«Gilets jaunes», demi-finales de la Coupe d’Afrique des nations, plus défilé sur les Champs-Élysées, à Paris, et les feux artifice… la fête nationale, cette année, sera, en effet, particulièrement surveillée.

Selon Le Parisien dimanche, pourtant, un  simple « « renfort à la marge » est prévu du côté des forces de l’ordre par rapport aux 14 juillet des années précédentes ». Toutefois, « le gros » desdites forces sera « surtout » mobilisé en soirée, complète ce journal. « La fin de la rencontre de l’Algérie sera (pour elles) un moment sensible », pointe Le Parisien dimanche, car « en même temps, un concert et un feu d’artifice devraient attirer plusieurs dizaines de milliers de personnes au Champs-de-Mars », sous la Tour Eiffel, donc.

Rugy à la tribune

Mais ce matin, donc, ce sera le défilé militaire. Avec, à la tribune officielle, aux côtés du président Emmanuel Macron et du Premier ministre Edouard Philippe, François de Rugy. Selon Le Parisien dimanche, toujours, le ministre de la Transition écologique et solidaire « assistera bien au défilé du 14 Juillet sur les Champs-Élysées ». A Matignon, siège de la « primature » française, on affirme à ce journal qu’il n’est « pas question de hurler avec les loups (…) Des inspections sont lancées. Qu’elles aillent jusqu’au bout. Elles seront vraisemblablement terminées avant le week-end prochain », en référence, bien sûr, aux révélations de Mediapart sur les « frais de bouche somptuaires – homards et grands crus – lorsque François de Rugy était président de l’Assemblée nationale ».

De son côté, Le Journal du Dimanche, auquel François de Rugy s’est confié, confirme la présence du ministre à la tribune présidentielle. Il s’y tiendra « très droit et très raide », prédit Le JDD.

Une tribune pour Rugy

Dans cette tempête, on l’a vu hier, François de Rugy, c’est le moins que l’on puisse dire, a reçu bien peu de soutiens. Dans la majorité, « certains, hier, étaient pourtant prêts à publier une tribune en soutien, appelant à se défier des « insinuations et soupçons » contraires à une « certaine conception de la démocratie » », révèle encore Le Parisien dimanche, mais François de Rugy aurait « dissuadé » ces élus de le faire.

Dans les kiosques, presse dominicale mise à part, donc, seul l’hebdomadaire Marianne a eu le temps d’évoquer l’affaire François de Rugy. Quand Mediapart a publié les photos des homards et des grands crus servis à la table de l’alors président de l’Assemblée nationale, ce journal s’est aussitôt demandé quels étaient ses invités.

« Des «gilets jaunes», peut-être, où des syndicalistes ? Non, plutôt des personnalités triées sur le volet social, toutes dotées du même profil, dignes représentants de cette caste que l’on retrouve ensuite sur les plateaux télé pour faire la leçon au bon peuple, à l’image de l’éditorialiste Jean-Michel Apathie, qui reconnaît avoir été invité, et le regrette, mais c’est un peu tard », estime Marianne.

Gourous à gogo

Ce sont les nouveaux gourous du retour en arrière, qui tournent le dos à la science. Et qui sont de plus en plus écoutés. C’est « le temps des faux prophètes », souligne L’Obs. Lequel hebdomadaire n’a pas oublié ses classiques, à commencer par Tintin. « Une « étoile mystérieuse » se rapproche de la Terre. Déjà, la température grimpe. L’asphalte fond sous les pieds de Tintin, qui transpire à grosse gouttes. Il croise Philippulus, « faux prophète » barbichu frappant sur son gong : « C’est le châtiment ! Faites pénitence ! La fin des temps est venue ! ». Mais Tintin n’est pas dupe : « Voyons, monsieur le prophète, passez votre chemin… » Anathème de l’oracle : « Il ose s’opposer à Philippulus le prophète. C’est un envoyé du diable ! » En ces temps de réchauffement climatique avéré et de canicule constatée, les Philippulus sont légion, hélas, soupire L’Obs. Battant tambour, ils ameutent la population (…) ils nous prédisent rien de moins que la fin du monde ».

Justement. C’est à se demander si deux magazines, cette semaine, ne se sont pas donné le mot. Car L’Express consacre sa Une aux antivaccins, antidarwinistes, climatosceptiques et autres collapsologues que cet hebdomadaire appelle « Les nouveaux obscurantistes ».

A commencer par les collapsologues. Qu’est-ce que la « collapsologie » ? Ce néologisme est tiré du latin collaps – « qui s’effondre en un seul bloc » - et du grec logos, la parole. Résultat, la collapsologie « qui se veut étude transdisciplinaire, prétendant relier démographie, biologie, climatologie, économie, sciences morales et politiques, est née. Le concept devient vite populaire », relève L’Express, « dans notre XXIe siècle suffocant, les prophètes de l’effondrement crèvent les écrans ! ».

Gogos pour gourous

Et notamment le plus célèbre d’entre eux, Pablo Servigne. C’est dans la Drôme, où il vit en famille dans un « habitat léger », comme les « baba cool des années 1970 », que L’Express l’a rencontré. « On n’est plus dans le temps des réformes, mais dans celui des ruptures violentes au sein de sociétés complexes, dit-il à ce magazine. Ces ruptures peuvent toucher l’ordre social, ou l’écosystème. Des effondrements sont en cours, d’autres sont à venir ».

En prévision de ces cataclysmes par eux à nous promis, le collapsologues «  préparent l’humanité telle qu’elle est au monde de l’après-effondrement ».

Toutefois, admet Pablo Servigne, « personne n’est sûr que cela va arriver ou que cela ne va pas arriver ». Raison pour laquelle ce nouveau gourou tant écouté préfère, tels Blaise Pascal pariant sur l’existence de Dieu, « faire le pari (…) de l’effondrement, parce qu’on a sans doute à gagner quelque chose, au fond, de l’anéantissement d’un monde que l’on déteste ! », dit-il encore à L’Express.

Comme l’explique ce journal, « de la collapsologie, on passe donc à la « collapso-sophie », la sagesse de l’effondrement, une conscience qui induirait une « autre façon d’être au monde », une recherche de spiritualité, voire la quête du « sens du sacré, perdus chez les Occidentaux ». « On dérive de la physique à la métaphysique, avec une petite préférence pour le paganisme antichrétien », constateL’Express. Tous aux abris (antiatomiques, bien sûr)…