Souvent résumée à deux dates, juin 1940 et juin 1944, l’occupation allemande n’est pas seulement un phénomène militaire et politique. L’idéalisation de l’histoire porte souvent à croire que toute la France fut alors résistante, et ce au nom de ses idéaux humanistes. La raison du rejet de l'occupation par les Parisiens est avant tout lié au fait qu'elle s'accompagne de conditions de vie particulièrement éprouvantes pour un pays en sortie de guerre. Les restrictions compressent la vie des Parisiens. Pour beaucoup de Français il devient difficile de se nourrir, de se chauffer et de s'habiller. Le visage de l’ancienne capitale change, mais son identité est conservée. Malgré la pénurie, les français tiennent à leur café en terrasse et les Allemands fascinés profitent de la ville lumière. Étrange cohabitation… L'Occupation est-elle vécue différemment par les Parisiens que par les Français qui n'habitent pas la capitale ? Qui sont les Parisiens qui profitent de l'occupation ? Comment s'organise la résistance ? Comment la Libération est-elle attendue ? Quelle vision les Allemands ont-ils de Paris ? Que nous disent les registres des différents commissariats parisiens et les rapports hebdomadaires des Renseignements généraux ? Mari-Gwenn Carichon reçoit Dominique Veillon.

L'invitée : Dominique Veillon, directrice de recherche honoraire au CNRS, spécialiste de la Résistante publie un ouvrage très documenté sur le quotidien des Parisiens sous l'occupation : Paris allemand, entre refus et soumission aux éditions Tallandier (386 pages, 22 €).