durée : 01:58:08 - Théâtre et compagnie - Un homme revient après des années d'absence dans son village d'enfance. Ses pas le mènent jusqu'au cimetière communal, où il s'assoupit au milieu des tombes. S'élève alors la voix des morts qui viennent tour à tour "mastiquer" au creux de son oreille. Chacun ressasse son histoire dans sa langue propre : regrets, ranc¿urs, joies, peines, obsessions, aveux d'outre-tombe. Patrick Kermann compose cette " polyphonie de l'au-delà " " pour redonner la parole aux centaines de défunts enterrés depuis un siècle à Moret-sur-Raguse, village inspiré de son tour de France des nécropoles rurales. " La Mastication des morts est un oratorio in progress. C'est un travail sur le nombre et la mémoire, la petite mémoire fragile d'une multitude de voix qui s'inscrivent dans l'histoire d'une communauté. Il s'agit, dans l'accumulation des habitants du cimetière de Moret-sur-Raguse, d'entendre la singularité de chacun, sa langue propre qui, surgie d'outre-tombe, par-delà les corps, fait résonner en nous, morts en sursis, ces vivants d'un autre monde... De ce point de vue, La Mastication des morts est une joyeuse tentative de réconciliation avec la mort que notre époque évacue systématiquement (¿) Les morts que j'arrache momentanément de l'oubli en les mettant en scène ne connaissent ni la résignation de la tristesse, ni la brûlure de la plainte, ni horreur ni extase, ni enfer, ni paradis" écrivait Patrick Kermann dans sa note d'intention.