Nous sommes en 1862. Dans le catalogue accompagnant une exposition consacrée à l’artiste Léon Cogniet, commentant une œuvre intitulée « Tête de femme et d’enfant, esquisse pour la scène du Massacre des Innocents », un critique écrit : « M.Cogniet a voulu nous faire comprendre toute l’horreur de ce massacre, mais sans nous le montrer. Il le résume pour ainsi dire dans l’horrible anxiété d’une mère qui s’est réfugiée, avec son enfant, sous les décombres, près d’un escalier. La terreur agrandit outre mesure les yeux de cette femme. Une de ces mains se place sur les lèvres du pauvre enfant pour étouffer des cris qui vont la trahir. Son bras le serre contre sa poitrine de plus en plus oppressée, car le bruit de l’orgie sanglante arrive à son oreille. Encore quelques instants, et les soldats d’Hérode vont la découvrir. » Comment les artistes ont-ils représenté la violence, la terreur au dix-neuvième siècle, c’est la leçon du jour. Notre invité Jérome Farigoule, commissaire de l’exposition « Visages de l’effroi, violence et fantastique de David à Delacroix » au Musée de la vie romantique, à Paris