Nous sommes le 6 février 1909.
Léon Spilliaert écrit à Jean De Mot, secrétaire du « Salon de Printemps », la seizième exposition organisée par la Société royale des Beaux-Arts au Palais du Cinquantenaire, à Bruxelles, entre le 13 mai et le 8 juin.
Le peintre doit y envoyer une dizaine d'œuvres présentées, dans le catalogue, comme des ""lavis et dessins rehaussés"".
Dans sa lettre, l'artiste belge, d'à peine vingt-huit ans, écrit :
""Jusqu'à présent ma vie s'est passée, seule et triste, avec un immense froid autour de moi.""
En septembre de la même année, François Jollivet-Castelot né à Douai le 8 juillet 1874, féru de sciences occultes, décrit ainsi notre homme :
""Presque inconnu encore, renfermé dans une fière modestie et méprisant la réclame, le jeune aquarelliste ostendais Léon Spilliaert, est un grand, un très grand artiste"".
Alors : qui était Léon Spilliaert dont le tragique, parfois, émane des toiles ?
L'ami d'Emile Verhaeren, proche du milieu symboliste, le mélancolique que l'on apparente à l'américain Edward Hopper ?
Plongeons dans son univers clair-obscur ...

Avec nous : Anne Hustache, historienne de l'art.