« La colère risque de faire tache d’huile, s’exclame Libération. Le groupe pétrolier français Total avait connaissance des conséquences néfastes de ses activités pour le climat dès 1971 mais il a entretenu le doute à la fin des années 80 et cherché ensuite à contrecarrer les efforts pour limiter le recours à ces énergies fossiles. »

C’est ce qui ressort d’un article scientifique paru hier dans la revue Global Environmental Change. « Une surprise ? », s’interroge Libération. « Pas tant que cela. 'Je ne vois pas pourquoi l’industrie pétrolière française aurait été plus vertueuse que les compagnies américaines, anglaises ou néerlandaises déjà épinglées pour tromperie et manipulation', lance le climatologue Christophe Cassou, auteur principal du sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dont le premier volet a été publié en août. Pour le scientifique, interrogé par Libération, l’urgence, désormais, est de 'baisser de manière immédiate, forte, soutenue et à grande échelle les émissions mondiales de GES'. Or aujourd’hui, les émissions liées aux énergies fossiles 'ne baissent pas et les prévisions pour les dix prochaines années suggèrent même une augmentation', remarque-t-il. Et de faire référence à la publication, hier, du Production Gap Report 2021, selon lequel dans les dix années à venir, l’humanité va extraire deux fois trop de pétrole, de gaz et de charbon par rapport aux quantités limites pour maintenir la hausse du réchauffement climatique sous les 1,5°C. »
Négationnisme climatique
« Les révélations d’hier sur les (non)agissements de Total ne sont pas une surprise, renchérit La Charente Libre. D’autres pollueurs mondiaux avaient déjà été pris la main dans le sac à négationnisme climatique. »

Alors attention, prévient le quotidien charentais, « à force de mettre la tête dans le sable, on finit par s’étouffer. Avec un cynisme majeur : ce ne sont pas les autruches qui ne respirent plus mais leurs clients, accusés en prime de trop consommer ce qui leur a été imposé. Et à qui on demande de changer leurs habitudes ou d’en payer le prix fort. »

En fait, relèvent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, c’est là toute la stratégie des multinationales : « elles ont le même réflexe face au déni : la diversion puis l’obstruction. Elles ont dépensé des millions de dollars en influence et en études scientifiques pour démontrer que la cigarette, le sucre ou le glyphosate ne sont pas nocifs pour la santé. Le lobby agricole lutte aujourd’hui contre les exigences environnementales de la future Politique agricole commune. Hier, c’est le groupe Lactalis qui obtenait l’annulation de l’étiquetage obligatoire de l’origine géographique du lait. Demain, les géants de l’agroalimentaire attaqueront le Nutri-score et les applications qui traquent la malbouffe. La guerre contre la transparence se fait désormais au grand jour. »

Le Covid n’a pas dit son dernier mot…
À la Une encore et toujours : le Covid, attention au relâchement…
« Vers une nouvelle vague ? », s’interroge La Dépêche en première page. « Alors que l’épidémie bat à nouveau des records de mortalité en Ukraine ou en Russie, que la Lettonie reconfine et la Grande-Bretagne fait face à un nouveau variant, les cas de Covid repartent à la hausse en France ces derniers jours. »

Pour autant, « l’institut Pasteur affiche un 'optimisme prudent', note La Dépêche. Si les mesures et comportements actuels sont maintenus, il ne s’attend pas à une 'reprise importante de l’épidémie', même lorsqu’on prend en compte le refroidissement des températures. »
Célébrer Brassens
Enfin, « 100 ans, nom d’une pipe ! », s’exclame Le Midi Libre en première page. On célèbre demain, 22 octobre, le centenaire de la naissance de Georges Brassens. Le quotidien a donc pris un peu d’avance. Et pour cause, note le journal, Sète, sa ville natale, célèbre le chanteur moustachu depuis juin, et ce jusqu’en décembre. Point d’orgue cette semaine. Avec notamment le spectacle Brassens a 100 ans, du comédien François Morel qui vient aussi de sortir un disque Brassens dans le texte : « avec Brassens, c’est une vieille histoire, explique-t-il. Ça doit faire une cinquantaine d’années que je l’écoute. Il ne parlait jamais par généralités. Il ne disait jamais des choses définitives. Il regardait les gens avec attention, et c’est ce qui me touche en lui. Sans parler du fait que c’est un humoriste formidable. C’est un compagnon de route pour… toute une vie, en somme ! »