Nous sommes au deuxième siècle de notre ère.
C'est entre 170 et 180 que l'empereur Marc Aurèle rédige une série d'ouvrages réunis sous le titre « Pensées pour moi-même », il écrit :
« Ne t'attends pas à la République de Platon ; contente-toi des plus petits progrès, et crois bien que le résultat final n'est pas une petite chose.
En effet, qui peut changer les principes des hommes ?
Et si les principes ne changent pas, que reste-t-il sinon l'esclavage des gens qui gémissent et font semblant d'être convaincus ?
Eh bien maintenant, cite-moi Alexandre, Philippe et Démétrios de Phalère.
On verra s'ils ont bien su ce que veut la nature commune, s'ils se sont éduqués eux-mêmes ; mais s'ils ont joué un rôle de tragédie, rien ne me condamne à les imiter.
Le travail de la philosophie est simple et modeste ; ne me pousse pas à la vanité. »
Marc Aurèle rédige cela alors que l'Empire romain est à une époque de grande transformation, mais son propre règne entamé en 161 est difficile, marqué par les guerres et les épidémies.
« Il faut construire ta vie action par action, dira-t-il encore, et si chacune, autant qu'il est possible, s'achève, t'en contenter. »
Quelles sont les actions qui, aujourd'hui toujours, font figurer Marc Aurèle comme un dirigeant politique idéal, un sage dont les mots ne cessent d'inspirer ?
Allons l'interroger...
Invité : Benoît Rossignol, maître de conférences en histoire romaine à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
« Marc Aurèle » aux éditions Perrin.