa loi à la planète rugby », lance avec un sportif respect « la Une » du journal Le Parisien Dimanche, après la victoire des Springboks face à l’Angleterre en finale de la Coupe du monde de rugby au Japon.

« Une nation, un destin », enchérit son confrèreL’Équipe, sur une photo au centre de laquelle le capitaine des Springboks, entouré de ses équipiers en liesse, soulève le trophée en triomphe. Siya Kolisi porte l’image d’une Afrique du Sud qui « veut croire en son avenir ».

Le cheminot-démineur

En France, le nouveau patron de la SNCF dit vouloir renouer le dialogue avec les syndicats. Dans une interview au Journal du Dimanche, son premier entretien avec la presse après sa prise de fonctions, Jean-Pierre Farandou s’adresse avant tout aux cheminots et déclare vouloir « renouer le fil » avec, soulignant sa volonté de « paix sociale » et annonçant des rencontres « au plus vite » avec les quatre principaux syndicats de la société nationale des chemins de fer, étant rappelé le mouvement social annoncé pour le 5 décembre prochain par plusieurs syndicats de la SNCF. Cette grève; qui « s’annonce massive », prévient le journal Le Parisien Dimanche, constituera le « premier vrai test social » pour Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat. Face aux tensions sociales, le gouvernement est pris de « sueurs froides », signale Le Parisien Dimanche.

Macron-Le Pen, on refait le match

Ce climat social tisse en tout cas la toile de fond de ce qu’il faut bien appeler désormais la « bipolarisation » de la vie politique française, souligne Le Journal du Dimanche. Lequel hebdomadaire publie un sondage Ifop indiquant que, si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, Marine Le Pen recueillerait 28 % des intentions de vote au premier tour et Emmanuel Macron 27 ou 28 %, selon les autres candidatures testées par l’Ifop. Lesquelles candidatures potentielles arrivent loin derrière. Jean-Luc Mélenchon arrive ainsi en troisième position, avec 11 % des intentions de vote.

En cas de deuxième tour opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen, le président de la République recueillerait 55 % des intentions de vote, contre 45 % à la présidente du rassemblement national. C’est deux points de moins pour Macron depuis mai dernier.

La guerre civile n’aura pas lieu

Cela s’est passé lundi dernier, à Bayonne, dans le sud de la France : un ancien militaire et candidat du Rassemblement national aux élections cantonales de 2015 a ouvert le feu devant une mosquée, blessant deux personnes. Acte isolé ou attentat ? Toute la semaine, les commentateurs se sont déchirés sur la question. Pour expliquer le passage à l’acte de cet octogénaire, l’hebdomadaire L’Obs dénonce « la France catholaïque », c'est-à-dire la convergence des catholiques et des laïcs, qui débouche sur un « nouveau syncrétisme » dont ce journal se demande s’il peut se résumer à un slogan : « calotins et républicains même combat » ?

Et L’Obs souligne la difficulté dans laquelle se trouve plongé aujourd’hui le président Macron sur cette question. « Sommé de prendre partie, il entend agir (…) sans céder à l’hystérie. Cette rationalité technocratique est-elle de nature à calmer les passions ? », se demande ce magazine. Lequel comprend que le président temporise, « pour mieux jouer les arbitres, à froid. En attendant, admet toutefois L’Obs, le stade est en furie ».

Justement, L’hebdomadaire Marianne s’en alarme. « Ce qui s’est passé à Bayonne est un attentat motivé par une haine envers les musulmans. Pour la première fois sur notre sol, des musulmans sont blessés par balles parce qu’ils sont musulmans », bûcheronne-t-il, car ce passage à l’acte constitue un « terrible précédent » qui traduit un « inquiétant climat de guerre civile ». Or, s’indigne Marianne, les Français n’ont droit de la part de ce qui sont au pouvoir qu’à un « silence gêné » et quelques « mots creux ». Alors ? Alors, Marianne prévient. « Si cet épisode ne permet pas de mettre en œuvre une politique d’intégration »et de « retour des valeurs non négociable qui sont les nôtres, alors nous aurons franchi un pas vers la guerre civile ».

Kill Baghdadi

Les magazines, cette semaine, se sont aussi naturellement penchés sur l’assaut de l’armée américaine contre le chef de l'organisation État islamique Abou Bakr al-Baghdadi. Cela pour tenter d’en livrer les secrets. C’est notamment le cas de l’hebdomadaire Le Point. Lequel souligne que l’opération a été délibérément placée « sous le signe de la vengeance d’État », en étant intitulée Kayla Mueller, du nom d’une humanitaire américaine enlevée en Syrie en 2013 et remise à Abou Bakr al-Baghdadi, qui l’aurait traitée « abominablement ».

La traque d’Abou Bakr al-Baghdadi aura donc été difficile. « Errant d’une planque à l’autre, le chef de Daech appliquait à la lettre les principes de base de la discrétion moderne : pas de téléphone portable sur lui ni sur ses accompagnateurs, pas de liaison Internet, des déplacements fréquents d’une cachette à l’autre avec un équipage réduit au maximum », explique Le Point.

Une fois l’opération terminée, Donald Trump a choisi « d’humilier et de railler l’ennemi pulvérisé avec trois de ses enfants par la veste dont il avait lui-même commandé l’explosion », rappelle Le Point.

Le président américain a également dit que le chef terroriste serait mort « comme un chien », mais aussi « comme un lâche ». Une déclaration évidemment à l’attention des djihadistes. Mais a-t-elle atteint sa cible ? À en croire Wassim Nasr, cité par Le Point, rien n’est moins sûr, car Abou Bakr al-Baghdadi « a fait ce qu’il fallait faire pour son public, souligne notre confrère de France 24. Dans leur champ sémantique, il est mort les armes à la main, il ne s’est pas livré. Et cela colle tout à fait au “pedigree” djihadiste », signale Wassim Nasr au Point.

Poutine, l’Africain

La presse magazine revient aussi cette semaine sur le récent sommet Russie-Afrique à Sotchi. Pour se préoccuper de la montée en puissance de la Russie en Afrique, ou pour la relativiser. Selon Marianne, les Russes ont beaucoup à proposer à l’Afrique: « Moscou se repositionne comme puissance militaire, offrant des options aux pays souhaitant se dégager d’une relation longtemps privilégiée avec la France où les États-Unis », souligne cet hebdomadaire.

En réalité, pense L’Express, « Poutine se borne à afficher son ambition, à la signaler au monde entier et à créer une sorte de rendez-vous de chefs d’État susceptible d’étendre le champ des opportunités ». Car, remarque cet hebdomadaire, « Moscou n’a tiré aucun bénéfice réel des différents conflits internes qui agitent le continent noir - ni au Soudan, ni en République centrafricaine, ni au Nigeria, ni en Afrique du Sud […], ni même en Algérie. Poutine est bien vu de certains dirigeants africains, mais il est encore loin d’être l’ami de l’Afrique », veut croire L’Express.