Il rêve de rendre plus doux chacun de nos réveils. À peine majeur, Guillaume Rolland imagine le Sensorwake, un radio réveil sans sonnerie stridente. Son secret de fabrication ? Des capsules odorantes qui nous sortent des bras de Morphée grâce aux effluves qu’elles émettent. Forte de cette invention, sa startup Bescent vient d’être rachetée par Maison Berger Paris.

Depuis sa naissance en 2014, l’idée de Guillaume Rolland a fait du chemin. Le réveil olfactif de ce MacGyver a remporté tous les suffrages ou presque. Google l’a classé parmi les quinze innovations qui peuvent changer le monde et lui a remis le Google Science Fair en 2014. Quant au CES Las Vegas, il lui a consacré un prix d’innovation en 2016 et en 2017.

Une pépite de la French Tech rachetée par un parfumeur français

Aujourd’hui, que ce soit avec son Sensorwake ou avec l’Oria, un objet connecté qui utilise les parfums pour favoriser un sommeil plus réparateur, le jeune entrepreneur a séduit Maison Berger Paris. Cette institution de la parfumerie française vient en effet de mettre la main sur Bescent. C’est Guillaume Rolland qui a fondé cette startup avec un associé dont il a racheté les parts en décembre 2017.

L’acquisition, qui s’est faite pour une somme restée confidentielle, permet aux salariés d’intégrer Maison Berger Paris. Elle s’est tenue en février 2019, un mois au cours duquel la société s’était déclarée en redressement judiciaire. Une façon « de se protéger pendant cette période avant de figer toute acquisition », explicite Guillaume Rolland.

Ce qui a uni ces deux marques ? Leur priorité mutuelle de « proposer une offre de produits avec des modes de diffusion sains. Cet ADN commun a nourri cette alliance d’une maison française centenaire reconnue et d’une startup française innovante, digitale native et issue de la French Tech. L’objectif est d’enrichir notre gamme de produits sur le marché du parfum d’intérieur en combinant nos expertises complémentaires », confirme Olivier Sillion, CEO de Maison Berger Paris.

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Guillaume Rolland, le fondateur de Sensorwake (au centre), avec les dirigeants de Maison Berger Paris / © Sensorwake

Givaudan déjà au capital

Les innovations de Bescent avaient déjà conquis un autre grand nom de la parfumerie. En mai 2017, l’entreprise avait levé 1,6 million auprès de BNP-Paribas Développement, de Fa Dièse, du fonds Pays de la Loire Participations géré par Siparex mais aussi de Givaudan. Ce dernier, leader mondial de la création de parfums et d’arômes, a très vite offert de nouvelles perspectives à la jeune pousse. Guillaume Rolland le reconnait. « Nous avions alors une dimension et une reconnaissance technologiques. Cependant, l’univers du parfum demeurait un peu fermé pour nous. L’entrée à notre capital d’un acteur clé de l’industrie nous a permis de déployer notre offre et notre réseau de distribution. »

Résultat ? Aujourd’hui, Sensorwake est disponible dans environ 200 points de vente à travers la France, de Darty à Boulanger en passant par la Fnac. Outre un site de vente en ligne et une diffusion chez certains e-tailers, les réveils olfactifs sont disponibles en Allemagne, au Japon ou en Russie. Les États-Unis sont eux aussi friands de ces horloges nouvelle génération.

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Guillaume Rolland présente son Sensorwake à Emmanuel Macron lors du CES Las Vegas 2016 / © Sensorwake

Des campagnes de crowdfunding records

Ce sont d’ailleurs les Américains qui ont financé plus de 80% des ventes de la nouvelle campagne de crowdfunding lancée par Bescent sur Indiegogo à l’été 2018. « Nous avions fait un premier financement participatif sur Kickstarter en juin 2015. Nous avions obtenu 200 000 dollars en un mois sur les 50 000 que nous souhaitions. Sur Indiegogo, nous ciblions 30 000 dollars. Nous en avons finalement glané près de 250 000. Une réussite qui confirme l’appétit technophile des consommateurs et tout particulièrement des USA », se souvient Guillaume Rolland. La réussite est telle que « ces deux campagnes ont été les plus financées de tout le secteur Aircare ».

Des performances que Bescent va pouvoir amplifier grâce à son acquisition par Maison Berger Paris. Avec 7 000 distributeurs dans une cinquantaine de pays, l’entreprise normande labellisée EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant) devrait booster le réseau et l’offre de sa nouvelle protégée. Quant à Guillaume Rolland, il est plus que jamais de la partie. « Depuis le début et mes premiers essais d’hydro distillation chez moi, je me dédie corps et âme à cette aventure ! »

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