Son ami Alain Resnais aurait pu le dire, sa vie a été un roman, un roman au long cours où se croisent les luttes anticolonialistes du continent africain, l’exaltation des indépendances, la promesse des utopies, l’ébullition intellectuelle et artistique des années 60 et 70.

Militante, combattante, le verbe haut et la pensée bien placée, Sarah Maldoror était aussi une femme irrévérencieuse, curieuse de tout, soucieuse des autres et généreuse. Elle était surtout une femme libre, qui a su s’imposer et se faire respecter dans un monde d’hommes.

Elle était née en 1929 d’un père guadeloupéen et d’une mère du Sud-ouest, et son premier geste (celui de se trouver un nom d’artiste), elle l’a fait sous les auspices de la poésie la plus insurrectionnelle, la plus subversive qui soit, celle de Lautréamont et de ses chants de Maldoror.

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En quarante films, elle a marqué de sa présence et de son œuvre quatre décennies de cinéma africain et antillais. Sa colère, sa capacité d’indignation semblait aussi inépuisable que son sens de l’équité et de la justice.

Elle à qui Aimé Césaire, son ami, a dédié cet incroyable poème :

« À Sarah Maldoror...qui, caméra au poing, combat l’oppression, l’aliénationet défie la connerie humaine ».

Pour parler de cette pionnière du cinéma africain, qui fut la voix des persécutés et des insoumis :- Annouchka de Andrade, fille de Sarah Maldoror et directrice artistique du Festival d'Amiens- Raquel Schefer, universitaire, auteure d'un travail de recherche sur le cinéma mozambicain- et le cinéaste malien Cheikh Oumar Sissoko.