Le père Roger Paulin vient du Québec. Il est vicaire de la cathédrale d'Albi. Il exerce en parallèle un ministère de prédication animant de nombreuses sessions d'enseignement à travers le monde. Son parcours de vie l'a entraîné dans l'univers de la drogue. Un monde dont il dénonce le lien avec l'occultisme.

"On a baigné dans une atmosphère de catéchèse, dans une vie de prière quand nous étions enfants. Quand j'ai eu plus ou moins dix ans, j'ai dis à mes parents que je ne voulais plus aller à la messe. Cela a été un choc familial. Nous avons été plusieurs années hors des chemins du Seigneur. J'ai commencé à boire à onze, douze ans, avec les copains" explique-t-il notamment.

La situation se dégrade par la suite. "Mon frère et ma soeur étaient aussi bien engagés dans le monde de la drogue, et de la vente notamment. Il y a avait à l'époque, le shit, la marijuana, la mescaline, le LSD, les drogues les plus populaires à l'époque. J'étais dans ma chambre, et mon frère et ma soeur prenaient leur drogue devant moi. Je les ai vus faire des bad trips, une espèce de descente aux enfers. Cela m'a interpellé" ajoute-t-il.

Malgré un tel contexte, le père Roger Paulin a toujours eu la conviction que Dieu n'était jamais loin. Mais l'euphorie de cet univers cesse un jour. "Avec mon beau-frère, j'ai commencé à vendre. On est allé dans des milieux d'indifférence par rapport aux autres. J'ai eu des chocs. Et le Seigneur a commencé à toucher mon coeur. On est allé visiter une famille où on devait  déposer quelques grammes de cocaïne. Quand on est entré dans cette maison, j'entendais un bébé qui pleurait fort. Et personne dans la maison. Le bébé était couché sur le ciment, sur le sol. Un monsieur est entré, le père, et ne s'est pas inquiété du bébé. C'est un monde d'indifférence" lance-t-il.

"L'homme ouvre la drogue et sort de sa veste un revolver. C'était un avocat. Il me le met dans la figure. Il nous a payé. Et mes illusions sont tombées sur ce monde de la drogue, dont on nous donnait l'image d'un monde peace and love. Mais quand on entre dans les coulisses, ce n'est que violence" conclut-il.