Il y a de grands risques, pointe le quotidien Le Monde. « Fin de l’été dans l’hémisphère Nord et de l’hiver dans l’hémisphère Sud : l’épidémie de Covid-19 achève son premier tour de piste. Avec près de 30 millions de cas comptabilisés dans le monde, et 900 000 morts, cette maladie a bouleversé en quelques mois la vie de tous les habitants de la planète. Les mesures de contrôles prises pour freiner la circulation du virus – confinement, port du masque, distanciation sociale, dépistage et traçage des cas, quarantaine – représentent un choc social, culturel, économique inimaginable il y a seulement neuf mois. Et pourtant, leur succès se révèle limité, relève donc Le Monde, avec un risque élevé de seconde vague dès l’automne. "Cela va devenir plus dur. En octobre, en novembre, on va voir une mortalité plus élevée", a déclaré hier, le directeur de la branche européenne de l’OMS. Pour l’heure, le nombre quotidien de morts reste au niveau observé depuis début juin – autour de 400 à 500 – mais l’envolée du nombre de cas positifs ces dernières semaines inquiète les autorités. […] Et face à cette deuxième vague, les politiques avancent comme des équilibristes, souligne Le Monde, dans un contexte de grande incertitude sur la trajectoire que pourrait suivre l’épidémie dans les semaines à venir. En France, les habitants des Bouches-du-Rhône et de Gironde ont été invités hier à reporter les réunions amicales ou familiales de plus de dix personnes. Ce même jour, en Angleterre, l’interdiction de se réunir à plus de six personnes en intérieur comme en extérieur est entrée en vigueur. »

Cocktail explosif !

Qui plus est, la grippe va bientôt faire son apparition… « Grippe et Covid, cocktail explosif ! », s’exclame Le Parisien en Une. « Les médecins redoutent la cohabitation entre les deux maladies. Pour éviter le pire, ils incitent à se faire vacciner rapidement. » D’ailleurs, certains praticiens souhaiteraient que ce vaccin contre la grippe soit obligatoire.

Face à ce risque de seconde vague, les Ehpad, les établissements pour personnes âgés et dépendantes, sont en première ligne. C’est ce que souligne Le Figaro : « Préserver sans isoler. Faire face à la crise sanitaire avec un personnel déjà éprouvé. La deuxième vague de Covid qui se profile fait ressurgir le casse-tête de la protection des personnes âgées en Ehpad. »

Exemple, pointe le journal : « à Sévérac-d’Aveyron, six résidents de l’Ehpad la Gloriande sont décédés du Covid-19 en moins d’une semaine. 48 résidents et 20 employés de l’établissement ont été testés positif au virus. L’établissement a reçu le renfort de personnels de la protection civile et d’une infirmière ce week-end, mais le maire de la commune dénonce une "situation catastrophique" et a lancé un appel à l’aide relayé par La Dépêche du Midi pour épauler une équipe "au bout du rouleau". À l’heure où les contaminations se propagent sur certains territoires, la question d’un nouveau confinement refait surface dans les maisons de retraite. Un crève-cœur pour les familles de résidents. »

L’Europe fait bloc face à la Chine

On reste avec Le Figaro avec ce grand titre en première page : « Les Européens durcissent le ton face à la Chine ». « Lassés des résistances [commerciales] de Pékin, les Vingt-Sept font bloc pour demander un accès réciproque au marché chinois ainsi que le respect des droits de l’homme et de la souveraineté de ses voisins. »

Enfin, l’Europe se réveille, se félicite Le Figaro : « Voici soudain que le Vieux Continent pose ses conditions : juste concurrence, respect du droit international, arrêt de l’espionnage technologique et de la désinformation… Pour une fois, les Vingt-Sept sont globalement d’accord. Ils savent que personne ne viendra à leur secours et mesurent le risque d’être pris entre le marteau américain et l’enclume chinoise d’une nouvelle "guerre froide". Une bonne raison de faire bloc et de se serrer les coudes. »

Alors, « partenaires ou rivaux ? », s’interroge Sud-Ouest. « La difficulté consiste à être l’un et l’autre. Pas question de lancer une bataille frontale. Mais il s’agit de se faire enfin respecter, qu’il s’agisse d’obtenir un accord équitable sur les investissements ou de parler de Hong Kong et du Tibet sans se cacher derrière son petit doigt. »

Reste que « faire sans la Chine ou contre la Chine, c’est impossible, soulignent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, alors il faut faire avec. Si l’Union européenne entend ne pas s’aligner sur la doctrine américaine, elle va devoir jouer serré pour faire accepter à Pékin une voie différente. »