13h20 : Emile Durkheim

Nous sommes en 1912.
Année de la parution de l'un des plus importants ouvrages du chercheur français Emile Durkheim.
Il s'intitule « Les Formes élémentaires de la vie religieuse : le système totémique en Australie ».
Avec cet essai, l'auteur tente d'expliquer ce qui crée une société et ce qui la tient ensemble.
Il cherche également à préciser l'influence qu'a la société sur la pensée logique.
On peut y lire :
« Les grandes choses du passé, celles qui enthousiasmaient nos pères, n'excitent plus chez nous la même ardeur, soit parce qu'elles sont entrées dans l'usage commun au point de nous devenir inconscientes, soit parce qu'elles ne répondent plus à nos aspirations actuelles ; et cependant, il ne s'est encore rien fait qui les remplace.
Nous ne pouvons plus nous passionner pour les principes au nom desquels le christianisme recommandait aux maîtres de traiter humainement leurs esclaves, et, d'autre part, l'idée qu'il se fait de l'égalité et de la fraternité humaine nous paraît aujourd'hui laisser trop de place à d'injustes inégalités. »
Considéré comme l'un des pères fondateurs de la sociologie en France, Émile Durkheim s'est attaché à démontrer que les faits sociaux ont une logique propre.
Une logique qui peut éclairer certaines des dimensions les plus intimes de notre existence.
Revenons à cette pensée qui, peut-être, a bien des choses à nous dire sur notre époque ... ou pas !

Invité : Vincent Genin, docteur en histoire, chercheur à la KUL et à l'Ecole pratique des Hautes études de Paris.

14 heures : La bière et les femmes, une longue histoire de savoir-faire

Auréolée aujourd'hui d'une image virile, vantée dans les publicités comme une boisson pour les hommes, les vrais, la bière a pourtant une très longue histoire derrière elle sur laquelle les femmes régnaient. Car les premiers brasseurs étaient bel et bien des brasseuses. Tout à la fois sacrée et profane, fabriquée dans les temples comme dans les cuisines domestiques, la bière est intimement liée aux cultes des céréales et du pain, représentée par des divinités au Moyen-Orient et présente aux fêtes de nombreux pays. Pendant des siècles elle a été brassée dans les cuisines domestiques, pour soudain être retirée des mains féminines. Comment ? Pourquoi ? C'est ce que nous allons voir avec Cindya Izzarelli, journaliste et chroniqueuse culinaire, auteure de l'ouvrage Gastronomie, noms féminins, à paraître aux éditions Jourdan.
Réalisation: Roxane Brunet