13h20 : Philippe II et le siècle d'or espagnol

Nous sommes en 1558, à Bruxelles, alors dans les Pays-Bas espagnols.
Federico Badoer, ambassadeur vénitien, nous décrit le roi Philippe II aux premières années de son règne :
« Le roi Philippe est entré, le vingt mai dernier, dans sa trente-et-unième année.
Il est petit de taille et ses membre sont grêles.
Il a le front large et beau, les yeux bleus et grands, les sourcils épais et peu séparés l'un de l'autre, le nez bien proportionné, la bouche grande et la lèvre inférieure grosse : ce qui lui messied un peu.
Il porte la barbe courte et pointue.
Il est blanc de peau, et a la chevelure blonde, ce qui le fait ressembler à un Flamand ; mais son air est altier parce qu'il a les manières espagnoles. »
Ce portrait, qui semble être celui d'un individu assez anodin, ne doit pas cacher la complexité du personnage : Philippe II est, en réalité, l'un des souverains les plus controversés de l'époque moderne.
Il personnifie l'apogée de ce que l'on appellera « le Siècle d'or espagnol ».
L'écrivain anglais William Camden, l'un de ses contemporains, écrira :
« d'un prince dont l'empire s'étend si loin et si largement que celui d'aucun autre empereur avant lui, l'on peut véritablement dire « Sol mihi semper lucet (le soleil brille toujours au-dessus de moi) ».
Fils de Charles Quint et d'Isabelle de Portugal, Philippe sera l'objet d'une légende noire faisant de lui un tyran catholique fanatique, assassin de son propre fils, voulant dompter l'univers depuis le fond de son palais.
Une légende qui occulte la difficulté de la tâche dont le monarque a héritée : un empire immense et disparate traversé par les tensions religieuses, l'expansion ottomane, l'émergence de l'Angleterre en nouvelle puissance maritime, les coûts exorbitants des guerres...
Que faut-il retenir de ce procès à charge ?
Quelles sont les réalisations effectives de Philippe II dont la fin sera crépusculaire ?

Avec nous : Francis Dupau, auteur de Philippe II - L'apogée du Siècle d'or espagnol » ; Perrin.

14 heures : LGBT Love Music, 3/4

Cette semaine, exploration en quatre épisodes de la lutte LGBT par le prisme de la musique, et la chanson française en particulier. La culture LGBT est marqué par l'aspect festif et joyeux, peut-être parce qu'après tout il s'agit d'aimer avant tout. Et c'est en Angleterre que les artistes ont le mieux saisi la balle au rebond : la musique est vectrice de joie et d'émotion, on peut donc utiliser tous les codes de la musique pop pour faire passer un message bien plus sérieux. D'autant que le SIDA frappe dur en ces débuts des années 90. Retour sur l'émancipation en musique de la communauté LGBT en compagnie de David Lesimple, enseignant et animateur sur Radio Campus.
Réalisation : Roxane Brunet