« Le monde a besoin des bois » : cette certitude, John Muir, écrivain botaniste visionnaire, l’a acquise tout au long de sa vie et de ses nombreux voyages à travers le continent américain.

Né en 1838 en Écosse et débarqué à 11 ans avec sa famille aux États-Unis, dans une ferme du Wisconsin, John Muir a cédé dès que possible, à l’appel des grands espaces, préférant « l’université de la vie sauvage », marchant sans cesse dans une nature puissante et intouchée par l’homme qui l’émerveillait tant, tournant le dos aussi à une société industrielle qui percevait déjà la nature comme une richesse à exploiter. John Muir lui, l’arpentait, la contemplait, la décrivait dans ses innombrables carnets, correspondances ou récits qui vont contribuer à le rendre célèbre, jusqu’à devenir un mythe aux États-Unis.

Avec sa longue barbe de vieux sage, sa silhouette rectiligne et son chapeau mou en feutre de pionnier américain, John Muir avait tous les airs d’un ermite ou d’un vagabond. Et peu savent que bien avant les « hobos » ou « clochards célestes » rendus célèbres au XXème siècle par Jack London, puis Jack Kerouac, l’Amérique avait produit cet épatant vagabond cosmique, à la fois géologue autodidacte, explorateur solitaire, écologue éclairé, botaniste passionné et poète incandescent.

Aujourd’hui consacré pionnier de l’écologie moderne et intronisé par excès d’enthousiasme « père des parcs nationaux américains », il a en tout cas marqué son époque et les esprits. C’est à lui que l’on doit notamment la protection de la vallée de Yosemite qu’il a tant célébré. Car « dans la forêt je pars, pour perdre mon esprit et retrouver mon âme », écrivait John Muir.

Avec Alexis Jenni, auteur de « J’aurais pu devenir millionnaire. J’ai choisi d’être vagabond », biographie littéraire de John Muir, parue récemment aux Éditions Paulsen.

Lire John Muir :- « Quinze cent kilomètres à pied à travers l’Amérique », de John Muir. Éditions Corti- « Un été dans la Sierra », de John Muir. Éditions Hoëbeke- « Célébrations de la nature », de John Muir. Éditions Corti- « Dans le Yosemite. Lettres à une amie », de John Muir. Éditions Librairie La Brèche.

Sur John Muir :- « J’aurais pu devenir millionnaire. J’ai choisi d’être vagabond », d’Alexis Jenni. Éditions Paulsen- « John Muir et l’usage de la nature », de Jean Daniel Colomb. Université Jean Moulin Lyon 3. Une thèse de doctorat en Littératures et Civilisations des mondes anglophones, disponible en ligne.