durée : 00:59:54 - Samedi noir - Ce cycle de quatre adaptations proposé par Jean Pavans illustre un des thèmes les plus caractéristiques de la période de la maturité de Henry James (1843-1916) : la position morale de l'écrivain dans la société. James était un témoin de son temps, la société qu'il observait était puritaine. Et pourtant, son traitement a quelque chose d'intemporel, et d'universel. Car ce qu'il met ici véritablement en scène, sous forme de petits drames d'époque, c'est la rivalité mortelle entre l'esprit et la matière, entre la littérature et la vie. L'art narratif de James se fonde sur ce que lui-même appelait " le divin principe du scénario ". Ses personnages se définissent essentiellement dans leur rapport à une situation, et la situation même se définit essentiellement comme le rapport entre les personnages. Cela explique le naturel avec lequel ses fictions peuvent se transposer en textes dramaturgiques. Ce constat en tout cas a guidé la méthode de Jean Pavans : l'adaptateur, en retour, peut et doit se soumettre au " divin principe " de la narration jamesienne, sans y plaquer d'autres principes supposés plus théâtraux. Les papiers d'Aspern Aspern est un poète américain de génie, et son admirateur Morton est un " publishing scoundrel ", une " crapule littéraire " qui use de son charme douteux dans le but de publier à tout prix des papiers intimes de personnes vulnérables. Les papiers d'Aspern (1888) est une des nouvelles les plus célèbres de Henry James. Un jeune critique fanatique et indélicat, Morton Vint (dont le nom n'est jamais prononcé), s'introduit, à Venise, dans l'intimité de la très vieille Juliana Bordereau, ancienne maîtresse du poète disparu Jeffrey Aspern, qui posséde, croit-il, de précieuses lettres d'amour de son glorieux amant. Pour tâcher d'obtenir ce qu'il convoite, le moyen qu'il emploie est de faire la cour à Tita, nièce de Juliana, vieille fille éteinte et tyrannisée, qui, révélée à elle-même par cette manipulation, devient à son tour à la fois la victime et l'agente du drame. Jean Pavans Il y a maintenant plus d'un quart de siècle que Jean Pavans, par ses traductions, ses analyses, ses adaptations théâtrales, approfondit sa relation avec l'ouvre immense de Henry James. Le cour de son entreprise jamesienne raisonnée est la traduction de l'Intégrale de Nouvelles, dont le quatrième et dernier tome paraîtra en avril 2009 (aux éditions de La Différence). Il travaille actuellement, pour le compositeur Arnaud Petit, au livret d'un opéra inspiré de La bête dans la jungle, dont la création, par l'orchestre Les Siècles, est prévue en janvier 2011. Pavans a traduit d'autres classiques anglo-saxons, comme Edith Wharton, Virginia Woolf, Gertrude Stein, et Harold Pinter : Le scénario Proust, et Célébration (créé en 2005 au théâtre du Rond-Point dans une mise en scène de Roger Planchon). Dans son ouvre personnelle, signalons les parutions récentes : Sauna (pastiches, 2006), Persée (légende dramatique, 2006), Heures jamesiennes (essai, 2008), Le regard du dandy (nouvelles, parution avril 2009), le tout à La Différence. Et, chez Gallimard : Marlene Dietrich (biographie, 2007).