Au sud-est de la République Démocratique du Congo, les mines de cuivre ont donné naissance à la seconde ville du pays. À Lubumbashi, s’est alors forgée une culture originale qui perdure, même si son fleuron, la société Gécamines, n'est plus que le fantôme d'elle-même.

Située dans la province du Haut-Katanga, une région particulièrement riche en minerais (cobalt, cuivre…), la capitale minière de la RDC a connu comme en Afrique du Sud, une ruée, un boom minier qui dès le début du XXè siècle va faire naître une des premières cultures ouvrières d'Afrique, dans le giron des sociétés coloniales puis de compagnies paternalistes qui leur succédèrent.

Déjà, plusieurs siècles avant l’arrivée des Belges, les « mangeurs de cuivre » exploitaient artisanalement les ressources de leur terre pour en faire une monnaie d’échange, les fameuses croisettes de cuivre devenues emblématiques du Katanga. Puis, avec la colonisation, la ville, fondée en 1910 sous le nom d’Elisabethville, va bâtir sa prospérité, son architecture mais aussi sa culture autour des mines de cuivre.

C'est l’Union Minière du Haut Katanga, nationalisée en 1967 (elle prendra plus tard le nom de Gécamines), qui donnait alors le tempo de la ville, réglant la vie de ses habitants jusque dans leurs loisirs. Aujourd'hui, la Gécamines n'a plus le monopole du cuivre et du cobalt, et la ville est devenue une métaphore de la mondialisation avec ses concessions géantes gérées par des groupes étrangers. Que reste-t-il de cette histoire et de cette culture, dans la capitale du Katanga qui, en 1960, fit sécession et manqua de devenir indépendant ? C’est ce qu’on est parti chercher, à l’ombre du terril et de la cheminée de l'usine de Lubumbashi désormais à l’arrêt.

Un reportage de Vladimir Cagnolari.

 

En savoir plus / À lire :

  • Le site de la Gécamines ou Générale des Carrières et des Mines

  • Sur l’effondrement de la Gécamines, un article historique publié dans les Cahiers d'études africaines 

- « Lubumbashi 1910-2010- Mémoire d’une ville industrielle », un livre de Donatien Dibwe dia Mwembu, sous la direction de Bogumil Jewsiewiki. Éditions L’Harmattan.

  • « La société de la Kopperbelt Katangaise », un livre de Donatien Dibwe dia Mwembu. Éditions L’Harmattan.